
Lorsque je voyage pour l’association humanitaire Athlètes du monde*, j’y observe des échanges extraordinaires entre les sportifs français et les enfants défavorisés, des échanges improbables… Je me souviens ainsi qu’au Maroc, nous avions, ensemble, joué au foot. Au début, nous restions tous un peu sur notre réserve… mais au bout d’une demi-heure, il n’y avait plus ni champions ni gamins des rues ; il n’y avait que des footballeurs qui jouaient et rigolaient en même temps, tout simplement ! Ces rencontres nous poussent à nous intéresser à des situations pas vraiment drôles… Même si ceux qui les endurent sont forts, et finalement les dramatisent moins que nous ! Cela fait réfléchir… C’est ce que j’aime dans les voyages. Car me poser quelque part pour me reposer, ce n’est pas ma tasse de thé, les vacances m’ennuient. Il faut un but à mes voyages, faire des rencontres vraies, réelles : c’est ce que permet Athlètes du monde.
J’aime aussi beaucoup voyager pour découvrir des paysages… À vrai dire, je suis un peu contemplatif : le soleil sur la mer en Bretagne, l’Ukraine vue du ciel recouverte d’un manteau neigeux, les Bahamas et les incroyables couleurs de l’océan… À Tahiti, surtout à Bora Bora, où il suffit de mettre la tête sous l’eau pour découvrir des espèces fabuleuses : requins, barracudas, raies mantas… Impressionnant ! C’est la sensation de la plongée qui me plaît. Cette impression d’être en vol, comme suspendu, apaisé. L’espace, le sentiment que l’on est un peu plus libre, en dehors du monde et de ses règles – même si ce n’est pas le cas ! – c’est aussi cela les îles. Pour moi, faire un voyage de rêve, ce serait le tour du monde en voilier, avec des escales uniquement sur des îles !
Les villes m’intéressent aussi, même si je pense qu’il est difficile d’y vivre. Paris où j’ai longtemps habité, Valence où je vis aujourd’hui… et qui est une belle vieille ville, avec un cœur historique sympa et joli .Tout comme d’autres cités européennes que j’ai découvertes grâce à la perche : j’étais frustré de ne faire que les trajets aéroport-stade et stade-aéroport, alors j’ai pris l’habitude de prolonger un peu mes séjours sportifs, pour avoir le temps de visiter, de voir un musée, et surtout de regarder l’architecture… Moderne, classique, c’est l’architecture qui m’intrigue.
Pour ce qui est des hôtels, qu’il s’agisse d’un établissement très modeste ou d’un cinq-étoiles, je fais avant tout attention à l’accueil. Les gens qui exercent ce métier et qui font grise mine, c’est terrible… Rien de pire ! On a l’impression de les déranger. Le bruit me gêne aussi… Et l’odeur de cigarette froide, donc ! Dans le dernier hôtel où je suis allé, une chambre d’hôtes dans les montagnes en Espagne, rien de tout cela ! C’était parfait : les gens qui m’ont accueilli étaient d’une extrême gentillesse, et leur maison reflétait parfaitement cette douceur ! Je m’y suis senti à l’aise, presque comme à la maison !
Six dates
1987 : Je rencontre Maurice Houvion, et le saut à la perche.
1990 : Je décroche le titre de champion du monde junior.
1996 : Aux Jeux olympiques, je monte sur la plus haute marche du podium.
1999 : Je deviens champion du monde et passe les six mètres.
2003 : Je cofonde l’association humanitaire Athlètes du Monde* qui vise à faire se rencontrer sportifs de haut niveau et enfants défavorisés.
2004 : Je débute la navigation sur un Class America.
Internet : www.athletesdumonde.org




















