C’est l’un des plus incroyables développements dans l’histoire du monde au cours des deux dernières décennies. Il aura fallu 15 ans à la Chine pour connecter pratiquement les moindres recoins de son immense territoire à un réseau de trains à grande vitesse. Exception faite de l’ouest du pays, où l’Himalaya forme une barrière naturelle. Une belle revanche sur le Japon, qui, dans le monde, était alors le modèle de la grande vitesse avec son réseau de trains Shinkansen.
Le réseau ne comprenait, en 2008, qu’une unique ligne à grande vitesse, celle reliant Pékin à Tianjin et mise en service à l’occasion des J.O. pour un trajet de 131 km parcouru...
C’est l’un des plus incroyables développements dans l’histoire du monde au cours des deux dernières décennies. Il aura fallu 15 ans à la Chine pour connecter pratiquement les moindres recoins de son immense territoire à un réseau de trains à grande vitesse. Exception faite de l’ouest du pays, où l’Himalaya forme une barrière naturelle. Une belle revanche sur le Japon, qui, dans le monde, était alors le modèle de la grande vitesse avec son réseau de trains Shinkansen.
Le réseau ne comprenait, en 2008, qu’une unique ligne à grande vitesse, celle reliant Pékin à Tianjin et mise en service à l’occasion des J.O. pour un trajet de 131 km parcouru en 30 minutes. En 2020, le réseau s’étend sur plus de 37 000 km et permet de relier d’une traite Hong Kong à Pékin ou à Shanghai, mais aussi Urumqi à Xian ou encore Chengdu à Pékin.
De 127 millions de voyageurs en 2008, le pays a recensé, selon les chiffres officiels, près de 2,3 milliards de voyageurs en 2019. Quelque 4 000 convois de trains sillonnent ainsi chaque jour le pays sur 177 lignes. Le train le plus rapide est celui qui assure la liaison entre Shanghai et Pékin, roulant à une vitesse moyenne de 317 km/h avec des pointes à 350 km/h. Les deux villes sont ainsi à 4h15 l’une de l’autre, pour une distance de 1 300 km.
70 000 lignes TGV en 2035 en Chine
Selon l’UIC, le pays construit actuellement près de 15 000 km de lignes supplémentaires, soit 80 axes nouveaux. Le pays continue de planifier sur le plus long terme pas loin de 13 000 km de lignes supplémentaires, la Chine ayant pour objectif 70 000 km de voies ferroviaires à grande vitesse à l’horizon 2035.
Sa maîtrise technologique permet aujourd’hui au pays de vendre son savoir-faire au reste de la planète. Elle vient par exemple d’achever la construction de la ligne vers le Laos, étendant par là même son réseau ferroviaire vers les pays de l’association du sud-est asiatique (ASEAN). Pékin est d’ailleurs impliqué dans la construction du TGV entre Bangkok et le nord-est de la Thaïlande, en prolongation de ce premier train à grande vitesse au Laos.
Le savoir-faire chinois s’exporte aussi dans le reste du monde. Indonésie, Iran, Mexique, Panama, Turquie ont bénéficié ou bénéficient des largesses de la politique du gouvernement chinois dans le cadre des « Nouvelles Routes de la Soie ».
En Europe, la Chine s’investit dans une future ligne Budapest-Belgrade. Les gouvernements nationalistes de Hongrie comme de Serbie ont trouvé là, de fait, un allié économique puissant. La Chine est aussi impliquée dans la construction d’une future ligne à grande vitesse entre Moscou et Kazan en Russie. Ce qui représente un investissement total dans le monde de 143 milliards de dollars, selon des calculs du quotidien Financial Times datant de 2017.