La compagnie nationale thaïlandaise avait commencé en 2020 à réduire ses effectifs. Avec 29 000 personnes, Thai Airways comptait en effet parmi les compagnies avec le plus grand nombre d’employés en Asie, comparée à des transporteurs de taille similaire. Singapore Airlines compte par exemple 17 000 employés et Cathay Pacific 19 500. Le transporteur a déjà réduit ses effectifs à 21 000 personnes l’an passé.
Le président par intérim de la compagnie, Chansin Treenuchagron, a ainsi révélé d’autres mesures de réduction de coûts le 2 mars dernier après que la compagnie aérienne ait soumis son plan de redressement financier. Le transporteur se conforme ainsi à l’ordonnance du tribunal central des faillites.
Thai Airways va ainsi de nouveau couper dans ses effectifs. Avec 6 000 à 7 000 emplois en moins, Thai devrait se limiter à quelque 14 000 employés. Le nombre de types d’appareils va être enfin réduit de 12 à 5 et les types de moteurs de 9 à 4. Doivent définitivement sortir de la flotte les Airbus A380, les A340 ou encore les Boeing B747. La compagnie aérienne a également négocié avec les entreprises de leasing une nouvelle facturation. Elle se fait désormais en fonction de l’utilisation horaire des appareils : une mesure qui réduit considérablement les dépenses.
Le plan de réhabilitation a créé un poste de responsable de la « transformation ». Lequel vise à transformer Thai Airways en une compagnie privée à haute valeur ajoutée avec une forte identité thaïlandaise. Quelques 600 initiatives ont ainsi été proposées. Dès que le tribunal aura approuvé le plan de redressement et que la crise du covid s’atténuera, les premières mesures seront mise en place.
Culture de la compétence au lieu du népotisme
Elles aideront à rétablir le statut de Thai comme la compagnie privilégiée pour tous les voyages à destination et en provenance de la Thaïlande. La structure tarifaire deviendra aussi plus souple. « Il s’agira de repenser notre produit pour offrir une expérience de haute qualité mais à un coût moindre qu’aujourd’hui. En découplant les tarifs, les clients peuvent accéder à une tarification moins chère. Tout en ajoutant des achats annexes (choix de siège, bagages)« , a expliqué le président en exercice.
La révision du réseau semble acquise avec probablement une concentration des lignes sur les faisceaux les plus rentables. Une vingtaine de destinations pourraient ainsi disparaître. La vente en ligne, négligée dans le passé, deviendra le moteur de la reconquête de Thai face aux passagers.
Surtout, Thai Airways va tenter d’introduire une nouvelle culture de travail qui l’éloignera du népotisme dans lequel elle a baigné depuis des années. Ce qui s’est souvent traduit par l’attribution de postes à responsabilité à des personnes de peu de compétences. Le transporteur mettra ainsi en place un nouvel ensemble d’indicateurs clés de performance (KPI) et des mesures de gouvernance fondée sur des pratiques dans le secteur privé à l’international.
Thai Airways a confirmé les noms de Piyasvasti Amranand et Chakkrit Parapuntakul, nommés par le tribunal comme administrateurs du plan. Le premier avait laissé le souvenir d’un président de compagnie très dur mais aussi très compétent il y a 10 ans.
Thai opère actuellement quelques vols de ligne « charterisés » vers une poignée de destinations internationales. Ce qui comprend notamment Copenhague, Francfort, Londres, Sydney, Tokyo, Osaka, Séoul, Taipei et Hong Kong.
Thai Airways vient par ailleurs d’annoncer qu’elle opérera prochainement deux vols spéciaux sur Paris-Bangkok. Le premier aura lieu le 25 mars prochain, le second le 17 avril. La compagnie propose des tarifs spéciaux sur ces vols. Soit 495 euros l’aller simple en éco et 1 840 euros l’aller simple en affaires.