Laponie finlandaise : l’heure bleue

La Laponie finlandaise est l’un des derniers endroits préservés d’Europe. Avec l’immensité de ses paysages sublimés par la neige et les multiples activités qui vont avec, elle est particulièrement adaptée au tourisme d’affaires. En toile de fond : la culture sami.

Un trou dans la neige pour plonger dans la rivière gelée au sortir du sauna : un art de vivre où les piqûres du froid sont atténuées par une intense chaleur.
Un trou dans la neige pour plonger dans la rivière gelée au sortir du sauna : un art de vivre où les piqûres du froid sont atténuées par une intense chaleur.

Reportage Serge Barret / Photos Alain Parinet

On s’y attendait bien un peu, mais tout de même. +70 degrés Celsius d’un seul coup, on se dit qu’effectivement, on ne va pas tenir bien longtemps. Et encore. Ça, c’est quand on est installé sur la banquette la plus basse du sauna… Parce que, sur celle du haut, le thermomètre grimpe facilement à 80°, voire un peu plus. C’est comme ça, le sauna en Finlande. C’est sacré, et plus encore au nord du pays où, avec une moyenne d’un sauna pour 2,5 habitants, sa pratique est carrément élevée au rang d’art de vivre. Il y en a partout ; dans les maisons, dans les immeubles, sur les bateaux, dans les hôtels… Le must restant malgré tout le sauna à l’ancienne, qui consiste à chauffer à blanc et enfumer une cabane sans cheminée construite à l’écart de la maison, si possible au bord d’un lac ou d’une rivière, puis d’aérer le tout et d’y inviter quelques amis. Les groupes de tourisme d’affaires n’échappent pas à la proposition, quelques hôtels se faisant un devoir d’inscrire l’expérience en caractères gras sur leur brochure. C’est notamment le cas de l’hôtel Muotkantie, à Sodankylä, dans les environs d’Ivalo mais pourtant parfaitement isolé dans le Lapland finnois, à 270 km au nord du cercle arctique.

Cela donne une cabane en bois posée au bord d’une rivière gelée, une minuscule antichambre faisant office à la fois de vestiaire et de pièce de repos, un feu de bois, des fourrures jetées sur des banquettes basses et, à côté, une seconde pièce aux murs noircis par la fumée et des bougies posées un peu partout pour tout éclairage… Absolument charmant, et pour le moins contrasté avec 70° à l’intérieur et -17° au-dehors, mais dont on ne mesurera les effets véritablement apaisants qu’après une roulade de quelques secondes dans la neige, voire un plongeon dans la rivière où l’on a préalablement percé un trou dans la glace.

Contre toute attente, l’expérience n’est pas totalement inhumaine, la peau préalablement surchauffée n’accusant au contact du grand froid que des picotements, presque une sensation de légère brûlure. De fait, l’abominable épreuve engendre un fort sentiment de plénitude, d’autant qu’on la poursuit en retournant vite fait dans la chaleur du sauna, tout aussi délicieusement abominable. C’est certain, l’aventure marquera un séjour en Laponie finlandaise, qu’il serait d’ailleurs plus politiquement correct d’appeler aujourd’hui “pays des Samis”, un territoire de 400 000 km2 s’étalant au-delà du cercle arctique sur quatre pays : la Norvège, la Suède, la Russie et donc la Finlande.

Mais, s’il est une autre d’expérience à ne pas manquer, c’est bien celle des aurores boréales, ces lumières féeriques résultant de projections de particules lancées dans l’atmosphère par des éruptions solaires particulièrement puissantes. On ne les voit que l’hiver – en gros de novembre à avril – et par temps clair, évidemment. Et c’est vrai que le spectacle est magique, parfois proprement hallucinant. D’autant qu’il s’accompagne généralement d’une aventure Grand Nord dans des paysages éblouissants sous leur manteau de neige éclairés par une lune au top de sa luminosité. En début de soirée, tel groupe s’enfoncera en raquettes dans la forêt, tel autre rejoindra en motoneige le sommet d’une colline toute ronde et tel autre encore s’aventurera sur la surface plane d’un lac gelé dans de fort artisanales luges-cabines tractées par un scooter des neiges.

