
C’en est fini d’un feuilleton qui agitait l’hôtellerie américaine depuis près d’une année. Lancé dans une OPA hostile de son concurrent Wyndham, Choice Hotels vient de jeter les gants à l’expiration de son offre d’échange d’actions non sollicitée. Ce dont n’a pas manqué de se réjouir le PDG de Wyndham, Geoff Ballotti : « Nous souhaitons remercier nos actionnaires et nos franchisés pour leur soutien continu, ainsi que les membres de notre équipe pour leur dévouement et leur concentration tout au long de ce processus« .
Les discussions entre les deux parties avaient débuté en avril 2023, de manière semble-t-il courtoise au départ, avant que la situation ne se tende à partir d’octobre, le conseil d’administration de Wyndham rejetant une offre – de près de 8 milliards de dollars – jugée comme « décevante« . Depuis lors, Wyndham n’avait pas ménagé ses efforts pour éviter cette issue, invitant ses actionnaires à éviter de faire « the wrong choice ». De son côté, Patrick Pacious, le PDG de Choice Hotels, se disait convaincu qu’un tel rapprochement était « dans l’intérêt de tous » et aurait pour effet l’accélération de la croissance organique de Choice et de Wyndham sur le long terme.
Début 2024, après avoir encore élevé son offre, Choice Hotels avait décidé de poursuivre son offensive, entendant proposer lors de la prochaine assemblée générale du groupe la nomination de « huit administrateurs indépendants et hautement qualifiés« , évidemment favorables à la fusion. Dernier coup de bec, chant du cygne ? Cette solution n’a pas visiblement pas convaincu la majorité, « bien que le soutien apporté par les actionnaires de Wyndham à l’offre d’échange ait été significatif compte tenu du nombre d’investisseurs structurellement empêchés de participer à ce stade« , a souligné Choice Hotels dans sa communication actant le retrait de sa proposition.
Une telle fusion entre deux poids lourds de l’hôtellerie – les deux plus grands franchiseurs au monde – aurait donné naissance à un groupe de taille sensiblement équivalente à l’actuel leader mondial Marriott. Comptant près de 875 000 chambres pour Wyndham et plus de 625 000 du côté de Choice, le tout aurait donnée un ensemble de de 1,5 million de chambres dans le monde, aux Etats-Unis en grande majorité. Avec entre autres intérêts pour Choice, celui d’étendre son empreinte à l’internationale, moins importante que celle de son concurrent.
Les deux parties vont désormais continuer à suivre leur route chacun de leur côté, Choice concentré sur son devenir de façon autonome, tandis que Wyndham se plaît à pouvoir se remettre à l’exécution de son plan stratégique « sans les distractions inutiles liées à cette situation et à la perturbation de nos activités « .




















