New York : icônes retrouvées et nouveautés hôtelières

Tandis que les grands noms de l'hôtellerie de New York se réinventent, de nouveaux hôtels apparaissent sans cesse dans la ville qui ne dort jamais.
Au cœur de Midtown, le Four Seasons New York rouvrira ses portes en novembre,
Au cœur de Midtown, le Four Seasons New York rouvrira ses portes en novembre,

Les icônes de l’hôtellerie de New York se réinventent chacune à leur tour. Bientôt, au printemps 2025, la ville retrouvera une de ses adresses emblématiques, le Waldorf Astoria. Plus grand hôtel du monde à ses débuts en 1931, ce monument de l’hospitalité américaine avait fermé ses portes en mars 2017. Faillite de son propriétaire, l’assureur chinois Anbang, rachat par un autre groupe chinois en 2020, Dajia, pandémie : sa renaissance a pris plus de temps que prévu, mais elle est maintenant toute proche.

Plusieurs grands noms se sont penchés sur ce gratte-ciel au style Art Deco légendaire pour lui redonner son glamour d’antan, Skidmore, Owings & Merrill pour l’architecture, Pierre-Yves Rochon côté décoration d’intérieur entre autres. Cette nouvelle histoire s’écrira avec un nombre de chambres réduit – 375, contre près de 1500 auparavant, une partie de ses étages ayant été reconverti en prestigieux et rémunérateurs pied-à-terre -, mais non moins de prestige. A commencer par celui de sa Grand Ballroom, point clé d’un espace de réunions et événements de 4000 m² remis à neuf.

Réouverture prévue au printemps 2025 pour le Waldorf Astoria

De la même manière, mais un peu avant lui, le Four Seasons New York, situé sur « l’allée des milliardaires », entre Park et Madison Avenue, rouvrira à la mi novembre ses portes fermées à l’époque de la pandémie. Hébergé dans une tour de 52 étages dessinée par I.M. Pei dans un style Art Deco, l’hôtel repensé mêlera junior suites, suites avec terrasse et suites signature, dont le Ty Warner Penthouse. L’ensemble de cet inventaire sera disponible courant 2025, alors que des appartements longs séjours de 1 à 3 chambres viendront s’y ajouter par la suite. Le tout étant complété par un espace MICE de 1400m², comprenant des boardrooms comme des salles de réception.

De nouvelles histoires à raconter

Autre hôtel phare de la ville qui ne dort jamais, le St Regis s’est lui aussi donné un coup de jeune pour fêter dignement ses 120 ans. La star de la 5e Avenue, conçu par John Jacob Astor IV pour rivaliser avec les plus beaux palaces européens à ses débuts en 1904, a vu ses espaces publics repensés cet automne sous la direction de Champalimaud Design. Son architecture Beaux-Arts d’origine se mêle aujourd’hui à des éléments contemporains, un mobilier modernisé. Tout change et rien ne change, notamment son légendaire King Cole Bar, au cadre rafraîchi mais toujours orné de sa fresque murale signée Maxfield Parish. Seules évolutions, La Maisonette, un nouveau lieu de restauration ouvert du petit-déjeuner au tea time, et la présentation, dans des bibliothèques en bois sombre, de la collection privée de livres de la famille Astor.

Toujours dans ce programme de rénovation, et plus près de la clientèle française, le Sofitel New York devrait lui aussi entamer en fin d’année une cure de rajeunissement jusqu’à l’automne 2025, sans fermeture, tandis que le Park Hyatt repense ses suites de son côté. En parallèle, d’autres gloires de l’hôtellerie new-yorkaise se métamorphosent à l’image du Surrey Hotel, qui vient de rouvrir sous le pavillon du groupe Corinthia.

Racheté par la famille de milliardaires Reuben Brothers après sa mise en faillite en 2020, ce luxueux boutique hôtel de l’Upper East Side presque centenaire a vu passer dans ces murs nombre de célébrités, de JFK à Bette Davis. Comme d’autres hôtels apparus ces dernières années dans la ville – le Fouquet’s Barrière et le Fifth Avenue entre autres -, il doit son nouveau décor au designer suédo-américain Martin Brudnizki et offre maintenant 70 chambres et 30 suites, en plus d’un spa Sisley et du premier restaurant Casa Tua de New York.

