Un observatoire pour les déplacements professionnels en période de Covid

Le nouvel "Observatoire des déplacements Professionnels en France et à l’Etranger" vient de livrer ses enseignements chiffrés quant à la situation actuelle du voyage d’affaires, et l’impact du Covid sur la mobilité internationale.
Observatoire
A en croire l'Observatoire des déplacements Professionnels, les mesures mises en place par les acteurs du business travel sont conformes aux impératifs sanitaires, mais les voyageurs restent réticents à l'idée de quitter la France et a fortiori l'Union Européenne

L’étude réalisée par OpinionWay et Corporate Mobilities pour AXA Partners et Les Entreprises du Voyage a sondé quelque 500 voyageurs d’affaires français, en deux étapes : après une première vague de questions soumises mi-juillet, une deuxième vague (21 au 28 septembre) permet de mesurer l’évolution des mentalités et des pratiques dans le business travel. Cet « Observatoire des déplacements Professionnels en France et à l’Etranger » témoigne notamment d’un « frémissement de reprise » pour le business travel, tout du moins sur le réseau domestique. Dans 34% des cas, les déplacements professionnels en France sont maintenus, contre 14% à l’étranger. Un voyageur d’affaires sur deux (50%) évoque néanmoins des déplacements partiellement gelés, voire totalement interdits (16%) au niveau national. A l’étranger, le gel total des déplacements atteint 46%.

Ce durcissement des politiques voyages semble être en adéquation avec l’ambiance générale chez les professionnels nomades, qui dans l’ensemble ne souhaitent pas voyager dans des contrées lointaines. A en croire cet observatoire, les voyageurs sont « totalement réticents » à l’idée de se rendre dans certaines régions, à commencer par l’Asie (63%), l’Amérique du Sud ou centrale (63%), la Russie (62%) ou l’Afrique (61%). Cette réticence tombe à 56% pour l’Amérique du Nord, et surtout à 28% pour des déplacements au sein de l’Union Européenne. A noter que 15% des sondés confessent une forte réticence pour des déplacements domestiques.

si les voyageurs professionnels considèrent que les conditions sanitaires ne sont pas satisfaisantes, 4 sur 5 exerceront leur droit de retrait

Pourtant, les mesures sanitaires mises en place par les acteurs de la mobilité semblent porter leurs fruits, et rassurent davantage les voyageurs que lors de la première vague de l’enquête, au mois de juillet. C’est particulièrement vrai dans l’hôtellerie, où 88% des voyageurs estiment que  les conditions sont tout à fait conformes (44%, +7 points) ou plutôt conformes (44%) aux règles sanitaires et de distanciation sociale. Les déplacements en avion ont aussi gagné en fiabilité auprès des voyageurs (67%), tout comme le train (72%) et surtout la location de voitures (75%). Les efforts de ces différents acteurs – incarnés notamment par la mise en place de labels – portent donc leur fruit, et constituent aujourd’hui un impératif pour convaincre les voyageurs de reprendre la route. En effet, d’après les auteurs de l’Observatoire, « si les voyageurs professionnels considèrent que les conditions sanitaires ne sont pas satisfaisantes, 4 sur 5 exerceront leur droit de retrait ».

Reste désormais à savoir quel sera l’impact à long terme de cet épisode inédit, et à quel point les nouvelles habitudes adoptées par les professionnels perdureront une fois la crise passée. Car la tentation de la réunion virtuelle est passée par là, 64% des entreprises encourageant aujourd’hui l’usage des outils de visio-conférence pour limiter les déplacements. Certes, ce chiffre recule légèrement par rapport à la précédente vague d’enquête (leur part atteignait 75% en juillet), mais la valeur ajoutée du présentiel apparaît de moins en moins évidente… En effet, seuls 34% des sondés estiment qu’une réunion en face à face est beaucoup plus efficace (12%) ou plus efficace (22%), pour un rendez-vous client. Un chiffre en baisse de six points par rapport au mois de juillet. La tendance est la même pour la prospection commerciale, ou la valeur ajoutée du face à face recule également (-8 points, à 32%).

Quoi qu’il en soit, il y aura bien après-Covid en matière de travel management, les entreprises comme les salariés prévoyant de pérenniser les nouvelles règles intégrées à la politique voyages. A commencer d’ailleurs par l’usage des outils de visio-conférence pour limiter les déplacements, qui serait prévu par 73% des entreprises, et plébiscité par 86% des salariés. Les deux prochaines vagues de cet Observatoire des déplacements Professionnels, prévues mi-janvier et mi-mars, devraient permettre de vérifier si ces tendances s’inscrivent effectivement dans la durée.