Michel de Ronne : directeur de l’aéroport du Bourget et des aérodromes d’aviation générale (ADP)

Quelle est la place du Bourget sur le marché européen de l’aviation d’affaires ?

Michel de Ronne – Il se dit traditionnellement que le Bourget est le premier aéroport d’Europe pour l’aviation d’affaires et la statistique ne fait que confirmer cette réputation. Avec près de 59000 mouvements annuels, le Bourget mobilise près de la moitié de l’activité française sur le secteur de l’aviation d’affaires et nous sommes assez loin devant les 18000 mouvements annuels de Farnborough et Luton ou les 12000 mouvements de Genève. Nous sommes en tête par le volume traité, mais également par le nombre de compagnies utilisatrices, avec quatorze compagnies implantées actuellement sur le site.

2005 a-t-elle été une bonne année pour l’aéroport ?

M. de R. – Après un début d’année assez mou, on a constaté une nette reprise à partir du mois d’octobre. Depuis, nous enregistrons chaque mois des taux de croissance proches de 10 % par rapport à l’année précédente.

Quelles sont les perspectives de développement pour l’aviation d’affaires ?

M. de R. – C’est un secteur qui se prête assez peu au jeu de la prévision. Mais si j’en crois ce que j’ai vu début mai au salon EBACE 2006 de Genève, où la fréquentation était de 40 % supérieure à 2005, les perspectives sont très encourageantes et les constructeurs affichent des carnets de commandes bien remplis.

Flotte privée, propriété partagée… sur quelle formule s’appuie le développement de l’aviation d’affaires ?

M. de R. – Tout a commencé dans les années 60, à une époque où les avions étaient la propriété de leur utilisateurs. Puis sont venues les compagnies de gérance et les compagnies d’avions-taxis. Mais depuis une dizaine d’années aux États-Unis, et depuis sept-huit ans en Europe, c’est sur la multipropriété que s’est appuyé l’essor de l’aviation d’affaires avec des compagnies comme Netjets, qui n’est pas loin d’être le premier opérateur sur notre aéroport. Pour l’avenir, on parle beaucoup des micro-jets ou light-jets privés, qui se vendront 2-2,5 millions de dollars, sur un marché où les premiers prix sont encore à 5-6 millions de dollars.

Vous inaugurez, en juin, une nouvelle aérogare. Pourquoi ?

M. de R. – Cette nouvelle aérogare, qui sera utilisée par Flying Group et Aéro Services, nous permet de répondre à la demande des compagnies clientes mais également des utilisateurs : un bâtiment clair et fluide permettant un accès rapide à l’embarquement, avec quelques facilités complémentaires comme le wi-fi, une salle de conférences de 120 m2, la possibilité d’organiser des réunions sur une terrasse de 400 m2, etc. Par la suite, nous envisageons la possibilité d’ouvrir d’autres aérogares.

Quelles sont les prochaines étapes de développement ?

M. de R. – Elles tournent autour de trois impératifs : le souci environnemental, l’aménagement de la plate-forme, le réaménagement des bâtiments. À la fin de l’année, nous commencerons la viabilisation de 41 hectares d’espaces, dédiés aux activités aéronautiques mais également aux activités industrielles liées.

Bio express

1947 : Naissance à Créteil. Diplômé de l’École nationale d’aviation civile.

1980 : Chef du service étude de circulation aérienne et environnement – ADP.

1986 : Chef du service escale Aéroport d’Orly.

1989 : Chef du service escale Aéroport de Roissy.

1996 : Directeur général de la société Alyzia Airport Services.

2003 : Directeur de l’aéroport du Bourget et des aérodromes d’aviation générale.