Patrick Malval, OpenSkies : « une carte à jouer »

Patrick Malval, Directeur Général d'OpenSkies et Directeur Général Commercial Europe de l'Ouest de British Airways, revient sur l'actualité récente d'OpenSkies - notamment le lancement d'une nouvelle classe économique - et évoque l'avenir de la compagnie spécialisée dans le voyage d'affaires transatlantique.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2011, marquée notamment par une grève inédite ?

Patrick Malval – L’année écoulée était une année de transformation. Il y a eu, c’est vrai, un mouvement de grève, mais c’est toujours le cas dans une entreprise où intervient un changement de direction. Il y avait également un besoin d’échange avec le personnel, pour faire évoluer les choses. 2011 a également été marquée par la fermeture de la liaison Paris-Washington, qui a fait suite à une réflexion stratégique, puis à une adaptation du modèle. Mais globalement, d’un point de vue commercial, les résultats sont en ligne avec 2010 et avec nos objectifs, à l’image de la ligne Paris-New York, qui a réalisé de bonnes performances.
 

L’année 2012 commence par une petite révolution pour OpenSkies, avec l’introduction d’une cabine économique : à quel point s’agit-il d’un nouveau positionnement ?

 

P.M. – Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une révolution, dans la mesure où le premier modèle d’OpenSkies comportait déjà trois cabines, même si leur configuration était différente. Il s’agit bien sûr de répondre à une évolution de la demande, et à une évolution quant à l’utilisation d’OpenSkies au sein de British Airways, suite à l’intégration dans la joint venture transatlantique. Notre compagnie doit être d’autant plus efficace en volant aux côtés des trois autres partenaires que sont British Airways, Iberia et American Airlines, tout en proposant une offre complémentaire aux voyageurs : nous sommes une petite compagnie Premium, avec nos spécificités, en particulier grâce à l’intérêt des départs depuis l’aéroport d’Orly.
  

Quels sont les grands chantiers à venir pour la compagnie ?

P.M. – Nous pensons pouvoir faire bien mieux dans le domaine du service au sol. Nous allons donc lancer au mois de mars, pour les vols au départ de Newark, un service de repas avant le vol. Il s’agira de proposer aux voyageurs un dîner dans le salon flambant neuf de British Airways, qui permettra ensuite de garantir une vraie nuit de repos. Nous allons vraiment investir sur le sommeil en vol.

 

Quel regard portez-vous sur le marché du voyage d’affaires dans ce contexte particulier ?

P.M. – Il y a aujourd’hui beaucoup d’attentisme, mais le voyage d’affaires ne s’est pas arrêté pour autant. La tendance est à la réservation tardive, mais je n’ai pas l’impression que la demande diminue. Néanmoins, nous évoluons dans un environnement très sensible, et tout peut changer très vite.

Quelles sont les relations entre British Airways et sa filiale transatlantique ?

P.M. – Cela fait des année que l’on spécule sur la situation d’OpenSkies, sur ses relations avec British Airways, et la compagnie est toujours là. Bien sûr, il peut toujours y avoir un changement stratégique, mais le fait est que les investissements dans OpenSkies continuent, et l’intégration de la compagnie dans la joint venture montre que nous avons une vraie carte à jouer, car nous apportons notre différence, à destination d’une clientèle atypique.