
Comme chaque année, l’agence Interface vient de publier son étude consacrée au marché MICE. Une centaine de responsables du secteur ont pour cela été interrogés, d’agences MICE, de Corporate Meeting Planners, d’agences de voyages, de communication ou de TO disposant d’une activité MICE… L’année 2024, marquée par l’impact de la préparation et du déroulement des Jeux olympiques et paralympiques a été celle de « la résilience », selon le rapport. Seulement 10% estiment que l’évènement sportif international a boosté leur activité, 62% considérant que son impact a été nul. Si l’hybridation de certains évènements a progressé depuis l’épidémie de Covid, les entreprises restent attachées à la quasi-unanimité à la tenue d’opérations en présentiel car elles permettent de partager des moment ensemble (à 97%), d’augmenter la cohésion des équipes (82%), de faire passer plus efficacement un message (80%), de favoriser une meilleure communication et de faire émerger de nouvelles idées (73%), de renforcer des liens avec ses clients et de nouer de nouveaux contacts professionnels… En 2024, la taille des groupes réunissait jusqu’à 49 participants pour 23,5% des personnes interrogées, de 50 à 149 personnes à 49%, et de plus 150 invités pour 23,5%.
Bonne tenue des destinations internationales
Si au sortir du Covid, les destinations hexagonales, implantées souvent au vert, avaient le vent en poupe, les destinations européennes sont revenues dans la course, 96,7 % des acteurs MICE interrogés y ayant organisé un événement en 2024, principalement en Espagne, en Italie et au Maroc. Barcelone, Marrakech, Rome et Lisbonne arrivent ainsi en tête des villes recherchées à l’étranger en raison de leur culture et de la douceur du climat. Les destinations long-courriers, sur des durées évidemment plus longues (de plus de 5 jours pour 45% des acteurs), reviennent également en force avec une prédilection pour l’Asie-Pacifique, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Dubaï, Le Cap, San Francisco et Tokyo figurent ici parmi les destinations les plus prisées. Les budgets s’en ressentent avec 19% des opérations affichant un coût de 700 à 999€ par personne, à 23% de 1000 à 1499€, à 24% de 1500 à 1999€. Et 7% des opérations dépassent les 3000€ par participant. Les budgets ont ainsi progressé l’an dernier pour 30% des acteurs. Le budget est évidemment le critère N°1 pour un évènement, suivi de l’accessibilité, des infrastructures (hôtel, salles de séminaire…), de la situation géopolitique locale sans oublier l' »effet waou » de la destination. Dans 59% des cas, les clients sélectionnent deux destinations avant d’effectuer leur choix final, 41% considérant même trois options.

Une croissance modérée attendue pour 2025
Interface MICE estime que le marché évènementiel devrait connaître une croissance modeste en 2025, selon 34% des acteurs, 8% seulement pariant sur une forte augmentation, marqué par un allongement des durées à 3 ou 4 jours et un retour en grâce toujours des destinations internationales afin d’apporter plus de dépaysement aux participants. Les prévisions sont ainsi de 92% de professionnels prévoyant des opérations à l’étranger, seuls 2% privilégiant uniquement la France. La demande restera centrée sur des volumes de 50 à 150 personnes pour une durée moyenne de 3 jour/2 nuits. Les villes d’Europe de l’Est (Prague, Budapest…) reviennent dans la course dans les demandes en raison de leur proximité, de leur accessibilité et de la qualité de leur offre d’hôtellerie-restauration à un prix attractif. L’Europe a en outre l’avantage d’afficher des tarifs aériens plus avantageux voire une accessibilité en train, une option également appréciée pour des raisons environnementales.
La RSE devient incontournable
L’étude révèle en effet que les critères de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) sont devenus un élément incontournable de tout évènement MICE. Pour 97,4% des acteurs sondés « la RSE n’est plus une option mais une nécessité, influençant le choix des destinations, des hébergements et des modes de transport », estime Interface MICE. En conséquence, 48% optent plutôt pour le train que l’avion en matière de transport, 43% choisissent un hébergement ayant une politique écologique et 67% incluent une activité durable durant le séjour. Parmi les autres critères durables incontournables figurent le choix d’une destination proche, une compensation de l’empreinte carbone de l’opération, un don à une association locale, le recours à des circuits courts pour la restauration, le choix de véhicules électriques ou hybrides pour les déplacements locaux…
Un recours aux professionnels de la destination
Les entreprises ou les agences de voyages MICE se font largement accompagner dans l’organisation de leurs évènements, 80% des acheteurs prévoyant de recourir aux services de Destination Management Organizations (DMO) en 2025 pour les aider dans la préparation et la recherche de conseils. Ils sont aussi 57% à utiliser une agence réceptive et évènementielle (DMC) pour l’organisation sur place, l’hébergement, la location d’une salle ou d’un amphithéâtre pour les séances de travail, la restauration, les soirées, les animations et activités… Pour les sondés, outre son expertise sur la destination, une DMC est également capable de faire le plein de nouveautés : ouvertures hôtelières ou de lieux, nouveau format, thématique originale… Pour ces agences réceptives, les clients recherchent « des événements toujours plus expérientiels et immersifs, considère Interface qui ajoute que pour faire la différence dans un marché très concurrentiel « les destinations devront miser sur des concepts innovants et une personnalisation accrue ».


















