
La Guyane comptait près d’une dizaine de centres pénitenciers, réunis sous le terme de « bagne », utilisés pour éloigner ceux dont les régimes successifs de 1852 à 1953 ne voulurent pas en Métropole mais aussi comme un moyen de développer et de peupler ce territoire, pour ceux qui survivaient. Ayant notamment construit la ville de Saint-Laurent-du-Maroni et son impressionnant Camp de la Transportation, 70 000 forçats sont ainsi passés sur cette terre lointaine : assassins, voleurs, SDF, faussaires mais aussi prisonniers politiques dont Alfred Dreyfus, le plus célèbre d’entre eux, qui resta à l’isolement plus de 4 ans sur l’île du Diable.

A une heure en bateau au large de Kourou, l’archipel des Iles du Salut est devenu le premier site touristique guyanais. Si l’île du Diable ne se visite pas, quelque 50 000 visiteurs font chaque année la traversée pour découvrir l’île Royale, la plus grande, voire sa petite sœur, l’île Saint-Joseph, surnommée « la mangeuse d’hommes » tant les conditions de détention y étaient difficiles.

Laissé à l’abandon, l’îlot impressionne par ses cellules étroites, barreaux au plafond, où la végétation tropicale fait aujourd’hui la loi. Plusieurs anciens bâtiments administratifs du bagne ont en revanche été réhabilités sur l’île Royale afin de servir d’hébergements de vacances. L’ancienne caserne d’infanterie datant de 1899 est même devenue l’Auberge des Îles, un hôtel-restaurant qui peut être privatisé par les entreprises le temps d’un séminaire dans sa salle de 40 places, ou d’un incentive, l’île devenant alors le terrain de jeu d’une incroyable chasse au trésor permettant de s’imprégner de la terrible histoire des lieux. Pour l’hébergement, on privilégiera en revanche la nouvelle aile de l’auberge aux chambres modernes, avec en prime une vue imprenable sur l’île du Diable, plutôt que le bâtiment historique aux habitations fatiguées.
Dossier - Reportage : MICE en Guyane
MICE : la Guyane sur orbite
- La Guyane ou la découverte de l’histoire du bagne
Témoignage : Jean-Hubert François, créateur de La Ferme François
Le Camp Maripas, une approche de la forêt guyanaise près de Kourou
Saint-Laurent du Maroni : au fil de l’eau, sur la trace des bagnards… et sur la route du rhum
Témoignage : Franck Benoit, Responsable des ventes Marché France/Europe d’Air Caraïbes




















