Les applications mobiles du voyageur d’affaires

Les applications technologiques foisonnent dans les smartphones des voyageurs d’affaires, à la fois pour baliser la politique voyages de l’entreprise et pour agrémenter le quotidien à chaque étape du déplacement professionnel. Du simple gadget au tour de force technologique, ces nouveaux outils rivalisent d’inventivité à l’égard de la clientèle affaires.

Le business hyper appliqué

Aérien – Hôtellerie

Les compagnies aériennes ont rapidement profité de l’essor du smartphone pour proposer des solutions d’embarquement technologiques. Les hôteliers s’y mettent aussi, en dématérilisant le check-in.

Réserver son billet, connaître les dernières informations sur les vols, recevoir sa carte d’embarquement directement sur son smartphone : toutes les grandes compagnies aériennes proposent ce type de solutions à leurs passagers. Même les low cost s’y sont mises, Ryanair étant la dernière en date. Dans le même temps, certaines compagnies pionnières expérimentent de nouveaux axes de développement, à l’image de l’application Qantas qui intègre depuis peu une approche “porte à porte”, en calculant le temps de trajet jusqu’à l’aéroport sur la base des informations concernant le trafic en temps réel. Le monde du voyage est de plus en plus high-tech, et les hôteliers se mettent à leur tour à proposer des applications innovantes pour d’effectuer le check-in et le check out via un téléphone, en attendant la clé de chambre virtuelle.

Marriott et Accor ont récemment révélé de solutions innovantes de ce type, le groupe Hilton allant même plus loin. Les membres du programme de fidélité HHonors pourront s’enregistrer dès 6h du matin la veille de leur arrivée et choisir leur chambre à partir de photos et de plans des étages. De leur côté, les habitués des hôtels Hyatt trouveront une nouvelle fonctionnalité en mettant à jour l’application du groupe : celle de réserver un véhicule auprès d’Uber. Le groupe américain intègre en effet la solution de la plate-forme de réservation de VTC (voiture de tourisme avec chauffeur). Ainsi, dans plus de 100 villes dans le monde, les voyageurs n’ont plus qu’à appuyer sur le bouton Uber dans la section “my reservations” pour commander une voiture.

Travel management

Les réseaux historiques et les agences en ligne ont convergé sur le dossier mobile. Le virage online a uniformisé les fonctionnalités des applications développées par les grands noms du travel management. Tour d’horizon des nouveautés.

Carlson Wagonlit revendiquait près de 270 000 utilisateurs de l’application CWT To Go à la fin juillet. L’agence de voyages d’affaires mise aujourd’hui sur l’intégration d’un volet gamification à son application, avant la réservation hôtelière, annoncée pour juin et finalement repoussée. Cette approche ludique de la politique voyages fera aussi partie de la version Entreprise de l’application que BCD Travel doit lancer fin 2014, début 2015 à destination des travel managers. Pour l’heure, TripSource, l’application de BCD Travel destinées aux voyageurs d’affaires français, a fait son apparition en juin, mais se limite à la gestion des itinéraires et aux informations de vol en temps réel. En somme, des fonctionnalités voisines de celles ofertes par TripCase, l’application de Sabre adoptée au printemps dernier par American Express Voyages d’Affaires.

Outre la fonction “click to call”, qui permet de contacter les conseillers Amex, l’application se distingue par l’intégration de l’ofre Uber, officialisée au mois d’août. Spécialiste du dossier, Egencia jouit donc encore d’un léger temps d’avance avec son application TripNavigator. Déjà permise pour l’hôtellerie, la réservation mobile prendra bientôt son envol dans le domaine aérien. Son arrivée en France est prévue au premier semestre 2015, dans le sillage d’une version tablette qui fera ses débuts sur le marché américain d’ici la fin de l’année 2014.

Mobilité

S’il est un secteur où l’arrivée des applications mobiles réorganise l’offre en profondeur, c’est bien celui de la mobilité urbaine, en pleine révolution.

Mastodonte soutenu par la force de frappe de Google, Uber offre une vraie alternative aux taxis grâce à des applications ergonomiques facilitant la réservation à prix attractifs. Ce pionnier s’intègre progressivement à l’écosystème du voyage d’affaires au travers de partenariats stratégiques conclus avec Concur, TripCase ou encore United. Dans son sillage fleurissent les solutions de véhicules de transport avec chauffeur (VTC), à l’image de SnapCar, Le Cab ou plus récemment Marcel pour le seul marché français. Dans le même temps, le monde du covoiturage se tourne également vers la clientèle affaires, à l’image de la plateforme IDVroom dévoilée à la rentrée par la SNCF, et qui s’apprête à lancer son application en ciblant les déplacements domicile-bureau.

Quant aux automobilistes qui sillonnent Paris, l’application PMobile développée par la mairie de la capitale pourrait bien devenir un allié incontournable. Cette solution nomade, qui devrait être généralisée dans Paris courant 2015, permettra alors de contrôler à distance son ticket de stationnement, en augmentant ou en réduisant la durée payée au quart d’heure près. Les agents de surveillance de Paris (ASP) pourront consulter, via leurs terminaux, la base de données où seront centralisés les tickets virtuels de stationnement.

Pratique

En marge des applications adoubées par l’entreprise pour encadrer la politique voyages, le smartphone du voyageur d’affaires abrite le plus souvent d’autres applications utiles tout au long de son déplacement.

Avant leur départ, les voyageurs les moins aguerris, ou les plus étourdis, peuvent par exemple compter sur une application comme PackPoint, pour savoir comment composer leur valise en fonction de la destination, de la météo locale et de la durée du séjour.

Arrivé à destination, le voyageur aura le plus souvent recours à un guide comme CityMapper, qui monte en puissance au sein de la communauté des voyageurs en alliant efficacité, lisibilité et humour. Encore faut-il pouvoir accéder à un réseau sans fil gratuit afin d’éviter les coûteux frais d’itinérance appliqués à l’étranger. Deux options pour cela : une application comme CityMaps 2Go, qui offre l’avantage de fonctionner sans connexion Internet, ou pour une solution comme Business Traveler 2.0, qui permet un accès sécurisé à plus de 2,7 millions de points d’accès Wi-Fi dans le monde, dans les aéroports, les avions, les hôtels et les lieux publics.

Arrivés à l’hôtel après un vol éprouvant, certains pourraient être tentés de s’écrouler sur leur lit en pleine journée. Heureusement – ou pas –, il y a aussi une application pour cela. Comme son nom ne l’indique pas forcément, Entrain veille sur le rythme de sommeil du voyageur. L’outil mis au point par des chercheurs de l’université du Michigan enregistre les données relatives à la destination et au quotidien de l’utilisateur (heures de lever et de coucher, environnement lumineux) pour lui recommander le planning optimal de coucher et de réveil en vue d’adapter son horloge interne. Frais et dispo, le voyageur d’affaires n’en sera que plus efficace pour son rendez-vous à l’autre bout du monde…