Apparitions fantasmagoriques teintées de vert, d’orange, de rouge sang quelquefois, les aurores boréales embrasent régulièrement les ciels de Laponie.
Apparitions fantasmagoriques teintées de vert, d’orange, de rouge sang quelquefois, les aurores boréales embrasent régulièrement les ciels de Laponie.

Sarabande dans la nuit bleue

Il est 21 heures. La nuit, une nuit incroyablement bleue sous ces latitudes, est tombée depuis longtemps sur le pays, tandis que trois cabines s’engagent à la file sur le lac Inari. Avec leur design tout en rondeurs dans l’esprit années 50, leur toit de plexiglas et leurs trois gros hublots percés sur chaque flanc, on dirait des jouets d’enfants, des engins de bande dessinée. Les six occupants de chaque cabine, engoncés dans des combinaisons prêtées par les organisateurs, sont secoués comme des pruniers : ils roulent les uns sur les autres et glissent sur leur banquette recouverte de peau de renne. Car, contrairement aux apparences, la surface gelée du lac n’est pas plane. Loin s’en faut. Elle est même striée de grosses ornières précédemment laissées par d’autres véhicules, bosselée par des congères, gelée et surgelée maintes fois. Cahin-caha, la traversée dure comme ça une bonne demi-heure avant d’atteindre l’autre rive du lac et rejoindre un point de vue agrémenté d’une sorte de tipi – un kota comme l’appellent les Samis – sous lequel crépite un feu de bois. Fort bienvenu, le feu de camp ; tout comme les combinaisons, les bottes, les gants, les cagoules et même les bonnets, car le vent aidant, la température peut atteindre les -20°/-25° sur la glace de ce gigantesque lac.

Et l’attente commence. Qui plante son trépied et installe son appareil photo, qui prépare son portable et qui encore préfère se goinfrer de gâteaux secs ou avaler une boisson brûlante dans la toute relative chaleur de la tente… L’attente n’en finit pas. Viendra, viendra pas cette aurore boréale aux caprices de diva… Rien n’est moins sûr, même si les conditions sont favorables – une nuit de lune sans aucun nuage – avec une garantie d’aurore boréale de près de 95 %. Soudain, le groupe d’une vingtaine de personnes qui commençait à geler sur place s’agite. Quelqu’un aperçoit quelque chose de blanchâtre dans le ciel, rien de bien spectaculaire, tout juste une espèce de nuage dans le style des traînées laissées par les avions. Vingt bonnes minutes de quasi déception, un désir grandissant de retour au bercail, jusqu’à… jusqu’à ce que les Dieux se décident à entrer en scène. Et là ! C’est comme si le ciel était subitement pris de folie. Ça s’agite là-haut, une sarabande verdâtre qui semble ne jamais vouloir cesser. Çà se tort, se contorsionne, apparaît et disparaît comme c’est venu, ça reprend de plus belle, dégouline en rideaux de lumière et se teinte joliment de tendres rosés. Le ciel est convulsant, c’en est presque effrayant. Que devaient penser les premiers hommes devant pareil spectacle ?

Sorte de tipi fait en bois de bouleau, le kota servait à l’origine aux éleveurs de rennes samis. C’est dans cet habitat traditionnel que les touristes se réchauffent en attendant le bon vouloir des aurores boréales.
Sorte de tipi fait en bois de bouleau, le kota servait à l’origine aux éleveurs de rennes samis. C’est dans cet habitat traditionnel que les touristes se réchauffent en attendant le bon vouloir des aurores boréales.

Il conviendra tout de même de relativiser un peu. Car des aurores boréales aussi grandioses, c’est relativement exceptionnel. “Une ou deux fois par mois, précise le guide. Et encore, il s’agit d’être au bon endroit, au bon moment.” Disons donc que ce groupe a eu son heure de chance, et que son attente en congélateur lui vaudra ses photos les plus extraordinaires.

