Amsterdam Schiphol entre plus d’interdictions et levées de restrictions

Amsterdam Schiphol, l'un des plus importants aéroports européens et un élément majeur du duo Air France-KLM est toujours au cœur de polémiques sur son futur fonctionnement...
Amsterdam
L'aéroport de Amsterdam Schiphol peine à sortir de la zone de turbulences (Photo LC)

Il ne se passe pas une semaine sans que l’aéroport d’Amsterdam ne fasse désormais la une. Cette fois-ci, c’est la présentation d’un nouveau plan de réduction de l’activité par l’autorité aéroportuaire Royal Schiphol Group et un jugement d’un tribunal néerlandais qui ont remis un coup de projecteur sur le hub d’Air France-KLM.

Le 3 avril, le Royal Schiphol Group a annoncé comment l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol peut devenir plus efficace, plus silencieux et plus respectueux de l’environnement. Sans pour autant réduire son rôle essentiel de hub et de plaque-tournante pour les Pays-Bas et l’Europe.

Amsterdam Schiphol : un adieu aux vols de nuit et aux jets privés

Plusieurs mesures vont ainsi être introduites pour limiter les émissions de CO2 et le bruit. Ces mesures s’appliqueraient au plus tard en 2025-2026.

Schiphol souhaite fermer la plate-forme aux activités nocturnes. Aucun avion ne décollerait plus entre minuit et 06h00. Il n’y aura pas plus d’atterrissages entre minuit et 05h00. Une telle mesure représente une baisse de 10 000 vols par an. Le Royal Schiphol Group veut aussi limiter le nombre de décollages et d’atterrissages en fin de soirée ou en début de matinée.

Amsterdam Schiphol veut également interdire les jets privés, à l’origine d’une quantité disproportionnée de nuisances sonores et d’émissions de CO2 par passager. L’aéroport estime qu’environ 30% à 50 % de ces vols en jet privé n’ont pas de justification économique ou sociale. Les vols de l’aviation générale représentait 6% du total des 422 000 mouvements d’avions enregistrés en 2022.

Schiphol adoptera aussi une approche plus stricte à l’égard des avions les plus bruyants en renforçant les normes existantes. Enfin, la construction d’une nouvelle piste pour la plate-forme va être abandonnée.

Ce catalogue de mesures se traduirait par une diminution de 16% du nombre de personnes subissant des nuisances sonores. Quant au nombre de résidents locaux subissant des troubles du sommeil, il diminuerait d’environ 13 000 (54 %).

KLM a déjà réagi à ses nouvelles mesures que souhaite adopter l’aéroport. L’entreprise se déclare « étonnée que Schiphol présente unilatéralement des propositions. Elles auront des conséquences considérables pour les compagnies aériennes, sans impliquer les acteurs du secteur dans ce processus. Ce n’est qu’au travers d’une approche collaborative et sectorielle que l’industrie de l’aviation pourra atteindre un équilibre entre son activité et le climat. »

Schéma des mesures de réduction de vols que souhaite adopter les autorités d’Amsterdam Schiphol.

Levée de la réduction autoritaire des mouvements par un tribunal

Si on assiste de nouveau à un branle-bas de combat sur les nouvelles mesures proposées par l’aéroport, une décision positive a été prise en faveur des compagnies aériennes par un tribunal néerlandais.

Ce dernier a tranché en faveur de IATA et d’une dizaine de compagnies aériennes. Elles avaient déposé un recours juridique sur une réduction autoritaire du nombre de vols à Schiphol à partir du 1er novembre 2023.

Le gouvernement avait en effet annoncé une « réglementation expérimentale » réduisant les mouvements de 500 000 à 460 000 à cette date. Avant de passer à un nouveau seuil de 440 000 vols de façon autoritaire.

Willie Walsh, directeur général de IATA, s’est ainsi « félicité de la décision du juge. Dans cette affaire, il s’agissait de faire respecter la loi et les obligations internationales. Le juge a compris que le gouvernement néerlandais avait violé ses obligations. Il a court-circuité les procédures qui auraient permis d’examiner sa volonté de réduire le nombre de vols à Schiphol. Cette décision apporte une stabilité vitale pour cette année aux compagnies aériennes utilisant Schiphol. Et elle maintient le choix et la connectivité auxquels les passagers sont attachés« .

IATA et les compagnies aériennes estiment que la règle d’ « Approche Equilibrée » prônée par l’Union Européenne est la procédure correcte pour gérer les incidences du bruit en concertation avec tous les acteurs concernés.