Guide Michelin : après les étoiles, les Clefs

Après les meilleures tables, les meilleurs hôtels : le Guide Michelin vient de dévoiler les 189 établissements français distingués d'une à trois Clefs.
Le Guide Michelin vient de dévoiler sa sélection des 189 meilleurs hôtels en France, récompensés d'une, deux ou trois Clefs.
Le Guide Michelin vient de dévoiler sa sélection des 189 meilleurs hôtels en France, récompensés d'une, deux ou trois Clefs.

Les étoiles étaient déjà prises pour les restaurants – comme, d’ailleurs, par la classification hôtelière. Ce seront donc les Clefs ; une, deux ou trois Clefs, pour la crème de la crème. Célèbre pour ses récompenses de référence des meilleures tables dans le monde, le Guide Michelin étend son savoir-faire à l’hospitalité. Après avoir commencé à proposer une sélection de 6000 hôtels dans le monde sur son site et son appli en octobre dernier, le célèbre guide rouge vient de dévoiler les meilleurs d’entre eux, en France dans un premier temps.

Ce premier palmarès récompense 189 établissements au total, 127 hôtels avec une Clef, 38 établissements pouvant s’enorgueillir de deux Clefs, tandis que les 24 meilleures adresses obtiennent trois Clefs. Des hôtels tous extraordinaires, de vraies destinations en soi, tandis que les deux clefs reconnaissent des lieux exceptionnels par leur design, leur valeur patrimoniale et leur architecture et les « une Clef », des établissements de caractère, à la forte personnalité.

« Ces distinctions sont le fruit du travail de sélection de nos équipes d’inspecteurs sur le terrain, à la recherche des meilleures adresses, et non de la validation d’un inventaire de services et de standards hôteliers, explique Gwendal Poullennec, directeur international du Guide Michelin. Notre approche est vraiment indépendante, affranchie des marques hôtelières, des réseaux et labels ou des classements administratifs officiels. Ainsi, un établissement classé palace n’aura pas forcément trois Clefs pour nous« .

Gwendal Poullennec, directeur international du Guide Michelin, a annoncé les premiers hôtels distingués.

Certains d’entre eux ne font d’ailleurs pas même pas partie des 189 heureux élus – les Park Hyatt et Mandarin Oriental à Paris par exemple ou le Barrière à Courchevel ne figurent pas au palmarès -, tandis que des maisons intimes se voient récompensées d’une Clef comme le Domaine de Murtoli en Corse, axé sur l’agritourisme, ou le Chateau et Village Castigno près de Montpellier, organisé autour d’un village revisité au beau milieu des vignes.

En accord avec l’idée d’une sélection aidant les voyageurs à préparer leurs séjours loisirs à dominante gastronomique, les distinctions annoncées font la part belle à l’hôtellerie de charme indépendante, nichée dans les plus beaux paysages, plutôt qu’aux grands noms du voyage d’affaires. A l’exception de Paris, rares sont les établissements que les voyageurs à la recherche d’excellence lors de leurs déplacements professionnels pourront trouver sur leur route dans les grandes villes de province, hormis les Crayères à Reims (3 Clefs), le Negresco à Nice (2 Clefs), les Villa Florentine et Villa Maïa à Lyon, le Clarance à Lille, les Haras à Strasbourg, ou encore l’InterContinental Grand Hôtel à Bordeaux, tous ayant obtenu une Clef.

Quant à la capitale, ce premier palmarès a reconnu près d’une quarantaine d’hôtels allant des boutique hôtels intimistes comme Le Ballu, Les Bains ou Maison Delano aux grands noms de l’hôtellerie parisienne. La Réserve, Saint James, Four Seasons George V, Cheval Blanc, Ritz, Bristol, Meurice, Plaza Athénée : toutes ces stars de l’hospitalité ont obtenu les 3 Clefs, de même que l’hôtel-club privé Maison Villeroy et ses 11 appartements ultra chics complétés par un restaurant conduit par le chef étoilé Sébastien Sanjou.

Pour autant, si les récompenses du guide Michelin sortent des sentiers battus par les road warriors du voyage d’affaires, elles seront en revanche une source d’inspiration des plus utiles pour les organisateurs d’événements à la recherche de lieux au caractère affirmé. Une large part des hôtels intégrés au palmarès offrent en effet leur cadre authentique et personnalisé à des séminaires au grand vert ou de comités de direction d’exception. Baumanière, les Prés d’Eugénie, Pic, Georges Blanc : les grandes maisons étoilées savent aussi lier grande cuisine et réflexions de haute volée.

La France pour commencer, les Etats-Unis, l’Espagne et l’Italie dans quelques semaines, le Japon au début de l’été : la révélation des meilleurs adresses hôtelières du Guide Michelin va se poursuivre prochainement pays par pays, mais sur une même base lisible et homogène. Car ces distinctions viennent compléter une stratégie digitale où l’hôtellerie est venue s’ajouter à la restauration. « Avant, après avoir réservé sa table, un voyageur gastronome pouvait passer des heures à chercher sur plus de dix plates-formes différentes pour organiser son hébergement, remarque Gwendal Poullennec. Avec cette sélection d’hôtels, le Guide Michelin s’impose comme le compagnon de confiance des voyageurs, de l’inspiration en amont jusqu’au retour d’expérience, en passant par la réservation« .

Pour les hôteliers, ces réservations se traduisent par une commission « dans les standards du marché« , assure le directeur international du Guide Michelin.  « Par contre, poursuit-il, ce qui nous distingue d’autres plateformes d’e-commerce, c’est notre sélection éditoriale indépendante. Les inspecteurs n’ont aucun lien avec les hôtels, les hôteliers peuvent choisir ou non d’activer la fonctionnalité de réservation en ligne. Il n’y a pas non plus de biais d’affichage en fonction des pourcentages de commissions versées ou d’incitation à la réservation« . Le souci de l’indépendance.