« Aspirer à une aviation d’affaires plus vertueuse » : Roch Artheau, Artheau Aviation

Artheau Aviation est une société privée de courtage et conseil en affrètement aéronautique. L'entreprise propose aussi bien la location de jets privés que d'avions commerciaux pour des opérations plus importantes comme l'affrètement d'un groupe pour un congrès ou des activités MICE. Avec la volonté de minimiser l'impact sur l'environnement comme le décrit Roch Artheau, l'un des deux gestionnaires d'Artheau Aviation.
Roch Artheau (Photo: LC)

Comment jugez-vous la polémique autour de l’aviation d’affaires qui a marqué 2023 ?

Roch Artheau – Au risque de surprendre, je juge que l’effet « bashing » sur l’aviation d’affaires, a un effet positif. Car elle nous force à réagir, à être encore plus agile, à nous métamorphoser et à proposer des solutions qui soient réellement durables avec des résultats tangibles. Chez Artheau Aviation, on s’engage très sérieusement sur la décarbonation.

De quelle manière ?

Roch Artheau – Nous avons fait une formation avec Carbone 4, un cabinet de consultants qui nous a aidé à identifier et analyser nos activités pour trouver des solutions de réduction de notre impact environnemental. Ils nous ont ainsi aidé à mettre en place un outil interne de calcul du CO2 dans nos activités. Ce qui était important pour nous, c’était de comprendre où on en était dans notre démarche environnementale et si l’on était pas « hors sujet » dans notre démarche. Nous avons compris que lorsque nous avons des demandes de clientèle pour un voyage en jet privé, nous devions proposer des solutions et du conseil. Conseil sur la nécessité de tel ou tel voyage mais aussi mettre en place des solutions de neutralisation carbone qui ne soient pas simplement du « green-washing« .

Comment convaincre en 2024 que l’aviation privée n’est pas antinomique à la lutte contre le réchauffement climatique?

Roch Artheau – On explique à nos clients que dans tout type d’opération, on peut neutraliser l’impact écologique dans la consommation du carburant. Notamment avec l’utilisation de carburants durables (SAF). C’est le vrai sujet qui nous préoccupe désormais. On veut intégrer dans notre offre la possibilité d’utiliser du SAF. Comme par exemple, avoir un tiers de carburant durable. Dans l’avenir, je suis sûr que nous aurons des vols effectués avec 100% de SAF. Le choix revient bien évidemment au client. Mais nous avons une démarché pédagogique pour expliquer les avantages d’être le plus neutre possible dans une opération.

Quelles autres solutions de conseil apportez vous pour réduire l’empreinte carbone d’Artheau Aviation?

Roch Artheau – On propose deux à trois solutions de transport pour nos clients. Nous les conseillons par exemple sur le type d’avion à utiliser lors de leur déplacement. On recommande par exemple l’usage d’avions turbopropulseurs [ndlr: avions à hélices] plutôt que les habituels turboréacteurs à double flux. Un turbopropulseur peut ainsi aider à réduire par 2 ou 3 l’impact climatique d’un vol car les avions volent à plus basse altitude et ne produisent donc quasiment pas de traînées de condensation, réduisant ainsi l’effet de serre. On recommande aussi d’utiliser les vols « empty legs », ces vols à vide lorsqu’un jet privé réservé retourne à sa base. Il permet ainsi de maximiser l’usage de l’avion tout en proposant un tarif préférentiel. Notre rôle est ainsi d’aspirer à une aviation d’affaires plus vertueuse : choix de l’avion, choix d’utilisation de SAF ou non, choix de l’itinéraire. C’est ce qui assurera l’avenir de notre secteur.