
Que représente la Fnam dans le paysage aérien français ?
Lionel Guérin – Près de 80 % du secteur aérien marchand. Ce qui veut dire 220 entreprises, 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 120000 emplois directs et près de 500000 emplois induits. Nous sommes donc, logiquement, l’interlocuteur privilégié de la tutelle pour la branche et pour tout ce qui concerne le social, le réglementaire et l’économique.
Comment jugez-vous l’état de santé du secteur ?
L. G. – Plus que d’autres, nous restons tributaires de la moindre variation de la demande, étant donné que nos marges opérationnelles sont très faibles, de l’ordre de 2 à 3 % en moyenne. Nous sommes également confrontés à d’autres défis : une hausse durable du prix du pétrole, l’intensification des préoccupations environnementales et la menace du “permis d’émission”, l’exigence de sûreté qui engage des coûts sans véritable rapport avec le risque réel. Et puis, il y a un problème spécifiquement français : l’augmentation continue des taxes.
Cette particularité française toucherait-elle davantage le secteur aérien ?
L. G. – C’est une évidence. De 1996 à 2006, les charges spécifiques au secteur aérien ont augmenté de 110 %, alors que l’inflation était limitée à 17 % et la hausse du trafic passagers à 45 % sur la même période. Difficile de maintenir des marges dans de telles conditions.
Vous annoncez une nouvelle stratégie axée notamment sur le grand public. Comment se met-elle en œuvre ?
L. G. – Après avoir constaté que notre livre blanc, remis au Sénat en 2005, n’avait pas été suivi d’effet, nous avons décidé de nous adresser plus directement au consommateur pour peser sur la décision politique. Cela suppose que la Fnam devienne une plateforme de référence pour tout ce qui concerne l’aérien. Mais cela implique aussi que nous soyons mieux identifiés. Nous avons mis en place un service de presse et nous allons opérer une refonte de notre site Internet pour y introduire davantage de dialogue.
Après une lutte active contre l’instauration de la “taxe de solidarité” et l’augmentation des redevances ADP, quels seront vos prochains combats ? L. G. – Tout d’abord, le dossier des redevances ADP n’est pas encore entériné puisque nous avons déposé un recours, au printemps, devant le Conseil d’État. Pour la suite, en dehors des questions relatives à l’environnement, à la sûreté et à la réglementation européenne, nous allons nous engager contre les distorsions de concurrence dont continuent à souffrir les opérateurs français : sur le terrain fiscal, où nous demandons un aménagement de la taxe professionnelle qui tienne compte de nos activités internationales, comme c’est le cas dans les autres transports ; et sur le terrain social, où nous exigeons que toutes les compagnies étrangères s’installant en France s’inscrivent dans le droit social français, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Le danger est réel pour le secteur, et le succès du pavillon Air France ne doit pas faire oublier le recul global, sur le long terme, du secteur aérien français. En 1996, les vols internationaux partant de France étaient assurés à 43 % par des compagnies françaises. Cette part n’était plus que de 37 % en 2004.
Bio express
1956 : Naissance à Paris.
1983 : Directeur technique d’EAS en charge de la maintenance de la flotte.
1985 : Pilote de ligne à Uni Air, à Air Inter, puis à Air France.
1997 : Responsable des standards opérationnels.
1999 : Créateur et président-directeur général d’Airlinair
2003 : Président de la Fnam et de la Chambre syndicale du transport aérien (CSTA).




