Pour autant, si les aurores boréales figurent en toute première place du hit-parade des “bonnes raisons de se rendre en Laponie”, elles sont loin d’être les seules. Pour certains incontournables, il faudra être un peu branché activités physiques, mais pour d’autres il suffira presque de seulement savoir se tenir sur ses deux jambes. Sans compter les découvertes culturelles, et il y en a, pourvu que l’on soit un tantinet curieux. Enfin, pour ce qui concerne le froid, et c’est peut-être là la grande surprise, il se supporte incroyablement bien, car très sec. Mais surtout, le temps change du tout au tout, et en moins de deux : un jour la neige, le lendemain un ciel bleu d’acier et un soleil éclatant.

Parfois même, on passe de l’un à l’autre plusieurs fois dans la journée. Ainsi, si le lac était hier soir pratiquement illuminé al giorno, ce matin il neige à gros flocons, des milliards de papillons bien dodus comme on ne les voit que sur des dessins d’enfant. Tout est caparaçonné d’un épais manteau, les toits comme les branches des pins. Tout est lisse, totalement vierge. C’est sublime, et ça le sera encore plus tout à l’heure lors d’une virée sportive dans la toundra environnant Saariselkä, à 30 minutes au sud d’Ivalo. Une promenade à ski, cela va sans dire. Mais en l’occurrence, il s’agit de skis Altai, autrement dit des skis un peu spéciaux, à mi-chemin entre des raquettes et des skis classiques et qui permettent de tracer plus facilement dans la poudreuse. À l’usage, c’est effectivement simple comme bonjour, même pour un néophyte. Mais il faut reconnaître que c’est assez physique.

Démarrage donc dans un paysage en grand blanc et… “poussez sur les bâtons !” On glisse un peu sur un léger dénivelé, on s’enfonce dans la poudreuse et on tombe rapidement les cache-nez, car on commence à beaucoup transpirer dans les grosses combinaisons polaires. Pour faire plus joli, la neige tombe toujours à gros flocons, emmaillotant les bouleaux nains qui plient jusqu’à toucher le sol sous le poids. Le guide explique qu’ils sont nains “parce qu’ils ont parfaitement étudié leur coup en se rendant plus flexibles qu’un saule avec le poids de la neige”. Tout est recouvert, les arbrisseaux disparaissent sous des monticules de neige, les sapins se font de Noël et le groupe, sans doute parce que très concentré sur l’effort, évolue maintenant dans le plus grand silence. On passe encore quelques canyons, traverse un torrent sur ce qu’on devine être un petit pont, et on s’arrête
le temps d’une collation revigorante dans une cabane en rondins. Au total, la promenade n’a duré que deux heures, mais c’est quand même avec un certain soulagement que les moins entraînés apercevront soudain, et au milieu d’un grand rien, le minibus miraculeux qui les ramènera à l’hôtel. Toujours sous les gros flocons. Et re-sauna, on finit par se prendre au jeu! Mais un sauna moderne cette fois.

La Laponie est traversée par une multitude de rivières et de lacs sauvages dont celui d’Inari, l’un des plus grands d’Europe et parsemé de plus de 3 000 îles.
La Laponie est traversée par une multitude de rivières et de lacs sauvages dont celui d’Inari, l’un des plus grands d’Europe et parsemé de plus de 3 000 îles.

Il n’y a qu’à se laisser glisser

De toutes les expériences, c’est sans aucun doute celle des skis Altai qui sera la plus physique. Car il y aura bien d’autres aventures, la Laponie finlandaise et son immense nature n’étant pas avare d’activités. Du coup, on s’essayera à deux exercices, aux antipodes l’un de l’autre, l’un à traction animale et l’autre mécanique. En commençant par la plus amusante, la plus vivante aussi : le traîneau à huskies.

