
La résistance de l’hôtellerie de long séjour par rapport à l’hôtellerie classique vous a-t-elle surpris ?
Olivier Petit – Cette résilience n’est pas une surprise, on l’avait même envisagée dès le début de la crise. Avec la pandémie, on semble redécouvrir le produit long séjour, mais ses atouts étaient déjà là avant et le seront après. Dans une pareille crise, avec un accueil et des services restreints ou encore un ménage à la semaine, les interactions sociales sont moindres, limitant d’autant le risque de transmission du virus. Par ailleurs, qui dit moins de services, dit aussi la possibilité de vendre un peu moins cher, ce qui marche bien dans une période de tension économique pour les particuliers comme les entreprises, le tout s’ajoutant à un budget restauration limité. Enfin, le produit, avec sa kitchenette, permet aussi d’aller prendre l’air tout en continuant à travailler et vivre en famille. Autant de choses qui expliquent cette résilience.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de ces résidences qui ajoutent de nombreux services autour de leurs appartements ?
O. P. – Je la partage modérément. Si on se place du point de vue du consommateur, évidemment je préfère avoir une chambre de 30 m2 plutôt que de 15 m2, pouvoir un soir aller au restaurant de l’établissement et un autre jour utiliser la kitchenette pour me réchauffer un plat et passer une soirée tranquille. Mais, si je me place du coté de l’investisseur, c’est moins attractif. Il ne faut pas oublier que le modèle de la résidence de tourisme, ce sont des appartements aux surfaces plus grandes et peu de services, donc peu de personnel. Dans l’hôtellerie, la palette des services proposés est contrebalancée par des chambres plus petites. Quel modèle peut vivre en liant à la fois des surfaces de chambre importantes et du service, à part dans le luxe ? L’appart-hôtel a une vraie légitimité quand il reste dans sa logique. Il n’y a pas de mystère avec les fondamentaux.
L’ajout de tous ces services va-t-il à l’encontre de ces fondamentaux ?
O. P. – Je vais prendre un exemple : si la résidence propose un restaurant, je n’ai pas besoin d’avoir une kitchenette dans ma chambre, et s’il y en a une, je vais forcément moins consommer de restauration. C’est pareil avec le séminaire : la plus-value en surface qu’apporte un appartement long séjour est antinomique. Après une journée de réunion, l’organisateur n’a pas envie que ses collaborateurs restent chacun dans leur chambre en mangeant une pizza réchauffée pour regarder un match de foot. Au contraire, il va vouloir regrouper son équipe au restaurant pour passer une bonne soirée qui, en plus, a de bonnes chances de se terminer tard. D’où un moindre intérêt pour passer un ou deux nuits dans des chambres de 25m2.
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