Les objets connectés du voyageur d’affaires : embarquement immédiat

Les objects du quotidien n'ont jamais été aussi connectés. Après les téléphones, les montres, voici les valises intelligentes et les e-étiquettes, amenées à fluidifier le parcours des voyageurs au sein des aéroports.

Objects connectés

Les valises intelligentes sont en partance

Ma valise a-t-elle été bien embarquée ? Va-t-elle sortir bientôt ? Le passager se pose souvent ces questions existentielles face au tapis désespérément vide. Avec les bagages intelligents, cette angoisse n’est peut-être plus qu’un lointain souvenir. En effet, les fabricants de bagages et les acteurs du monde aérien se sont réunis pour développer des valises high-tech, dont le principal avantage est d’être géolocalisables à partir d’un smartphone.

Il y a deux ans déjà, Airbus présentait au salon du Bourget son concept Bag2Go, développé en compagnie du fabricant Rimowa. Le mouvement a pris de l’ampleur depuis. Air France-KLM travaille avec Delsey pour lancer une ligne de bagages futuristes. De son côté, Samsonite s’est approché de Samsung pour créer une valise communicante. Et la société californienne Barracuda a présenté une valise pliable avec GPS et chargeur USB.

Les bagages n’auront bientôt plus pour seule fonctionnalité d’abriter chemises, robes, costumes et autres effets personnels. “Si l’on y réféchit, la valise n’a pas connu d’innovation majeure depuis plusieurs décennies”, souligne Alejo Verlini, designer de la Bluesmart Carry-on. Dévoilé fin 2014, ce bagage hyper connecté venu de la Silicon Valley se verrouille à distance et renseigne, en plus de sa géolocalisation, sur son poids exact pour éviter de mauvaises surprises au guichet. Cerise sur le gâteau, la valise intègre un chargeur de batterie d’appoint. Le tout pour un prix d’environ 300 euros.

Bien sûr, savoir si son bagage est bien arrivé ou s’il joue les filles de l’air à l’autre bout du monde sera l’un des principaux arguments de ces valises de nouvelle génération. “Les passagers ont la volonté d’être acteur de leur voyage, ils veulent savoir ce qu’il se passe. Connaître la position de leur bagage les rassure”, remarque Samir Cadi, chef du projet “ready to drop” chez Air France. Pourtant, à bien y regarder, le taux d’erreur est faible, autour de sept bagages égarés sur 1 000 selon le spécialiste des solutions aéroportuaires SITA, contre 18 en 2007. Parmi ceux-ci, la grande majorité est simplement retardée (80%), le plus souvent dans le cas d’une correspondance, la moyenne étant de 1,6 jour avant que le passager ne retrouve sa valise.

Les compagnies aériennes, en compagnie des exploitants aéroportuaires, ne ménagent pas leurs efforts pour améliorer le processus bagages, depuis leur embarquement jusqu’à leur délivrance. Dans ce cadre, d’autres innovations technologiques devraient encore renforcer cette tendance positive, avec des e-étiquettes ou encore des étiquettes à imprimer chez soi sur du papier A4. “Le papier étant de plus grand format, elles offrent une lecture bien meilleure que les étiquettes classiques. Depuis le lancement de ce service, nous n’avons pas connu de bagage perdu”, souligne Samir Cadi.

Mais ces étiquettes “home made” ont aussi une autre fonction, celle de fluidifier le parcours au sol des clients à l’aérogare. Car après les bornes d’enregistrement, désormais bien ancrées dans les habitudes, les voyageurs d’affaires ont pu voir apparaître çà et là, depuis deux ans, des zones de dépose bagage automatique à la place des comptoirs d’enregistrement. Un mouvement qui s’accélère : en février, pendant que l’aéroport d’Helsinki, parmi les pionniers, mettait plus de machines à disposition des passagers Finnair, SAS et Norwegian. De son côté, Air France installait 32 machines à Paris CDG, qui s’ajoutent à celles déjà présentes à Orly. En mai, c’est à Séoul Incheon que les clients de Korean Air et d’Asiana ont pu découvrir le service Scan&Fly.

Selon SITA, 20 % des passagers utilisent déjà ce système pour embarquer leurs bagages. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore expérimenté, la marche à suivre est simple. “La technologie est nouvelle et demande de s’y habituer au démarrage,” souligne Eero Knuutila, responsable du développement des services de Finavia. Il faut d’abord retirer son étiquette bagage à une borne, puis se présenter dans la file pour déposer son bagage. Par rapport à un traitement au comptoir, le temps serait divisé par deux selon Finavia. Ce qui a son importance en période de forte affluence. “50 % des clients mettent moins de cinq minutes entre le moment où ils récupèrent leur étiquette bagage et celui où la valise est déposée, constate de son côté Samir Cadi. Si on prend une période de quinze minutes, ce chiffre atteint les 95 %.”

