ICCA : Le top des pays et villes de congrès internationaux en 2024

Toute l'industrie du MICE se retrouve cette semaine à Francfort pour le salon IMEX. Celui-ci est l'occasion pour l'ICCA (International Congress and Convention Association) de dévoiler le palmarès des meilleurs pays et destinations de congrès pour l'année écoulée...
ICCA classement 2024
ICCA présentait à IMEX les résultats de son enquête 2024 du top des destinations congrès. De gauche à droite, Andrés Escandón, Senior Regional Director Amérique latine et Caraïbes, Shawn Cheng, Regional Director Amérique du Nord, Marta Gomes, Présidente et Senthil Gopinath, CEO. (Photo: Luc Citrinot)

C’est un rituel à IMEX Francfort, l’un des salons majeurs de l’industrie du MICE: le classement 2024 des pays et villes ayant le plus attirés de congrès et conférences internationaux.

IMEX 2025 n’a donc pas échappé à cette règle. L’ICCA, Association internationale des congrès et conférences, a officialisé son classement annuel et présenté son rapport 2024. Celui-ci comporte une nouveauté par rapport aux années précédentes. « Au-delà des chiffres, nous proposons désormais un panorama des tendances et des motivations des organisateurs de congrès et conférences. On affine nos données afin d’apporter à nos membres des détails d’une valeur incroyable qui leur permettront de mieux analyser les besoins et attentes des délégués et des organisateurs« , a décrit Senthil Gopinath, PDG de l’ICCA.

Le « ICCA GlobeWatch : Business Analytics – Country & City Rankings 2024 » compile ainsi des données sur plus de 11 000 réunions qui ont eu lieu au cours de l’année 2024 dans toutes les régions du monde. « L’industrie connaît une croissance rapide, et l’ICCA est fier d’être à l’avant-garde du changement, de l’impact et de l’héritage que les événements mondiaux créent chaque année« , a encore précisé Senthil Gopinath.

Une analyse des tendances et des secteurs stimulant les congrès

Outre les classements principaux, l’édition élargie de 2024 offre également une multitude d’informations — organisées par région, taille de réunion et secteur. En combinant des données détaillées, des évaluations géographiques et une analyse axée sur l’avenir, le rapport souligne l’engagement de l’ICCA en faveur du plaidoyer régional.

L’association reconnaît en effet toujours plus le rôle des régions et leur positionnement propre.  positionne les réunions d’associations comme des outils puissants pour l’alignement des politiques, l’échange de connaissances et l’héritage à long terme.

L’année 2024 n’aura pas apporté de changement majeur dans la répartition des congrès et conférences à travers le monde. « L’Europe continue de dominer de très loin devant l’Asie et l’Amérique du Nord. Même si nous constatons une forte poussée du Moyen-Orient et de l’Amérique Latine« , soulignait Marta Gomes, Présidente de l’ICCA.

Celle-ci reconnaît aussi une dynamique plus grande des destinations secondaires, portée par le fait que les congrès et conférences de moyenne taille représentent 53% des 11 000 évènements recensés par l’association. Aujourd’hui, seuls 8% des congrès attirent plus de 1 000 délégués.

Toulouse, 3ème ville pour les réunions en France en 2024 (Photo: Luc Citrinot)

« On assiste par exemple à une forte progression de l’activité MICE pour certaines destinations dîtes « secondaires » à travers le monde. C’est le cas du Sarawak en Malaisie, ou encore de Halifax ou Miami en Amérique du Nord« , évoquait Shawn Cheng, directeur régional ICCA pour l’Amérique du Nord.

En France, par exemple, Toulouse s’est réjouie d’être devenue la numéro 3 des villes MICE de l’Hexagone en 2024, juste derrière Lyon. La ville se classe en 76e position dans le monde pour son nombre de réunions (+8 places par rapport à 2023).

Effet JO 2024 : la France et Paris reculent au classement

Côté pays, le trio de tête constaté en 2023 est resté le même l’an dernier: les Etats-Unis restent numéro 1 (709 congrès et conférences internationales), suivis de l’Italie (635) et de l’Espagne (536). Mais alors que la France se classait en 2023 en quatrième position (472), elle a perdu deux places en 2024 avec 432 évènements. La faute probable à la tenue des JO qui auront eu un effet délétère sur l’organisation de grands congrès. De fait, c’est l’Allemagne qui en 2024 s’est classée en quatrième position (491) suivie par le Royaume-Uni (481).

IMEX au sein du centre des expositions de Francfort (Photo: Luc Citrinot)

Côté villes, les grandes métropoles et capitales continuent de caracoler en tête. Vienne a eu sa revanche l’an dernier. La ville, avec 154 grands évènements internationaux, redevient numéro 1 du classement ICCA, raflant cette position à Paris. La capitale française est passée en sixième position avec 124 évènements. Une baisse que l’ICCA justifie par la tenue des JO d’été tout en soulignant que la capitale française s’en est tout de même bien tirée…

En Europe, les villes qui ont mieux fait que Paris sont Lisbonne (2ème position au classement ICCA), Barcelone (4) et Prague (5). Rome et Athènes font également partie du top 10 tandis que Berlin, si populaire dans les années 2000, s’enfonce dans le classement en 2024.

De façon intéressante, les problèmes de sur-tourisme qui empoisonnent certaines villes européennes (Amsterdam, Barcelone, Lisbonne ou Prague parmi d’autres) n’ont aucune influence sur l’activité congrès. « De fait, les congrès généralement se déroulent hors haute-saison. La demande pour ces villes reste constante« , a analysé Marta Gomes.

Autre statistique intéressante: les secteurs économiques qui attirent le plus de congrès et conférences. Sans surprise, les conférences et congrès médicaux sont les plus actifs avec 17% de tous les évènements. Suivent la technologie avec 14%, les sciences avec 13% et enfin l’éducation et l’industrie avec 6% chacune.

Durabilité et bleisure en 2025

Comment l’ICCA voit se profiler l’année 2025? « Ce sera une année de croissance. Il est probable que l’on atteigne les 12 000 évènements« , indiquait le PDG de l’ICCA.

Avec ces mêmes tendances vers un continuel développement de villes secondaires et un engouement toujours plus fort au bleisure et à la durabilité, qui joue en faveur de ces dernières.

Quant à l’effet « repoussoir » qu’exerce Donald Trump sur la destination Etats-Unis, il n’est pas visible sur l’activité congrès et conférences. « Tout simplement parce que ces évènements sont organisés longtemps à l’avance impliquant une logistique qu’il est difficile de changer à la dernière minute« , soulignait Marta Gomes.

Mais pour Shawn Cheng, le directeur Amérique du Nord de l’ICCA, s’il y a un effet négatif sur les Etats-Unis, il devrait se faire ressentir en 2026/2027. Avec, à contrario, des effets vraisemblablement positifs pour le Canada, le Mexique et les Caraïbes.