
La pandémie plombe les finances de tous les secteurs du voyage, malmenés par les fermetures de frontières et l’absence de voyageurs internationaux. Plusieurs acteurs d’importance du voyage d’affaires – Eurostar dans le monde ferroviaire, La Compagnie côté aérien et Hertz pour la location de voitures – ont récemment trouvé des solutions pour remettre à plat leurs finances, faire face à leurs obligations et entrevoir la reprise sous de meilleurs auspices.
Ainsi Eurostar a-t-il annoncé la conclusion d’un accord de refinancement avec ses actionnaires et partenaires bancaires s’élevant à...
La pandémie plombe les finances de tous les secteurs du voyage, malmenés par les fermetures de frontières et l’absence de voyageurs internationaux. Plusieurs acteurs d’importance du voyage d’affaires – Eurostar dans le monde ferroviaire, La Compagnie côté aérien et Hertz pour la location de voitures – ont récemment trouvé des solutions pour remettre à plat leurs finances, faire face à leurs obligations et entrevoir la reprise sous de meilleurs auspices.
Ainsi Eurostar a-t-il annoncé la conclusion d’un accord de refinancement avec ses actionnaires et partenaires bancaires s’élevant à 250 millions de livres sterling, soit plus de 290 millions d’euros. Et cela sous forme de capitaux propres et de nouveaux prêts bancaires garantis par ses actionnaires, au rang desquels la SNCF – qui détient la moitié des actions d’Eurostar -, le consortium Patina Rail ainsi que l’entreprise ferroviaire belge SNCB. Ce soutien est évidemment destiné à pérenniser les lignes ferroviaires transmanches, alors qu’Eurostar remontera son offre dès le 27 mai à deux allers-retours quotidiens sur la ligne Londres-Paris, puis avec un troisième service à partir de fin juin.
« L’engagement financier fort des actionnaires avec les banques est le facteur-clé qui nous permettra, dans l’immédiat, de remonter l’activité au fur et à mesure des améliorations attendues dans la maîtrise de la pandémie« , s’est satisfait Jacques Damas, directeur général d’Eurostar. “SNCF Voyageurs se félicite de ce refinancement, qui est une étape majeure pour assurer la pérennité d’Eurostar et des voyages entre le continent et la Grande-Bretagne« , a déclaré de son côté Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs. Tout en sécurisant les finances de la compagnie, ce refinancement devrait aussi remettre sur de bons rails le rapprochement d’Eurostar avec Thalys et leur réunion en une société européenne unifiée de TGV, dans le cadre du projet Green Speed annoncé en 2019.
Autre acteur du voyage récemment soulagé, cette fois par l’obtention d’un Prêt Garanti par l’État, La Compagnie entend reprendre ses vols 100% classe affaires Paris-New York, une ligne interrompue depuis le printemps 2020. Un premier Prêt Garanti par l’État de 10 millions d’euros avait déjà été obtenu en juin 2020. Mais la prolongation de la fermeture des frontières internationales n’avait pas permis la reprise des vols comme espéré, d’où un besoin de nouvelles liquidités. Et cela, même si, entre temps, La Compagnie a cherché à diversifier son activité pour trouver d’autres sources de revenus, notamment en opérant des vols charter dans le monde entier depuis mi-2020.
C’est désormais chose faite, puisque La Compagnie s’est vue octroyer un nouveau PEG de 10 millions d’euros, le tout s’ajoutant à un nouvel apport en capital de la part de ses actionnaires. « L’obtention de ce second Prêt Garanti par l’État est un gage de reprise pour La Compagnie. (…) Nous sommes désormais dans la dernière ligne droite de la préparation à la reprise et avons hâte d’offrir à nos clients le meilleur de la classe affaires« , a déclaré Christian Vernet, président de La Compagnie. Cette activité devrait reprendre de façon régulière courant juin 2021 entre Paris et New York et début juillet 2021 entre Nice et New York, le programme de vols étant encore en suspens dans l’attente de la confirmation des annonces gouvernementales sur la réouverture des frontières internationales.
Du côté de la location de voitures, l’absence de voyageurs internationaux a là aussi mis à mal les finances des loueurs, poussant la plupart au bord de la faillite. En fin d’année dernière, Europcar avait par exemple dû être placé en procédure de sauvegarde, avant d’être restructuré en début d’année. Mêmes causes, mêmes effets pour Hertz, qui s’était mis dès mai 2020 sous la protection du Chapitre 11 aux Etats-Unis, faute de trouver les 400 millions de dollars nécessaires au financement de sa flotte. Un processus de vente s’est alors engagé et qui vient là aussi de trouver une fin avec la reprise du loueur par les fonds d’investissement américains Knightshead et Certares qui recapitaliseront Hertz à hauteur de près de six milliards de dollars. Déjà actionnaire d’Amex GBT et du groupe Marietton, propriétaire de Selectour et d’Havas Voyages, Certares renforce ainsi sa place dans le monde du voyage d’affaires.

















