Hôtellerie du futur : Hilton se projette en 2119

Chambres et services high-tech, menus à base d'insectes, bâtiments adaptés au changement climatique : Hilton se projette dans l'hôtellerie du siècle prochain, en 2119.

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Hilton envisage l'hôtellerie en 2119.

Hilton n’en est pas à son premier coup d’essai futuriste. A la fin des années 60 déjà, Barron Hilton, son président à l’époque, ambitionnait d’ouvrir un hôtel sur la lune. S’il n’est pas question d’annonce de Lunar Hilton cette fois-ci, le groupe américain s’est encore une fois projeté dans le futur pour fêter le centenaire de l’ouverture du Mobley Hotel à Cisco au Texas, premier de la galaxie fondée par Conrad Hilton. En compagnie d’experts dans les domaines du développement durable, de l’innovation, du design, des relations humaines et de la nutrition, Hilton envisage ce que pourrait être l’hôtellerie en 2119, dans un esprit très Black Mirror, la série d’anticipation à succès.

L’expérience et la personnalisation, déjà sur toutes les lèvres aujourd’hui, seront encore et toujours la clé du succès. “En 2119, nous serons toujours à la recherche d’expériences uniques, mais elles seront plus personnalisées que jamais, imagine le futurologue Gerd Leonhard. Dans cent ans, les hôtels devront créer des occasions de converser, de collaborer et de se connecter, mais devront aussi offrir des moments qui comptent pour chacun de ses clients.” Ainsi, chaque espace, aménagement ou ameublement devront répondre aux attentes du voyageur. De la température et de l’éclairage au divertissement et au-delà, des micropuces placées sous la peau pourraient permettre de contrôler son environnement en temps réel.

En 2119, les voyageurs n’auront plus besoin de se déplacer avec de lourdes valises grâce à des garde-robes virtuelles proposant un choix illimité de vêtements aux voyageurs. Dans ce monde dopé à l’intelligence artificielle, le contact humain et la touche personnelle seront plus recherchés que jamais, selon l’étude. La technologie permettra au personnel de l’hôtel de se concentrer sur les désirs des clients, le tout fondé sur une foule de données sur leurs préférences. Mais elle favorisera aussi les liens personnels et familiaux. Un voyageur d’affaires pourrait par exemple voir son espace se transformer pour devenir sa propre chambre, comme à la maison, sa famille apparaissant en hologramme d’un simple coup de fil.

La façon de se nourrir ou de produire de l’énergie aura aussi largement évolué pour répondre aux problèmes posés par le changement climatique. “L’approvisionnement alimentaire, des ressources limitées et la durabilité seront les plus grands défis à relever par l’hôtellerie dans cent ans”, estime Emma Banks, vice-présidente de la stratégie F&B EMEA de Hilton. Il sera probablement possible d’installer des hôtels dans des lieux aujourd’hui inatteignables, que ce soit au fin fond de la jungle ou tout en haut des montagnes, avec des hôtels totalement intégrés à leur environnement, par exemple en tenue de camouflage pour ne pas perturber les écosystèmes.

La durabilité sera prise en compte dans tous les aspects de la conception d’un hôtel, des dômes à l’épreuve des intempéries aux bâtiments faits de plastique dragué par l’océan. Dotés de systèmes de prévisions climatiques puissants, les bâtiments s’adapteront, ou mieux, utiliseront les forces hostiles de la nature à leur profit. En cas d’inondations, ils pourront soit s’arrimer plus fermement au sol, soit être surélevés pour laisser passer les flots. Construits en matériaux ultra solides comme le graphène, les hôtels pourraient absorber l’impact de gigantesques grêlons et convertir cette énergie pour approvisionner l’établissement.

Côté restauration, Hilton envisage le pire ou le meilleur, selon les points de vue. Oubliées les côtes de bœuf et côtes d’agneau juteuses, place à la tarte au plancton, au gâteau velouté aux algues vertes et aux spaghettis bolognaises aux scarabées ! Notre régime alimentaire jouera à la fois sur des produits issus de la terre et des protéines tirées des insectes. Avec, en guise de fats food, des pilules aux goûts sucrés ou salés. Oublié aussi le room service tel qu’on le connaît : les repas seront conçus par des imprimantes 3D avec des menus concoctés par des chefs selon les données biométriques des clients, leurs préférences et leurs besoins nutritionnels.

Naturellement, l’exercice physique sera encore plus d’actualité qu’aujourd’hui, avec des entraîneurs personnels holographiques. La technologie permettrait de varier les plaisirs d’entraînement, par exemple en se mesurant à une tortue de mer virtuelle sur 100 m en piscine ou en escaladant la face numérique de l’Everest. De plus, l’énergie ainsi générée ne serait pas uniquement profitable à la santé du voyageur, puisqu’elle pourrait utilisée pour alimenter l’hôtel. Des récompenses en fonction de l’atteinte des objectifs d’entraînement pourraient venir saluer touts ces efforts. Hâte d’y être ?

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En 2119, des menus à base d’insectes.