
Comment définiriez-vous l’originalité de la Maison de la Chine par rapport à une agence “traditionnelle” ?
Patricia Tartour : Notre spécificité, c’est avant tout l’ultraspécialisation. Le terme de “spécialiste” est un peu galvaudé dans le monde du tourisme. Pour la Maison de la Chine, c’est une réalité : nous ne travaillons qu’avec des collaborateurs très pointus sur la destination, recrutés notamment dans le milieu universitaire, des gens qui connaissent le sujet sur le bout des doigts et peuvent passer à une vision opérationnelle. Nous sommes les seuls à pouvoir parler de la Chine dans sa globalité, sa civilisation classique comme son bouillonnement actuel, que reflètent les conférences, les expositions que nous organisons dans nos locaux. Le voyage est une matière vivante et il est important que le client se détermine en fonction de ce qu’il voit, de ce qu’il entend. La Chine ne peut pas être la même pour tout le monde.
Que représentent les voyages en Chine pour le groupe ?
P. T. : Pour 2006, 14 millions d’euros de revenus sur un chiffre d’affaires global de 40 millions d’euros rassemblés dans les sept Maisons qui constituent le groupe*. La Chine reste bien entendu notre première destination, avec des perspectives de croissance toujours prometteuses. D’autres destinations bénéficient également d’une forte progression cette année, comme le Vietnam, la Birmanie et le Japon.
Vous avez créé l’an passé le département Events By, dédié à l’événementiel et aux voyages d’entreprises. Pourquoi un département spécifique ?
P. T. : Cette idée s’est imposée car nous n’avions pas d’entité fédératrice pour traiter les demandes qui s’adressaient aux différentes Maisons. Cela est d’autant plus utile que, souvent, les entreprises hésitent entre plusieurs destinations. Events By est donc une structure d’accueil des demandes, qui se concrétiseront ensuite en s’adossant aux compétences des différentes Maisons. Nous avons déjà réalisé des opérations spectaculaires, notamment en Chine, comme la première vente aux enchères d’art contemporain dans la Cité interdite avec Sotheby’s, un pique-nique sur la Grande Muraille ou encore une soirée de gala au Parlement chinois pour Cardin. Pour ces opérations, les réseaux tissés par les différentes Maisons constituent un atout formidable : pour donner du retentissement à un événement, je sais comment faire venir un ministre au Brésil, tout comme, en Chine, je sais faire venir les 50 journalistes qui comptent…
Votre engagement pour le “tourisme responsable” vous a permis d’obtenir en avril le prix Veuve Clicquot de la femme d’affaires 2007. En quoi consiste cet engagement ?
P. T. : Je crois beaucoup à la responsabilité individuelle en ce domaine et nous engageons nos clients, loisirs ou entreprises, dans la voie d’un tourisme moins prédateur et moins paresseux. Nous sommes associés depuis plusieurs années avec l’Unesco, hier plutôt pour la sauvegarde du patrimoine culturel, aujourd’hui surtout dans des programmes de formation et de financement pour intégrer les populations locales dans le développement touristique. En Chine, nous sommes appuyés par les autorités qui poussent beaucoup au développement de ce type de démarche. Cela pourra notamment bénéficier aux régions touristiques en émergence, comme le Anhui.
*NDLR : Maisons de la Chine, des Amériques latines, des États-Unis, des Orientalistes, des Indes, de l’Indochine, de l’Afrique.
Bio express
1975 : Premier voyage en Chine.
1977 : Étudie le mandarin et devient accompagnatrice indépendante.
1983 : Entre au département Asie de Carrefour des Voyages.
1991 : Fonde la Maison de la Chine puis la Maison de l’Indochine (1992), la Maison des Indes et la Maison des Orientalistes (1995), la Maison des Amériques latines (1996), la Maison des États-Unis (2001) et la Maison de l’Afrique (2006).




















