
Choice Hotels ne faisait pas mystère de son envie de mettre la main sur le groupe Wyndham. Une fusion entre les deux plus grands franchiseurs mondiaux qui pourrait donner naissance à un ensemble d’une taille quasi équivalente à celle de Marriott, le premier groupe mondial actuel avec plus d’1,5 million de chambres. Depuis six mois, les discussions entre les deux parties avaient été engagées. Mais déjà en mai dernier, le Wall Street Journal, qui avait dévoilé l’information, n’excluait pas une stratégie plus agressive si la direction de Wyndham n’acceptait pas cette proposition de rapprochement. Une intuition qui était la bonne puisque Choice Hotels s’est lancé dans une OPA hostile pour acquérir son concurrent.
Le groupe américain vient d’annoncer une proposition de rachat de toutes les actions Wyndham au prix de 90 $, soit une prime de 26 % sur le cours des trente derniers jours et de 11 % sur le plus haut des douze derniers mois. Une opération qui est estimée à 7,8 milliards de dollars. « Il y a quelques semaines, Choice et Wyndham se trouvaient dans une fourchette de prix et de contreparties négociable, a déclaré Patrick Pacious, PDG de Choice Hotels. Nous avons donc été surpris et déçus que Wyndham décide de se désengager« .
De 80 $ par action initialement, l’offre de Choice était progressivement montée au cours des drnières semaines pour aboutir à 90 $, 55% en cash et 45% en parts de Choice. Une proposition vue comme « décevante, très conditionnelle et sujette à d’importants risques commerciaux, réglementaires et d’exécution » par Stephen P. Holmes, le président du conseil d’administration de Wyndham. « Choice n’a pas voulu ou n’a pas pu répondre à nos préoccupations« , a-t-il déclaré, parmi lesquelles, une estimation au plus haut de la valeur des actions Choice et une offre qui sous-évalue le potentiel de croissance future de Wyndham.
A l’inverse, Patrick Pacious se dit convaincu que « ce rapprochement accélérera considérablement la stratégie de croissance organique à long terme de Choice et de Wyndham, dans l’intérêt de tous« . Les hôteliers franchisés y trouveraient notamment des coûts d’opération réduits tout en touchant une plus large base de clientèle. Les deux programmes de fidélité combinés s’élève en effet à 160 millions de membres. Soit, là aussi, un total proche de celui de Marriott Bonvoy et de ses 177 millions de membres à fin 2022.
Enfin, les voyageurs habitués à fréquenter les établissements de ces groupes auraient à leur disposition une offre d’hôtels plus large, en particulier aux Etats-Unis où ces deux acteurs représentent près la moitié des hôtels économiques et milieu de gamme. Avec une large majorité d’hôtels implantés outre-Atlantique mais aussi une croissance accélérée à l’international, Wyndham dispose de 24 marques dont Ramada, Days Inn, Dolce, ECHOSuites et naturellement Wyndham et Wyndham Grand. De son côté, Choice peut compter sur 22 marques, dont Comfort, Clarion et Quality, autant d’enseignes dont l’offre en Europe est en cours de rafraîchissement (voir encadré). A noter que Choice avait récemment renforcer son offre milieu et haut de gamme en reprenant les activités de Radisson sur le continent américain, contre 675 millions de dollars. Visiblement, le groupe ne compte pas s’en arrêter là de ces emplettes.




















