
Qu’on aime Ryanair ou pas, la compagnie ultra-low cost irlandaise est le premier transporteur aérien d’Europe : 197,1 millions de passagers transportés en 2024, 94 bases dans 37 pays d’Europe, 237 destinations et 610 avions. Le succès se reflète dans le taux de remplissage de ses appareils : 92% au troisième trimestre de son année fiscale 2024/2025.
Un positionnement qui donne normalement à Ryanair un vrai pouvoir de pression sur les diverses aviations civiles et autorités aéroportuaires à travers le continent. Sauf que cela ne semble pas impressionner les politiques. Le transport aérien depuis la fin de la pandémie de Covid est de plus...
Qu’on aime Ryanair ou pas, la compagnie ultra-low cost irlandaise est le premier transporteur aérien d’Europe : 197,1 millions de passagers transportés en 2024, 94 bases dans 37 pays d’Europe, 237 destinations et 610 avions. Le succès se reflète dans le taux de remplissage de ses appareils : 92% au troisième trimestre de son année fiscale 2024/2025.
Un positionnement qui donne normalement à Ryanair un vrai pouvoir de pression sur les diverses aviations civiles et autorités aéroportuaires à travers le continent. Sauf que cela ne semble pas impressionner les politiques. Le transport aérien depuis la fin de la pandémie de Covid est de plus en plus ponctionné avec une augmentation des taxes dans la plupart des pays d’Europe.
Une course à l’augmentation des taxes
A l’exception de la Suède, de la Grèce, de la Hongrie, de la Pologne ou du Portugal, on assiste depuis 2022 à des augmentations massives des taxes aériennes dans les pays européens. Allemagne, Autriche, Irlande et Pays-Bas se sont engouffrés dans cette politique. En 2025, Danemark, Belgique, Italie et France ont augmenté leurs taxes. Ou s’apprêtent à le faire.
De nombreux gouvernements européens justifient ces augmentations par le besoin de financer la décarbonation de l’industrie aérienne et taxer davantage les pollueurs. Sauf que, selon l’association « Airlines for Europe » (A4E), sur les 4 milliards de taxes payées en 2022 par les compagnies membres de l’association, très peu vont en fait à la décarbonation de l’industrie et la recherche pour la production de carburant vert (SAF). Seul le Danemark a décidé de totalement affecter le produit de sa nouvelle taxe aérienne au développement de SAF*. S’ajoutent aussi l’augmentation des redevances aéroportuaires ou de sécurité aérienne.
Des décisions que dénonce régulièrement Ryanair, qui menace de réduire en conséquence sa présence dans de nombreux pays. En 2024, ce fut le cas en Allemagne avec une baisse significative de la présence de la compagnie à Berlin (-20%).
Des menaces mises à exécution
Cette année en Allemagne, Ryanair cessera sa desserte de Dortmund, Dresde et Leipzig et réduira de 60% sa présence à Hambourg.
En France, Ryanair a fermé sa base de Bordeaux suite à l’augmentation des taxes aéroportuaires. Le transporteur a déjà menacé que d’autres aéroports régionaux pourraient suivre avec la mise en place de l’augmentation de la taxe de solidarité au 1er mars prochain.

(Photo: Flughafen Dortmund GmbH)
L’élagage continue cette année. Ryanair a ainsi annoncé fermer ses bases de Aalborg et Billund au Danemark à la fin mars. Soit la disparition de 32 lignes.
L’augmentation des coûts d’exploitation en Espagne justifie également une forte réduction de son activité dans ce pays, selon la compagnie. Ryanair réduit ainsi le nombre de ses vols de 18% pour la saison d’été. Soit 800 000 sièges de moins sur 12 lignes. La compagnie ferme totalement ses bases de Jerez, Santiago de Compostelle et Valladolid. Elle réduit également son trafic à Santander, Saragosse et Vigo.
En Italie, Ryanair réduit sa présence à Rome-Fiumicino en raison d’une nouvelle surtaxe municipale qui débute le 1er avril. La compagnie a également retiré un appareil à Vienne.
Prochaines victimes : la Belgique et la France ?
En Belgique, le nouveau gouvernement a prévu d’augmenter la taxe d’embarquement, mise en place en 2022. Cette taxe, de deux euros pour les vols de plus de 500 km au sein de l’Union européenne et de 4 euros pour les vols de plus de 500 km hors-UE, doit passer à 5 €. Aura-t-elle une influence sur le réseau de Ryanair, dont l’une des plus grosses bases européennes est l’aéroport de Charleroi-Bruxelles Sud?
L’avenir le dira, une fois cette augmentation validée par le gouvernement. En attendant, la compagnie a annoncé lancer cet été quatre lignes (Katowice, Rome, Salerne et Volos).
Au départ du Royaume-Uni, Ryanair se concentrera davantage sur Londres Stansted, son premier aéroport européen. Ainsi, le transporteur relancera ce printemps deux vols par semaine sur Clermont-Ferrand. Elle prévoit également de nouveaux vols de Marseille à Stockholm-Arlanda et de Toulouse vers Bristol et Manchester. Néanmoins, on attend maintenant l’éventuel retrait de la low-cost d’aéroports français au trafic passagers plus modeste…
La réduction du réseau de Ryanair se poursuivra-t-elle sur les prochains mois? Dans tous les cas, la disparition de lignes se traduit généralement par une augmentation des prix des billets. Car, de fait, cette dernière reste la moins chère de toutes les compagnies low-cost.
*depuis le 1er janvier, la taxe aérienne au départ du Danemark s’élève à 50 Dkr (6,70 €) sur l’Europe, 310 Dkr (41,60 €) sur le moyen-courrier et 410 Dkr (55€) sur le long-courrier.

















