Du rêve à la réalité

Plus vite, plus haut, plus doux : Avec l'ultra rapide Hyperloop, un nouveau tram chinois qui survole les embouteillages ou encore l'étonnant Sea Bubble qui roule sur les eaux, les transports de demain se dessinent aujourd'hui.

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L’Hyperloop ou l’ultra vitesse

On n’arrête pas le progrès. Surtout quand il fonce à plus de 1 000 km/h. Dans une ou deux décennies, les voyageurs d’affaires auront sans doute une pensée pour leurs prédécesseurs, obligés de se traîner dans des tortillards, des trains à grande vitesse roulant à peine à plus de 300 km/h… De vrais escargots comparés à l’Hyperloop qui met moins d’une heure pour faire Paris-Berlin, Los Angeles-San Francisco ou Toronto-Montréal, le tout dans des capsules futuristes propulsées dans des tubes à air compressé.

Ce rêve, né dans le cerveau imaginatif d’Elon Musk – entre autres à l’origine de PayPal, de la voiture électrique Telsa ou de la fusée Space X – est parti d’un constat : le projet de TGV entre San Diego et Sacramento, estimé à 70 milliards de dollars, est trop cher. Trop lent aussi. Bref, dépassé. Dans son livre blanc “Hyperloop Alpha” publié en 2013, Elon Musk plaide pour un complet changement d’échelle à travers un train supersonique, “solution idéale pour répondre aux liaisons très denses entre grandes villes distantes de moins de 1 500 km”, décrit-il. Pour ce train fondé sur l’énergie solaire, le milliardaire table sur un coût de construction plus modeste, de six milliards de dollars, grâce à une empreinte foncière réduite, les tubes passant à une cinquantaine de mètres au-dessus du sol.

À ses débuts, ce projet a été accueilli avec scepticisme par certains. Mais pour d’autres, l’Hyperloop est tout sauf une idée en l’air, notamment pour les milliers d’étudiants qui participent au concours lancé par Elon Musk. Trop occupé par ses fonctions – pour mieux revenir dans le jeu une fois le projet abouti ? –, le fondateur de Space X a en effet laissé à d’autres le soin d’ébaucher son rêve. Après sélection, une vingtaine d’équipes, provenant de prestigieuses universités comme le MIT, Virginia Tech, ou encore celles de Munich et de Delft en Europe ont été invitées à les tester cet été sur une piste construite tout prêt du QG de Space X, en Californie.

Le timing semble en effet s’accélérer. Car, en parallèle, plusieurs start-up se sont emparées du projet. La société canadienne TransPod devrait présenter prochainement son propre prototype de capsule. De son côté, une autre de ces sociétés, Hyperloop One, dirigée par l’ancien PDG de Cisco Rob Lloyd, a effectué en mai un test grandeur nature du moteur de propulsion sur une piste construite dans le désert du Nevada. Enfin, Hyperloop Transportation
Technologies (HTT) devrait également se lancer cette année dans la construction d’une ligne d’une dizaine de kilomètres en Californie.

Si ces deux acteurs ont choisi des options différentes – l’air compressé, préconisé par Elon Musk, pour Hyperloop One ; la lévitation magnétique pour HTT –, ils attirent déjà l’attention, avant même que leurs technologies aient été éprouvées. Ainsi Hyperloop One a formé un partenariat avec FS Links Ab pour évaluer la faisabilité d’une liaison Stockholm-Helsinki qui relierait les deux villes en une demi-heure contre 16h de bateau aujourd’hui. Pour sa part, HTT a conclu un accord avec le gouvernement slovaque pour construire une ligne entre Bratislava et Vienne. Les travaux pourraient débuter en 2020, avec à terme un temps de parcours de 18 minutes contre 5h de train actuellement.

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Filant à la vitesse du son dans des tubes d’acier à l’air compressé, l’Hyperloop reproduit les rêves de vitesse du Concorde, non plus dans les airs, mais sur la terre ferme. Initié par le milliardaire Elon Musk, le projet de ce nouveau moyen de transport commence à prendre corps.

Soutiens de poids

Ce moyen de transport de demain semble également intéresser le monde ferroviaire d’aujourd’hui. Dernièrement, la SNCF a participé à une levée de fonds d’Hyperloop One. La start-up aurait également reçu le soutien de China Railways Corporation, le premier constructeur de train au monde, selon l’agence Bloomberg et pourra certainement compter sur l’appui de Russian Railways  pour s’implanter en Russie et sur la filiale ingénierie de la Deustche Bahn pour conquérir le marché moyen-oriental.

De pure science-fiction il y a encore trois ans, l’implication de tous ces acteurs devrait permettre à ce doux rêve de devenir réalité. Reste quelques barrières à lever : les pays vont-ils tous adopter la même technologie ? Quid de la sécurité de ces capsules filant à la queue leu leu à des vitesses vertigineuses ?Les voyageurs, en particulier les claustrophobes, ne seront-ils pas trop effrayés à l’idée de monter dans ces drôles de machines . Qu’ils se rassurent, de jolis paysages devraient défiler devant leurs yeux, projetés sur des hublots virtuels. Mais alors, que vont donc faire les vaches ?

tramway volant
Récemment présenté en Chine, un nouveau concept de tram se joue des embouteillages d’une manière très simple : en survolant littéralement la circulation avec une cabine surélevée au-dessus de la chaussée.

Le tramway volant

Qui n’a pas rêvé, coincé dans un embouteillage, de pouvoir s’élever au dessus de la mêlée des voitures à l’arrêt pour voler tout d’un coup vers son lieu de rendez-vous. À peu de choses près, c’est ce que propose un tram révolutionnaire, dont le projet a été présenté lors de la récente Beijing High-Tech Expo. Glissant sur des rails à plus de quatre mètres au dessus de la chaussée, il survole littéralement deux voies de circulation. Tandis que les voitures peuvent continuer leur chemin en passant entre ses jambes, les passagers prennent place à l’étage, dans une cabine pouvant accueillir plus de 1 200 personnes, soit une capacité équivalente à une vingtaine de bus. Cette solution innovante pourrait réduire de 20 % à 30% la congestion automobile, selon son inventeur Song Youzhou, président de Shenzhen Hashi Future Parking Equipment. Autres avantages : le coût des infrastructures, estimé à un dixième du prix d’un métro, et la portée écologique du système fonctionnant à l’énergie solaire. Alors qu’un premier test devrait avoir lieu cet été à Qinhuangdao, quatre autres villes chinoises – Nanyang, Shenyang, Tianjin et Zhoukou – se sont montrées intéressées pour conduire des projets pilotes.

Bateau-mouche futuriste

Et si les grandes villes exploitaient plus largement leurs voies fluviales et maritimes ? C’est l’idée défendue par le navigateur Alain Thiébault avec son concept SeaBubble, qui embarque quatre personnes et vogue sur les eaux de manière silencieuse et écologique, puisque propulsées par des batteries électriques alimentées par panneaux solaires. Premier test cet été sur la Seine. Avant d’offrir une nouvelle alternative aux VTC et Autolib ?

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