Jet Airways, à bout de souffle, déserte le réseau international

Jet Airways a arrêté ses vols internationaux, alors que la Banque d’Etat Indienne, son nouveau propriétaire, cherche toujours de nouveaux investisseurs capables d’injecter immédiatement des fonds.

Jet Airways
Jet Airways en grande difficulté financière

Ce mercredi devait normalement permettre à Jet Airways, seconde compagnie indienne, de connaitre ses nouveaux repreneurs, après que la Banque d’Etat de l’Inde (State Bank of India) a décidé de remettre sur le marché les actions des 26 groupes présents dans le capital de la Banque. Mais la Banque Centrale Indienne, qui a dû reprendre temporairement le capital de la compagnie, n’arrivait toujours pas la semaine dernière à trouver un ou des acquéreurs.

L’Etat vient d’annoncer repousser la date butoir pour un repreneur. Un coup de théâtre à la fin de la semaine dernière pourrait cependant changer la donne. Selon le quotidien indien The Economic Times, la compagnie d’Abu Dhabi Etihad Airways– qui possède toujours 24% des actions de la compagnie- serait désormais prête à augmenter sa participation et prendre 49% du capital. Le transporteur n’a cependant pas encore officiellement confirmé…

Cela n’exclue pas une mise en faillite, une solution qui permettrait à un investisseur de se déclarer pour une reprise du transporteur et le restructurer, sans cette épée de Damoclès que représentent les dettes envers les banques. Cette solution semble avoir de plus en plus la faveur des milieux gouvernementaux.

De fait, l’absence de repreneurs et surtout l’incapacité des banques à injecter temporairement des fonds pour la survie de Jet Airways –contrairement aux promesses faites la semaine dernière- se traduit par une situation toujours plus difficile pour la compagnie.

Cette dernière est incapable de faire face à ses créances envers les compagnies de leasing, les aéroports ou les fournisseurs de kérosène. Mardi, les pilotes ont officiellement déposé un recours contre Jet Airways car ils n’ont pas été payés depuis plusieurs mois. Un ultimatum avait été lancé à la compagnie pour qu’elle règle les arriérés de salaire…

L’effondrement de Jet Airways a conduit à la réduction de son réseau, de ses fréquences et de son service de façon dramatique. Elle n’offre plus de repas sur les liaisons domestiques et a même été obligée d’arrêter l’exploitation du système de distraction en vol sur ses appareils …

Jet Airways exploite moins de dix appareils contre 120 à la même époque l’an dernier, les loueurs d’avions reprenant petit à petit leurs appareils. Sur son hub principal de Mumbai, le transporteur offrait la semaine environ 32 vols et une petite dizaine cette semaine. Du coup, elle a dû fermer toutes ses lignes internationales, décision que la compagnie décrit comme temporaire.

Au départ de Paris CDG, la compagnie a finalement cessé d’exploiter sa ligne sur Mumbai vendredi, après avoir suspendu quelques jours plus tôt sa liaison vers Chennai. La compagnie indique qu’elle n’accepte aucune réservation jusqu’au début juin. Les vols ont été également suspendus au départ de Londres et Amsterdam.

Cette situation profite à d’autres compagnies. Ainsi sur les lignes intérieures, les transporteurs AirAsia India et Vistara vont ouvrir jusqu’à onze lignes supplémentaires sur le réseau domestique.

Quant à Jet Airways, si elle survit à cette crise et trouve finalement des repreneurs, elle devra revoir son modèle et réduire fortement son réseau pour gagner en efficacité. Et surtout, elle devra regagner la confiance de ses passagers, quelques milliers d’entre eux ayant été « pris en tenaille » au dernier moment, au fur et à mesure qu’elle fermait ses lignes.