Le bagage étant anxiogène pour nombre de passagers, l’avoir enfin déposé leur permet de souffler, de commencer réellement leur voyage. Mais cette rapidité accrue laisse aussi plus de temps pour visiter les boutiques, ce dont les directeurs financiers des aéroports ne sauraient se plaindre… Néanmoins, l’accueil au comptoir n’est pas totalement abandonné, notamment en direction des passagers souhaitant changer de siège ou de ceux qui voyagent rarement… Les passagers de la classe affaires apprécient aussi ce contact humain, qui a un aspect statutaire. Ce qui explique que les zones de dépose bagage automatique n’ont pas – encore – fait leur apparition dans les zones business…

Impressions personnelles

Impressions personnelles

United Airlines, Iberia, Qatar Airways, Lufthansa, Air France : toutes ces compagnies ont lancé l’an dernier des étiquettes bagages à imprimer chez soi ou au bureau, avant de partir prendre l’avion. En pratique, il s’agit d’une feuille A4 que l’on plie avant de l’insérer dans une pochette plastifiée réutilisable mise à disposition à l’aéroport. Ce qui permet de se rendre directement à la zone de dépose bagage. Si dans l’attente d’une réglementation ce service n’est pas encore disponible pour les vols intra-européens, il est proposé sur de nombreux vols internationaux et sur les dessertes domestiques et des DOM-TOM de Hop et Air France.

Des étiquettes high tech permanentes

Des étiquettes high tech permanentes

Il n’est plus si loin, le temps où les voyageurs pourront attacher à leur valise une e-tag, une étiquette fonctionnant avec de l’encre électronique et qui est mise à jour via un smartphone équipé des technologies Bluetooth ou NFC. Qantas en avait ébauché l’idée en 2011. Puis British Airways lui a embrayé le pas en 2013 et l’an dernier, Air France-KLM a commencé à la tester. Le processus est donc bien enclenché et les fournisseurs se démènent pour être le premier à déployer une solution, probablement d’ici la fin de l’année. Cependant, le modèle économique de ces e-tags reste à trouver. Qui sera prêt à payer une centaine d’euros pour un service auparavant gratuit ? Les geeks sans nul doute, et certainement des voyageurs au long cours, mais qu’en est-il de ces hommes d’affaires pressés qui voyagent sans bagage… À moins que cette nouvelle technologie ne soit directement intégrée aux bagages connectés ?

La SNCF veut devenir une entreprise digitale

La SNCF ambitionne de devenir “un véritable transporteur digital”, selon les propos de son président Guillaume Pepy, qui estime que cette orientation doit accélérer la transformation de l’entreprise “au-delà du e-commerce et de la relation client”. Selon les prévisions, le nombre de clients utilisant des services digitaux doit en effet passer à 15 millions par an à l’horizon 2020, contre 10 millions aujourd’hui. Pour cela, la compagnie va investir 450 millions d’euros pour un plan qui touchera “toute l’entreprise et toutes ses activités pour le bénéfice de l’ensemble de ses clients”, a-t-il précisé. Cela passe notamment par la mise en place du haut débit sur l’ensemble du réseau avant la fin 2016 pour améliorer l’expérience des clients, mais aussi par du WiFi à bord des TGV et dans les principales gares de l’Hexagone.

SNCF

En attendant, la première concrétisation de cette stratégie est la fusion des applications mobiles SNCF Direct, SNCF Transilien, TER Mobile et Gares en direct dans une unique appli SNCF. La SNCF soutient également des projets de développement à la fois en interne et en externe en accompagnant des startups opérant dans l’univers du transport via un fonds d’investissement.

Ascott : vers des résidences « intelligentes »

Alors que la domotique entre progressivement dans les moeurs, Ascott a conclu un partenariat avec une filiale de Samsung pour adapter les technologies de la maison intelligente aux établissements longs séjours. À quoi pourrait ressembler la prochaine génération de résidences ? Depuis leurs appareils mobiles ou via la télévision connectée, les clients pourront piloter plusieurs équipements de la chambre. C’est à dire, non seulement allumer la climatisation ou modifier l’éclairage comme cela se fait déjà dans certains hôtels, mais aussi choisir un cycle de lavage ou déclencher la mise en route de la cafetière à distance. Ascott expérimentera certaines de ces technologies au premier semestre 2016, avant de les déployer à travers le monde.

Ascott Raffles City Chengdu

Transavia

La réalité virtuelle testée par Transavia

Le 21 mai dernier, certains clients du vol Amsterdam-Barcelone de Transavia ont testé en exclusivité un programme de divertissement fondé sur la réalité virtuelle. Coiffés d’un casque Oculus Rift DK2, non encore commercialisé, ils ont eu droit au choix à une visite commentée du cockpit ou à un film visionné comme s’ils étaient plongés dans le noir d’une salle de cinéma. Mieux encore, bercés par les vents, les passagers pouvaient survoler le parcours aux commandes d’un deltaplane.

Netflix partenaire de Marriott

Netflix partenaire de Marriott

Plutôt que de regarder des films et des séries sur leurs outils nomades, les abonnés du site de streaming Netflix pourront profiter de la qualité des écrans plats des chambres du groupe Marriott. L’hôtelier vient en effet de conclure un partenariat avec le leader mondial de la vidéo à la demande, producteur notamment de la série House of Cards. Déjà actif dans six hôtels aux États-Unis, l’accès au catalogue Netflix sera étendu à 100 établissements américains d’ici la fin de l’année.