
Commençons par ce que représente le trafic aérien à Londres. L’an passé, la capitale britannique a confirmé son leadership européen en nombre de passagers accueillis sur ses aéroports : 177,679 millions. Le seul aéroport d’Heathrow génère 47,18% de tous les passagers enregistrés sur les cinq plateformes aéroportuaires londoniennes. Son trafic a dépassé l’an dernier celui de l’avant-Covid, avec 83,835 millions de passagers.
Il est suivi par Gatwick avec 43,248 millions (24,34% de part de marché), Stansted avec 29,76 millions (16,74%), Luton avec 16,736 millions (9,42%) et le City Airport avec plus de 4,1 millions de passagers (2,32% de part de marché).
Une telle densité aéroportuaire est plébiscitée par les milieux d’affaires. Selon une enquête de la Chambre de commerce et d’industrie de Londres, quatre décideurs londoniens sur cinq reconnaissent que la connectivité aérienne est importante pour la compétitivité mondiale de Londres (83 %), le commerce international (82 %), l’économie londonienne dans son ensemble (82 %) et l’établissement et le maintien de relations commerciales internationales (79 %).
Les perspectives sont jugées très favorables dans l’évolution de la demande. Les aéroports londoniens se préparent donc à accueillir plus de 250 millions de passagers potentiels au cours de la prochaine décennie. Dont 140 millions pour le seul aéroport d’Heathrow.
Heathrow
Le gouvernement britannique a récemment annoncé soutenir la construction d’une troisième piste à Heathrow, un développement attendu impatiemment depuis des années par les compagnies aériennes. Et en particulier, British Airways.
Cette troisième piste est un véritable serpent de mer puisque les autorités en parlent depuis 2009. Des obstacles aussi bien politiques que légaux ont depuis cette date retardés toute prise de décision. Mais il semble que cette fois-ci soit la bonne.
D’autant que le gouvernement britannique a finalement écarté l’idée d’un tout nouvel aéroport sur l’estuaire de la Tamise, idée lancée en son temps par Boris Johnson. Le développement de la troisième piste à Heathrow apparait de fait comme une solution moins coûteuse. Elle vient d’avoir le soutien total du Chancelier de l’Echiquier britannique, Rachel Reeves. La troisième piste permettra de générer quelques 100 000 nouveaux emplois et contribuer à hauteur de 211 milliards de livres à l’économie britannique. La piste pourrait permettre à Heathrow d’accepter jusqu’à 720 000 mouvements d’avions par an. Contre 480 000 actuellement. Pour les passagers, la troisième piste se concrétisera par un nombre plus élevé de liaisons long-courriers. Soient 122 destinations contre 82 actuellement.
Outre cette piste supplémentaire, Heathrow travaille aussi à un projet de nouvelle aérogare ainsi que d’une gare intégrée pour des trains longue distance.
La troisième piste n’est cependant pas pour demain. Le gouvernement va en effet regarder toutes les propositions jusqu’à l’été avant de rendre ces conclusions. Le projet doit en effet tenir compte de considérations climatiques, environnementales et juridiques strictes. Et puis, on parlera du coût de l’investissement. Il y a quelques années, il se chiffrait à 14 milliards de livres. On peut parier qu’il devrait avoir augmenté…
Gatwick
L’aéroport du sud londonien rêve surtout de transférer sa piste nord, trop proche de la piste principale pour être utilisée. Aujourd’hui, la plateforme réussit une véritable performance : celle d’accueillir plus de 40 millions de passagers sur une unique piste recevant 55 mouvements par heure.
En déplaçant la piste de 12 mètres, le groupe Vinci, propriétaire de l’aéroport, estime que l’aéroport pourra accueillir 75 millions de passagers annuels à la fin de la décennie 2030. L’aéroport a repris les travaux d’expansion de sa jetée 6 au Terminal Nord. Elle va permettre l’accueil de 8 avions supplémentaires au contact, soit une capacité d’un million de passagers supplémentaires.
Sur le plus long-terme, Gatwick souhaite agrandir de 10 000 m² en moyenne la zone d’embarquement des aérogares Nord et Sud. Au gouvernement maintenant d’accorder ou non son feu vert à ces divers projets d’expansion.

Stansted
L’objectif est de pouvoir faire face au début de la prochaine décennie à un trafic de 43 millions de passagers. De fait, la plateforme du nord de Londres continue d’attirer les compagnies low-cost du monde entier. Elle est ainsi la base de Ryanair, plus gros opérateur à Stansted avec 56 appareils et une centaine de destinations. La compagnie vient d’ailleurs d’annoncer qu’elle allait lancer ce printemps une ligne sur Clermont-Ferrand.
Londres Stansted assume donc de grandes ambitions. L’aéroport se lance cette année dans des travaux d’extension de son aérogare unique. Le coût estimé à 600 millions de livres fait partie d’un plan d’investissement historique de 1,1 milliard de livres, récemment confirmé par le gouvernement.
Les travaux doivent se terminer autour de 2030. Il prévoit de créer côté tarmac des capacités supplémentaires avec une large galerie reliée directement aux satellites. Les passagers y trouveront commerces, restaurants et bars ainsi que des espaces de détente. Côté ville, le réaménagement permettra d’ajouter de nouveaux comptoirs d’enregistrement, des postes de sécurité et d’immigration supplémentaires. L’aéroport installera également un carroussel à bagages supplémentaire.
Luton
L’aéroport le plus septentrional de Londres (48 km) souhaite lui aussi croître. Lancé en 2017, un plan d’expansion prévoit la construction d’une nouvelle aérogare, le Terminal 2, ainsi que l’agrandissement du Terminal 1 et la construction de nouvelles taxiways de dégagement pour les avions. La nouvelle infrastructure permettrait à Luton d’accueillir 32 millions de passagers par an… sans toutefois bâtir une seconde piste. L’actuelle capacité de l’aéroport est estimée à 18 millions de passagers maximum, un chiffre que la plateforme devrait atteindre au plus tard en 2026. La première phase de travaux sur le Terminal 1 permettrait de porter immédiatement la capacité de Luton à 21 millions de passagers.
Les autorités aéroportuaires prédisent en effet une croissance continue de l’aéroport, qui, dans les faits, dessert les villes universitaires de Cambridge et d’Oxford et se trouve au cœur d’un vaste tissu industriel aéronautique. EasyJet y a d’ailleurs son siège social. L’aéroport est aussi une bonne alternative aux autres plateformes, étant à seulement 32 minutes par train de la gare de Londres Saint Pancras.

City Airport
Le London City Airport a reçu le feu vert du gouvernement pour pouvoir accueillir des Airbus A320neo. La jauge plus importante en nombre de passagers permettrait à l’aéroport de faire passer sa capacité théorique de 6,5 à 9 millions. Sans augmentation des mouvements plafonnés à 111 000 appareils par an.

















