Malaysia Airlines : la fin d’une compagnie « globale »

Le nouveau PDG de Malaysia Airlines, Christoph Mueller, vient de déclarer à l’agence Reuters que la restructuration du transporteur Malaysia Airlines n’est pas un simple « replâtrage » mais une « quasi-création sur des bases nouvelles ».
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La compagnie Malaysia Airlines, qui affiche des pertes depuis plusieurs années, a un besoin urgent de se réinventer et de secouer une image fortement attachée désormais aux deux terribles accidents qui l’ont endeuillée l’an dernier – la disparition de l’avion sur la ligne Kuala Lumpur- Pékin en mars et la destruction par un missile de l’appareil opérant sur Amsterdam-Kuala Lumpur au-dessus de l’Ukraine en juillet. MAS, dont les actifs sont désormais entre les mains de la société d’Etat gestionnaire de fonds, Khazanah Nasional. 

Un administrateur vient d’être nommé, qui aura toute liberté pour opérer les restructurations nécessaires. Cela se traduira notamment par le licenciement probable d’un tiers du nombre des employés (soit 8000 personnes), la réduction de la flotte de 96 avions à moins de 80 appareils avec notamment la vente ou la location d’une grande partie de la flotte long-courrier, dont les emblématiques Airbus A380. Dernier volet de cette restructuration, un changement de nom de la compagnie. Mesure symbolique certes mais qui en dit long sur les intentions du nouveau PDG. 

La future entité Malaysia Airlines va se recentrer essentiellement sur les lignes régionales et domestiques, abandonnant l’ambition d’être un acteur majeur du transport aérien mondial. Le réseau long-courrier – souvent développé pour des raisons de prestige politique plus que de rationalité économique –sera donc le premier sacrifié. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler la restructuration il y a plus d’une quinzaine d’années du transporteur national belge Sabena. Dont Christoph Mueller a été d’ailleurs l’un des PDG…

Quelle sera l’ampleur des coupes ? Au cours des dernières années, Malaysia Airlines a déjà fermé ses escales de New York, Los Angeles, Johannesburg, Buenos Aires, Stockholm, Zurich ou Rome entre autres.  L’élagage devrait se poursuivre. Le réseau australien pourrait perdre ainsi de deux à trois destinations et se restructurer uniquement sur les dessertes de Sydney, Melbourne, Perth et éventuellement Brisbane. 

La présence de MAS  en Europe est également en question. La compagnie qui ne dessert plus que Londres, Paris, Amsterdam et Istanbul – elle vient de fermer son escale de Francfort – pourrait encore abandonner une à deux destinations, voire même sortir totalement du continent européen et n’être plus représentée que par le biais de vols en code-share. Londres a cependant le plus de chance de survie, avec Paris. La capitale britannique parce qu’elle est la première destination en Europe des Malaisiens, et qu’elle fait de Kuala Lumpur une escale de transit sur la « Route du Kangourou » qui relie Londres à l’Australie – ainsi qu’à la Nouvelle-Zélande. L’escale de Paris pourrait également être préservée grâce à l’excellent réseau de correspondances à Roissy CDG vers l’Europe, l’Afrique et les Amériques. 

MAS est pourtant en train de se repositionner comme une compagnie régionale, abandonnant l’idée de positionner Kuala Lumpur comme un hub majeur capable de concurrencer à l’intercontinental Bangkok ou Singapour. En revanche, MAS mise sur un développement régional et domestique et a déjà annoncé vouloir augmenter ses capacités de 6% à 8% l’an sur la Chine, l’Indonésie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande. Là où le potentiel de croissance semble le plus important, malgré la concurrence intense avec les compagnies low cost.