L’hôtellerie new-yorkaise sait offrir sans cesse de la nouveauté. Car à ces rénovations et transformations s’ajoute un développement d’une étonnante vitalité. Si la ville a enregistré l’ouverture de 17 hôtels l’an dernier, soit plus de 4 500 nouvelles chambres, New York en attend encore plus avec 7000 chambres programmées d’ici la fin de l’année prochaine selon l’office de tourisme de la ville. Une petite trentaine d’hôtels sont en effet en préparation, à Manhattan bien sûr, mais aussi à Brooklyn comme dans le Queens ou à Staten Island.

Par delà Manhattan

Car Manhattan n’a pas le monopole du développement hôtelier parmi les cinq « boroughs » new-yorkais. A Brooklyn, le groupe Hilton a en projet un hôtel Motto après avoir ouvert un établissement de la marque Tru en début d’année. A Staten Island, c’est un Westin qui est attendu par le groupe Marriott, au sein du nouveau complexe immobilier Lighthouse Point. Ce projet urbain revisite les bureaux historiques de l’administration des phares américaines et tout le St. George Waterfront, adjacent au terminal des ferries, en lieu de vie dynamique.

Plusieurs hôtels apparaîtront aussi du côté du Queens avec, au programme du groupe Hilton le Hilton Garden Inn Flushing et le Hampton Inn Jamaica Air Train JFK, voisin de la station Jamaica reliée à l’aéroport comme au centre de Manhattan. En ce qui concerne Marriott, ce sont les Westin Flushing, aloft et Element Jamaica Queens ou encore un combo Courtyard et Fairfield qui profitera de sa proximité avec l’aéroport de JFK pour attirer les voyageurs. Dans le quartier de Long Island, après un DoubleTree by Hilton cet été, un Yotel est attendu à plus lointain horizon, en 2028.

Pour autant, Manhattan conserve encore et toujours son pouvoir d’attraction. Le nouveau quartier d’affaires d’Hudson Yards suscite de nouveaux développements avec, à venir, un hôtel de la marque Autograph Collection. Non loin de là, et tout proche du Javits Convention Center, ce sont un Hotel Indigo, du groupe IHG, et un Tribute by Marriott qui sont attendus. Les lumières de Times Square vont prochainement attirer un SpringHill Suites comme un hôtel Voco.

Le groupe Hyatt, grâce au rachat récent de Standard International, peut s’enorgueillir d’un nouveau boutique-hôtel ouvert récemment dans une rue tranquille du quartier de SoHo, The Manner. qui accueilli dès ses débuts certaines des afterparties les plus convoitées de la dernière fashion week, selon Hyatt. Sur ce même créneau des adresses confidentielles et trendy, le Twenty Two, New York entend reproduire outre-Atlantique le succès rencontré par son hôtel londonien, ouvert en 2022 dans le quartier de Mayfair. Hébergé dans une ancienne YMCA fondée dans les années 1890 par la philanthrope Margaret Louisa Vanderbilt et destinée à l’accueil de la jeunesse féminine protestante, l’hôtel, situé à proximité d’Union Square, proposera à partir de la mi décembre 77 chambres et suites, le restaurant italien Cafe Zaffri et, référence british oblige, un club privé.

Si les leaders de l’hôtellerie américaine ou anglo-saxonne continuent de proposer de nouvelles adresses aux voyageurs, Accor est lui aussi partie prenante d’un projet majeur dans le cadre de son partenariat avec le groupe Faena. Après Miami et Buenos Aires, ce dernier va dupliquer à New York son luxueux concept au carrefour de l’art, de la culture et de l’hôtellerie. Avec une situation de choix, au bord de l’Hudson, dans le complexe résidentiel One High Line, composé de deux tours dessinées par l’architecte Bjarke Ingels. Attendu au printemps prochain, le Faena New York s’installera dans l’East Tower, offrant 120 chambres et suites, complétées par un immense spa et un restaurant conduit par un chef star. Quant aux nuits new-yorkaises, elles sont attendues dans sa Living Room, agrémentée de terrasses aux vues uniques sur la ville.