C’est facile, le traîneau à huskies : ce sont les chiens qui font tout. Il n’y a qu’à se laisser glisser, deux personnes par traîneau, l’une faisant office de musher – donc debout derrière – et l’autre couchée sur le plateau rendu plus que confortable par la douceur de peaux de renne. En fait, il n’y a pas grand-chose à faire, les attelages succèdent aux attelages, ventre à terre et langue pendante. Le traîneau de tête est bien sûr drivé par un musher aguerri. C’est tellement simple que la formation à l’engin dure à peine trois minutes, le temps d’assimiler le principe de freinage et de comprendre qu’il faut se pencher dans les virages pour empêcher le traîneau de trop chasser. Le tout dans les hurlements des chiens qui, déjà harnachés, s’impatientent du départ. Clairement, ils adorent ça ! D’ailleurs, leur démarrage est si fulgurant qu’il ne manque jamais de surprendre, ni le musher debout, ni le passager allongé. Mais finalement, la plus grande surprise viendra du silence qui se fait, les chiens arrêtant tout net leurs aboiements dès le départ du traîneau. Ils courent, courent, tirent et tirent avec une langue grosse comme ça, pendant quasiment jusque sur la neige, et volent queue au vent vers leur pays merveilleux.

Le cortège, magnifique, serpente maintenant sur des pistes tracées sur la toundra glacée, soulevant des milliers de particules scintillantes dans les rayons du bas soleil du nord. Le vent, ajouté à la vitesse des chiens qui ne s’économisent guère, tire des yeux des larmes à deux doigts de geler. Pas les larmes, ce qui après tout pourrait s’envisager… Non, non ! Les yeux ! Dieu qu’il fait froid ! Heureusement, tout a été prévu et l’équipement prêté est pour le coup vraiment, vraiment le bienvenu. Des bois de bouleaux, des champs de neige, des ombres plus bleues que chez les peintres impressionnistes, le crissement des patins sur le tapis glacé, les chiens haletants, quelques descentes en courbe et une indicible joie enfantine de glisser comme le vent. C’est fou, d’ailleurs, comme ce grand Nord sait se faire réminiscence des bonheurs d’enfance, y compris ceux du Père Noël qui a installé, un peu plus bas, ses centres commerciaux ; à Rovaniemi, capitale de la Laponie finlandaise, et qu’on pourra toujours visiter le temps d’une excursion aller et retour dans la journée. Car les distances ne comptent pas dans ce pays plat.

Cinq par traîneau, les huskies filent joyeusement à travers la toundra glacée. Un défoulement qu’ils attendent avec impatience, mais une fois lancés dans leur effort, c’est dans le plus grand calme que les voyageurs s’avancent dans les chemins blanchis, contemplant en silence le grand spectacle de l’hiver.
Cinq par traîneau, les huskies filent joyeusement à travers la toundra glacée. Un défoulement qu’ils attendent avec impatience, mais une fois lancés dans leur effort, c’est dans le plus grand calme que les voyageurs s’avancent dans les chemins blanchis, contemplant en silence le grand spectacle de l’hiver.
Agenouillés comme le veut la tradition, les voyageurs peuvent s’exercer à la pêche au trou. L’attente est souvent longue – ce qui ne rebute pas les touristes chinois qui adorent cette pratique –, mais la prise est naturellement de toute première fraîcheur.
Agenouillés comme le veut la tradition, les voyageurs peuvent s’exercer à la pêche au trou. L’attente est souvent longue – ce qui ne rebute pas les touristes chinois qui adorent cette pratique –, mais la prise est naturellement de toute première fraîcheur.

Reste, dans l’aventure Lapland, les safaris en motoneiges, partout présentes dans le paysage. En fait, c’est un moyen de transport comme un autre, une ouverture sur la modernité permettant l’hiver – au passage, il dure plus de sept mois – de se rendre un peu n’importe où pour y faire à peu près n’importe quoi : surveiller les troupeaux de rennes, faire ses courses au supermarché, se rendre chez les voisins et aussi amuser les touristes. Lesquels n’hésitent pas. Ainsi les agences, les loueurs et même les hôtels organisent-ils des randonnées d’un peu plus d’une demi-journée, voire plus, sur les chemins tracés dans les forêts ou sur le lac gelé. L’une des aventures les plus prisées réunit toutes les versions de paysages lapons possibles pour aboutir à une petite église, l’un des rares monuments oubliés par les Allemands en déroute lors de leur entreprise de destruction systématique du pays à la fin de la dernière guerre mondiale.

