
C’est le 21 mai prochain que Renfe commencera à faire rouler une dizaine de ses nouveaux trains AVE S-106. Des trains à grande vitesse conçus par le constructeur ibérique Talgo dont la compagnie ferroviaire espagnole entend en faire le fer de lance de sa croissance cette année. Tout d’abord, parce qu’ils permettront de lancer des liaisons à grande vitesse en Asturies en abaissant les temps de parcours sur cet axe, mais aussi de desservir de nouvelles villes en Galice, entre autres Vigo, Pontevedra, Vilagarcia, Santiago et La Corogne avec, là aussi, une baisse de la durée des trajets jusqu’à 18 minutes.
Plus largement, ces trains de dernière génération permettront surtout d’augmenter l’offre de la compagnie sur l’ensemble de son réseau grâce à de ces rames plus capacitaires, comptant 12 voitures pour plus de 500 passagers. Un point crucial que la Renfe compte aussi utiliser pour accroître ses volumes en France et baisser le seuil de rentabilité sur ses lignes Paris-Lyon-Marseille et Paris-Barcelone. Fort d’un taux d’occupation moyen de 80%, la compagnie a annoncé avoir déjà vendu plus de 500 000 billets sur ses lignes France-Espagne lancées en juillet 2023.
L’objectif est désormais de quadrupler son offre en passant de 4 à 16 trains quotidiens grâce aux AVE S-106, d’amener ses trains jusqu’à la gare de Paris-Lyon – idéalement dès la période des Jeux olympiques ou sinon en septembre – et d’accroître « les connexions internationales et nationales sur le marché français« , précise la compagnie. Trois nouvelles gares pourraient être ajoutées aux dessertes actuelles : Lyon Perrache, Montpellier Sud et Nîmes Pont du Gard.

Un jeu de chaise musicale va donc s’opérer sur l’ensemble du réseau à grande vitesse à partir du 21 mai. Les trains d’anciennes générations (Alvia S-730, S-130 et S-121), remplacés par les nouveaux S-106, viendront de leur côté augmenter le nombre de dessertes sur les principaux corridors desservant les communautés d’Andalousie, d’Estrémadure, de Catalogne, d’Aragon, de Castille-et-Leon, de Castille-la-Mancha et Madrid. Dans la capitale, d’importants travaux sont en cours jusqu’à fin juillet en gare de Chamartin-Clara Campoamor afin de s’adapter à l’augmentation de trafic et l’accueil des AVE. Au global, la Renfe mise sur une hausse de l’offre en siège de 20 000 places hebdomadaires. Quatre trains Avlo, son offre low cost, seront également réaffecté afin d’augmenter certaines fréquences aux heures de pointe, et plus particulièrement dans le sud de l’Espagne.
Un meilleur confort et plus de services à bord
Engagé dans un renouvellement de son parc pour un montant de cinq milliards d’euros, la Renfe a commandé pas moins de 30 AVE S-106 avec l’ambition de disposer de « la flotte la plus moderne d’Europe« . Ces trains à grande vitesse offriront plus de confort aux passagers, un choix plus grand de places avec des configurations 2+2 en carré, 3+2 (voire 3+3 selon les visuels diffusés) ainsi que de nouveaux services avec l’équipement d’écrans tactiles pour tous les sièges, et une cafétéria.
Avec ces nouveaux standards de voyage, et davantage de fréquences pour son offre à bas coûts Avlo, la Renfe espère mieux résister à la percée effectuée par la SNCF sur le marché espagnol avec ses trains Ouigo. Le ministre des Transports espagnols Oscar Puente a récemment critiqué le transporteur français, l’accusant de pratiquer « une concurrence déloyale » en commercialisant ses billets à perte pour un déficit qui devrait atteindre les 40M€ sur l’année, provoquant au passage une guerre tarifaire globale et un plongeon des résultats de la Renfe. Fort de l’arrivée de ses AVE S-106, cette dernière entend bien rendre la monnaie de sa pièce à la SNCF sur le sol français.




















