
Les hôteliers sont tous ou presque à le constater, la tendance bleisure est devenue une réalité dans leurs établissements. Arriver plus tôt pour découvrir la ville, poursuivre un voyage d’affaires par un week-end loisirs, en famille quelquefois : la formule remporte les suffrages de nombreux collaborateurs selon une récente étude de SAP Concur, réalisée en partenariat avec Wakefield Research et à laquelle 600 travel managers et 3750 voyageurs d’affaires ont participé dans le monde entier en avril dernier.
D’après celles-ci, 22 % des employés refuseraient un voyage d’affaires s’ils ne pouvaient le prolonger pour un voyage personnel. Dans un autre ordre d’idée, pas si lointaine, les employés sont de plus en plus enclins à refuser des voyages d’affaires s’ils ne sont pas compatibles avec leur emploi du temps personnel. Et ce, bien qu’ils soient une large majorité (67%) à considérer que ces déplacements sont utiles à leur carrière. Ils sont également 24 % à décliner un séjour business s’ils ne peuvent pas procéder à quelques aménagements sortant du cadre de la politique de leur société.
Si les frontières se confondent de plus en plus entre loisirs et travail, les entreprises seraient-elles pourtant en train d’élever des barrières à ce phénomène ? « S’il peut sembler simple pour les employés de travailler de n’importe où ou de combiner vacances et voyages d’affaires, la réalité pour les entreprises est bien plus complexe« , souligne SAP Concur. Maîtrise de coûts, durabilité accrue des voyages : les priorités des travel managers ne sont pas toujours celles de leurs ouailles voyageuses.
Plus d’un quart (27%) des employés ont notamment noté une réduction des autorisations de travail à distance lors de leurs voyages personnels – une solution qui leur éviterait de prendre davantage de jours de congés – , tandis que 25 % citent une limitation des prolongations loisirs de leurs voyages d’affaires. En parallèle, 91 % des voyageurs d’affaires ont constaté un amenuisement de la flexibilité offerte dans le cadre de leurs déplacements. Si 35 % des travel managers se montrent accommodants aux demandes en matière de flexibilité de voyage, ils sont presque autant (32 %) à s’attacher principalement à réduire les coûts.
Dans ce cadre, les entreprises ont réajusté les options de confort pour leurs employés, refusant pas loin d’un tiers des demandes (28%) que ce soit pour passer la nuit sur place afin d’éviter de longues journées de voyage ou pour prendre un vol sans escale, mais plus cher. Les désirs de vols en classe affaires ou premium se voient aussi refusés dans un tiers de cas, les entreprises privilégiant également les transports publics plutôt que les taxis ou le covoiturage.
Au final, deux tiers des voyageurs d’affaires (67%) constatent que leur entreprise accorde une plus grande importance aux autorisations préalables au voyage, alors qu’elles n’étaient pas nécessaires auparavant. Ceci s’appliquant, pour plus d’un quart (27%) des cas, à tous les voyages. D’autant que les objectifs RSE des entreprises entrent aussi en ligne de compte. Recourir à des options de voyage durables est notamment une priorité pour 33 % des travel managers interrogés. Avec des tendances parfois contradictoires : si près de 30% des voyageurs estiment que leur société se concentre avant tout sur des voyages écoresponsables plus que sur la satisfaction de leurs attentes ou la réduction des coûts, ils sont quasiment autant à dire (27%) que leur entreprise limite les voyages plus durables, parce qu’ils sont plus chers.
Bleisure, réduction des coûts, durabilité : tiraillés entre les attentes parfois contraires de leurs voyageurs et de leur entreprise, les travel managers sont plus d’un tiers (36%) à s’accorder sur le fait que leur rôle deviendra plus difficile. Au cours de l’année à venir mais sans doute pour bien longtemps encore.

















