Cessez-le-feu au Moyen-Orient : une relative amélioration pour les compagnies de la région

Si Air France maintient la suspension de ses vols vers Dubaï ou Tel-Aviv, EL AL comme Gulf Air annoncent un retour progressif de leurs opérations. Tour d'horizon des nouvelles liaisons disponibles.

Réactualisé le lundi 13 avril à 09h30

Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran a des effets positifs sur le transport aérien au Proche et Moyen-Orient. Si les compagnies européennes ou asiatiques maintiennent la suspension de leurs liaisons vers plusieurs destinations – Air France a prolongé l’arrêt de ses vols vers Dubaï, Riyadh, Tel Aviv et Beyrouth jusqu’au 3 mai, tandis que Cathay Pacific a repoussé la suspensions de ces liaisons avec Riyad et Dubaï de la fin mai à la fin juin -, plusieurs compagnies de la région élargissent leurs plans de vol.

EL AL, par exemple, qui ne prévoyait qu’une activité essentielle à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv jusqu’au 18 avril, a annoncé « un retour graduel » à son programme de vols habituel à partir de la semaine prochaine. Suivant les nouvelles directives du Home Front Command israélien, la compagnie ne se limitera plus à 8 destinations desservies, mais étend son offre à une quarantaine de métropoles, la plupart en Europe. « Au fil du mois, nous continuerons à étendre progressivement le nombre de destinations, jusqu’à un retour complet à nos opérations sur l’ensemble de notre réseau », précise la compagnie.

En attendant Paris, Londres, Milan, Rome et Athènes, mais aussi New York (JFK et Newark), Miami et Los Angeles, toutes ces dessertes déjà proposées, resteront au programme. S’y ajouteront à partir de cette semaine Marseille, mais aussi, entre autres, Amsterdam, Barcelone, Batumi, Berlin, Bucarest, Budapest, Francfort, Larnaca, Lisbonne, Madrid, Milan, Moscou, Munich, Prague, Sofia, Tbilissi, Vienne, Varsovie et Zürich. Trois vols vers l’Asie – Bangkok, Phuket et Tokyo – et un autre à destination de Boston seront également au programme.

A noter qu’EL AL ne parle plus d’un nombre de passagers limité pour les vols au départ d’Israël, mais précise aussi que la vente de billets au départ de Tel-Aviv reste suspendue jusqu’à 18 avril. Tout en soulignant « qu’en raison de la complexité opérationnelle et de la réorganisation du programme de vols, le retour à une exploitation complète ne sera pas immédiat et s’effectuera par étapes ». « En conséquence, à court terme, certains vols pourront encore faire l’objet de modifications ou d’annulations », prévient la compagnie israélienne.

Gulf Air de retour à Bahreïn

De son côté, Gulf Air va pouvoir proposer de nouveau des vols depuis à Bahreïn à la suite de la réouverture de l’espace aérien du Royaume. Jusqu’ici, la compagnie avait repris une activité limitée, mais déportée sur l’aéroport de Dammam en Arabie Saoudite, à 85 kilomètres de là. « Nous annonçons la reprise progressive de nos opérations aériennes depuis l’aéroport international de Bahreïn », précise la compagnie.

Dans ce cadre, Gulf Air proposera une liaison Bahreïn-Londres quotidienne jusqu’au 20 avril, alors que des vols quotidiens vers la capitale britannique partaient jusqu’ici de Dammam. Les autres liaisons prévues depuis Bahreïn jusqu’à cette concernent l’Asie et le Moyen-Orient, notamment Dubaï, Riyad et Jeddah, Islamabad et Lahore, en plus de Nairobi et d’Istanbul.

Toutefois, la compagnie maintient le report de certaines liaisons sur l’aéroport King Fahd à Dammam, Paris ou Francfort ne faisant plus partie de ce programme contrairement aux dernières semaines.  Y sont en revanche proposées des liaisons avec Athènes, Casablanca, Le Caire, Manille, Mumbai et Chennai, Bangkok, Islamabad et Lahore au moins jusqu’au 20 avril, jusqu’à la fin du mois pour certaines

A l’inverse de Gulf Air, Kuwait Airlines, qui utilise l’aéroport de Dammam comme la compagnie bahreïnie pour maintenir une partie de son activité, n’a pas encore annoncé la reprise de ses vols à l’aéroport international de Koweit. Récemment, Kuwait Airlines avait même annoncé renforcer courant avril le nombre de vols proposés à Dammam, désormais élevé à 13 destinations : Paris, Londres, Istanbul, Amman, Le Caire, Lahore, Mumbai, Delhi, Ahmedabad, Colombo, Chennai, Kochi et Manille. A noter que les passagers sont transférés par bus depuis le mall Al Khairan au Koweït jusqu’à l’aéroport international King Fahd de Dammam.

Une offre élargie pour les compagnies du Golfe

La relative accalmie actuelle ne devrait pas changer la tendance à l’élargissement du programme de vols des compagnies du Golfe, en croissance depuis quelque temps. Emirates est revenue à une offre proche de son réseau d’avant le conflit, avec 127 destinations desservies. Parmi lesquelles, du 29 mars au 30 avril, Paris avec deux vols quotidiens, Nice avec cinq vols par semaine et Lyon à raison de trois vols hebdomadaires en A350. De la même manière, Etihad a étoffé son programme avec 80 destinations desservies depuis ou vers Abou Dhabi, notamment deux liaisons quotidiennes avec Paris-CDG. De son côté, Qatar Airways estime pouvoir proposer plus de 120 destinations de son réseau mondial d’ici à la mi mai, la compagnie desservant déjà Paris avec un vol quotidien, le retour des vols vers Nice étant prévu à partir du 16 mai.

En parallèle, si Middle East Airlines continue d’avoir une activité perturbée à Beyrouth, Royal Jordanian comme Oman Air proposent un programme de vols quasiment normal, notamment à destination des métropoles européennes. La compagnie jordanienne a même réussi à célébrer dans ce contexte le lancement fin mars de deux lignes vers Hambourg et Munich depuis Amman, en A320Neo. A voir si ces prochains jours ou semaines prolongeront ou non cette amélioration.