Au fond, le principe de la motoneige est le même que celui du traîneau. Sauf que ça va infiniment plus vite, infiniment plus loin, sur des parcours infiniment plus escarpés et, malheureusement avec un peu plus de bruit et de pollution. Sur ce dernier plan, des recherches de moteurs électriques sont entreprises à Rovaniemi, le principal obstacle consistant à créer des batteries résistantes au grand froid. C’est depuis les années 60 que les Samis éleveurs de rennes ont fait de la motoneige un élément essentiel de leur quotidien, si ce n’est de leur culture. Certes, il ne figure pas encore sur les tambours traditionnels, représentatifs de la culture locale en compagnie des rennes, des arbres, des oiseaux, des tentes, des bateaux… Mais, à la vitesse où vont les choses, notamment depuis que ces aborigènes, les seuls d’Europe, se sont réappropriés leur identité, rien n’interdit d’y songer, voire d’apparaître une nouvelle esthétique sous les pinceaux d’un nouveau Basquiat, arctique celui-là.

Il y a fort longtemps, au milieu du XVIIIe siècle, elle était au centre du village, où les habitants se regroupaient pour passer les longs mois d’hiver. Puis le bourg s’est déplacé vers l’actuel Inari. Ne reste plus qu’elle, l’église des terres sauvages de Pielpajärvi, réchappée des affres de la Seconde guerre mondiale et esseulée dans une clairière de bouleaux.
Il y a fort longtemps, au milieu du XVIIIe siècle, elle était au centre du village, où les habitants se regroupaient pour passer les longs mois d’hiver. Puis le bourg s’est déplacé vers l’actuel Inari. Ne reste plus qu’elle, l’église des terres sauvages de Pielpajärvi, réchappée des affres de la Seconde guerre mondiale et esseulée dans une clairière de bouleaux.

Tambours sacrés

Culture autochtone donc. Une formidable civilisation à découvrir au musée d’Inari, le Siida, ce qui signifie “village”. On y apprendra que les Samis vivent à la fois au nord de la Finlande, de la Norvège, de la Suède et dans la péninsule de Kola en Russie, la Finlande ne recensant que 10 500 individus, soit un tiers par rapport à la Norvège et la Suède. On comprendra aussi que chaque ethnie décline à partir d’un tronc commun ses propres coutumes, costumes, dessins et parfois même langue. Le musée, à côté d’un village traditionnel reconstitué à l’aide de maisons anciennes échappées du feu de la guerre contre les Allemands et transportées ici une à une pour la postérité, est totalement ouvert sur l’extérieur, lumineux, talentueusement architecturé. Très didactique, il mène à la compréhension du génie de ce peuple qui dut, coûte que coûte, s’adapter aux rigueurs d’un climat extrême.

Vidéos, photos, sons, objets du quotidien, costumes, habitat, mais aussi éléments spirituels sont exposés là. Dont les fameux tambours utilisés par les anciens chamans lors de leurs transes rituelles et dont on retrouvera un peu partout des reprises dans des dessins stylisés. De l’art premier, généralement présenté dans une version arts graphiques contemporains sur les nappes des restaurants ou aux murs des chambres d’hôtel. Mais rien de nostalgique là-dedans. Bien au contraire, parfaitement mis en valeur par un design scandinave épuré que l’on retrouve absolument partout, aussi bien dans les hôtels que les restaurants. C’en est même surprenant, cette façon de mettre en scène de chaleureux intérieurs bien actuels en s’inspirant du culturel et de l’environnement, le tout sans jamais donner dans le folklore. Y compris dans la gastronomie. Notamment celle de Heikki Nikula qui n’a pas oublié ses ancêtres samis et qui, dans son restaurant Aanaar, présente une carte extraordinairement inventive et composée exclusivement à partir de produits locaux parfois quasiment oubliés. Sans le moindre doute, l’un des meilleurs lieux de la région pour un dernier dîner avant le retour. Avant ou après le sauna, évidemment.

Des rennes en liberté, une ferme comme autrefois : de nombreux lieux d’élevage présentent in situ cet animal central du mode de vie des Samis. à l’opposé des stations de ski-usines que nous connaissons, voici de la vraie neige avec des paysages intacts, des fermes authentiques et des fermiers restés très proches de la nature.