
C’était la première fois que Sofia accueillait une conférence internationale sur le transport aérien. Fruit du consultant aérien allemand DA! GmbH, Aviation-Event SOF 2024 a mis en exergue les ambitions de la capitale bulgare dans l’Europe aérienne. Des média européens ont pu ainsi découvrir ce que l’avenir réservait à l’aéroport de la capitale bulgare. Et ce que cela allait impliquer pour toute l’aviation des Balkans.

Depuis 2019, Sofia se trouve entre les mains du gestionnaire français d’aéroports Meridiam. Ce dernier a obtenu en 2019 une concession de 35 ans de la plateforme bulgare, en partenariat notamment avec l’aéroport de Munich. Meridiam a promis d’investir quelques 600 millions d’euros dans les infrastructures aéroportuaires.
Selon Jesus Caballero Pinto, PDG de l’aéroport, l’ambition de l’entreprise est de transformer Sofia en un hub régional pour toute la région des Balkans. « On ne veut pas se positionner comme un hub global. Déjà parce qu’il existe déjà de tels hubs dans la région comme Istanbul ou même Athènes. En revanche, nous sommes idéalement placés pour affirmer notre vocation de porte d’entrée des Balkans, sur une zone d’attraction qui s’étendrait de l’Europe de l’ouest au Proche/Moyen-Orient« , décrit-il.
Un aéroport en pleine croissance
En Europe centrale et orientale, l’aviation reste un facteur déterminant pour la mobilité des voyageurs, face à des infrastructures terrestres encore mal développées. L’aéroport de Sofia n’échappe pas à la règle. Il a bien surmonté les années Covid, enregistrant une forte reprise de son trafic.
L’an passé, l’aéroport a ainsi accueilli 7,2 millions de passagers, une hausse de plus de 20% comparé à 2022 et qui a permis à Sofia de dépasser son trafic d’avant Covid. L’aéroport est en bonne marche pour afficher un nouveau record passagers en 2024, avec un trafic qui devrait représenter 8,5 millions de passagers. Mais pour Jesus Caballero Pinto, l’objectif est d’accueillir à l’avenir 20 millions de passagers par an. Le consortium a ainsi lancé des travaux de développement, dont l’infrastructure la plus emblématique sera une toute nouvelle aérogare.
« L’investissement dans le terminal 3 de l’aéroport de Sofia, qui marque une étape importante, doit redéfinir les normes du secteur et les voyages en l’Europe de l’Est. Il améliorera l’expérience des passagers, renforcera l’efficacité opérationnelle et favorisera à la fois la croissance économique de la Bulgarie et la durabilité de l’aéroport« , décrit le PDG de l’aéroport.
La nouvelle aérogare, à la pointe de la technologie, engloutira à elle seule plus de 250 millions d’euros. D’une superficie de 65 000 mètres carrés, elle sera reliée au terminal 2 existant. Elle offrira une architecture transparente et contemporaine, inspirée notamment des paysages bulgares. Quatre niveaux de circulation des passagers seront créés, permettant notamment des correspondances efficaces pour les passagers en transit. « Nous avons une vocation à être véritablement une plaque-tournante du trafic aérien régional », explique encore Jesus Caballero Pinto.
Devenir un hub régional
Pour faciliter son rôle de porte d’entrée et de transit aérien, l’aéroport mise sur les technologies de pointe -en particulier le numérique. Le nouveau complexe formé des terminaux 2 et 3 offrira 52 comptoirs d’enregistrement ainsi que des kiosques en libre-service. Les contrôles de sécurité pourront traités jusqu’à 3 250 passagers par heure. En outre, la capacité de traitement des bagages atteindra 2 400 unités par heure.
Les nouveaux parcours et une zone commerciale de plus de 10 000 m2 devraient faire de Sofia un aéroport attirant pour les voyageurs dans la région. Selon l’autorité aéroportuaire, un taux de 10% de développement des activités de hub devrait ainsi générer une augmentation de 0,5 % du PIB de la Bulgarie.

L’aéroport est actuellement relié à une soixantaine de destinations en Europe, Afrique du Nord et Moyen-Orient. Il s’agit essentiellement de trafic de point-à-point. Il manque effectivement de nombreuses destinations à l’intérieur même de l’Europe des Balkans. Ainsi, hormis des vols sur Belgrade, il n’existe aucune ligne à destination des républiques issues de l’ex-Yougoslavie. On cherchera en vain des vols vers Tirana ou la Moldavie…
En revanche l’Europe francophone est relativement bien desservie. Hormis l’absence de vols vers Genève ou Luxembourg, Sofia est relié à Beauvais, Paris CDG, Lyon, Nice, Bruxelles et Bâle-Mulhouse. S’ajoutera au printemps prochain un nouveau vol quotidien sur Paris Orly, proposé par Easyjet.
Jesus Caballero Pinto est confiant que tous les atouts sont du côté de Sofia. « Nous avons les redevances aéroportuaires les plus basses de la région, voire d’Europe. C’est un argument clé pour attirer les compagnies aériennes« , souligne-t-il.
Les premiers coups de pioche lançant la transformation de Sofia en hub régional sont prévus en avril 2026. Avec une ouverture programmée en 2031…

















