
Il était le symbole d’une City de Londres triomphante, avec ses avions de petite taille reliant le quartier des Docklands à toute l’Europe. Ouvert en 1987, le London City Airport a connu son âge d’or dans les années 2000 et 2010. La plateforme bénéficiait de vols vers une trentaine de villes d’Europe ainsi que d’une liaison en Airbus A318 toute classe affaires de British Airways sur New York. En 2019, le trafic dépassait les 5 millions de passagers, séduits par la proximité de cette plateforme du cœur financier de la capitale britannique.
Mais depuis le Covid, l’aéroport a du mal à retrouver son souffle. Il est certes toujours relié à quelque 25 villes européennes. Mais son trafic reste de 35% inférieur à celui qu’il était avant 2020. L’an passé, le London City Airport a accueilli 3,4 millions de passagers. Il devrait retrouver un trafic de 4 millions cette année.
Selon une récente interview de la nouvelle Présidente de l’aéroport, Alison FitzGerald au quotidien Financial Times, la plateforme souffre de la baisse du trafic à la journée, les voyageurs d’affaires favorisant de plus en plus le « bleisure« . Ce qui se traduit par des déplacements plus longs. En conséquence, les avantages qu’offre le City Airport sont de moindre importance. « Il devient difficile de déterminer qui est un voyageur d’affaires. Nous constatons que les gens voyagent différemment », expliquait Alison FitzGerald au FT.
Le segment loisirs à la rescousse
L’aéroport cherche donc à attirer des voyageurs de loisirs, avec son ouverture vers des destinations plus vacances qu’affaires.
Sur la France et l’Europe francophone, le City Airport n’est plus guère relié qu’à Nice et Luxembourg. En vols saisonniers, il existe aussi des lignes sur Bergerac, Chambéry et Genève. La plateforme a également vu le lancement de vols vers les îles grecques, l’Algarve ou encore les Canaries. La Présidente de l’aéroport espère aussi faire revenir dans un avenir proche une liaison vers New York.
Malheureusement, le pari est loin d’être gagné. Une récente demande d’autoriser des vols le samedi après-midi (le trafic sur l’aéroport s’arrête à 12h30 ce jour là) vient d’être rejetée par l’aviation civile britannique. En revanche, le gouvernement a autorisé l’aéroport à porter sa capacité d’accueil de 6,5 à 9 millions de passagers. Les travaux devraient s’achever en 2031.
Le gouvernement permet également trois vols supplémentaires en tout début de matinée chaque jour de la semaine. Dans son masterplan de 2019, l’aéroport prévoyait un trafic total de plus de 11 millions de passagers à l’horizon 2035. Il est probable qu’il devra se montrer moins ambitieux.

















