Confinement et mobilités : les smartphones ont parlé

Une étude publiée par Kisio et Roland Berger, basée sur les données des smartphones, décrypte l’évolution de la mobilité en France aux différents stades de la crise Covid-19.

Gare Paris Est
La Gare de l'Est, à Paris

Comment ont véritablement évolué les déplacements de la population française face au coronavirus ? Les études sur le sujet se multiplient depuis plusieurs semaines déjà, pour tenter d’apporter une réponse avec plus ou moins de fiabilité et d’objectivité. Le rapport publié récemment par Kisio – filiale de Keolis – et le cabinet Roland Berger a le mérite de s’appuyer sur un indicateur particulièrement parlant quand il s’agit de suivre les populations au plus près : leur smartphone. En s’appuyant sur les données GPS d’un million d’utilisateurs, ce baromètre intitulé « Covid-19 – Confinement et mobilités » dresse un état des lieux précis des flux migratoires analysés du 1er février au 31 mars.

Kisio Roland Berger
La baisse des déplacements atteint 80% en France d’après ce rapport

Les déplacements auraient ainsi chuté de 80% depuis l’allocution présidentielle du 12 mars, préalable au confinement. Si la chute est relativement homogène au niveau national, l’Ile de France affiche la plus forte baisse (-83%). Autre enseignement de l’étude Kisio-Roland Berger : le transfert des concentrations de population. Sans surprise, les gares et les principaux pôles de transport ont été relativement désertés, à l’inverse des zones hospitalières et résidentielles. Le rapport « confinement et mobilités » chiffre aussi à 90% la baisse de fréquentation des grandes gares françaises, et à 80% en ce qui concerne les aéroports. Dans les transports en commun francilien, la chute atteint 86%. Au niveau national, les recettes du transport public pourraient ainsi baisser entre 1,8 et 2,6 milliards d’euros en 2020 d’après le rapport, qui pointe la « sanitisation » du déplacement au sol et à bord comme l’un des enjeux majeurs pour rassurer les usagers et relancer la mobilité après la crise.

Mobilité et confidentialité : le discours de la méthode

Alors que le possible lancement de l’application StopCovid en France fait déjà polémique, notamment pour des raisons de protection de la vie privée, les auteurs de ce rapport n’ont pas manqué de souligner les précautions adoptées durant l’enquête. Kisio et le cabinet Roland Berger notent que ces données ont été collectées en respectant le RGPD, avec l’obtention du consentement éclairé et réversible de l’utilisateur. Les auteurs de l’étude évoquent aussi des « données pseudonymisées », et le recours à des serveurs
sécurisés pour en garantir la protection.