Dossier Düsseldorf

Düsseldorf : un goût d’hédonisme derrière la ville d’affaires

Dynamique, élégante, empreinte de cette bonhomie qui caractérise les villes rhénanes, Düsseldorf a tout pour séduire les voyageurs d’affaires français. Plus qu’une métropole d’affaires, la capitale du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie est une parfaite destination bleisure.
La silhouette de Düsseldorf est dominée par sa tour de télévision et l'ancien gratte-ciel Thyssen (Photo: Luc Citrinot)

Il est des villes qui, parfois, ne parlent pas aux visiteurs. C’est un peu ce qui se passe pour Düsseldorf. Peut-être est-ce la meilleure motivation pour découvrir cette cité rhénane, l’une des plus grandes métropoles d’Allemagne.

A quoi tient l’absence relative d’image de Düsseldorf ? Peut-être au fait que cette ville n’a toujours pas réussi à s’accoler une épithète, qui lui conférerait cette identité propre à la projeter sur la scène touristique internationale.

En Allemagne, Düsseldorf s’épanouit de fait à l’ombre de sa grande « rivale » rhénane, en l’occurrence la « Domstadt », « la ville de la cathédrale » : Cologne. Mais aussi de Bonn, connue comme l’ex-capitale de la RFA. Ou encore de Francfort, centre de la finance allemande, que l’on affuble volontiers du surnom de « Mainhattan » en raison de ses buildings.

La rive droite du Rhin avec la vieille ville de Düsseldorf depuis le quartier d'Oberkassel
La rive droite du Rhin avec la vieille ville de Düsseldorf depuis le quartier d’Oberkassel (Photo: LC)

Düsseldorf parle avant tout au monde des affaires. Déjà en raison des grands noms de l’industrie qui y ont leur siège social. C’est le cas de Rheinmetall, Henkel, Mercedes-Benz, Vodaphone (ex-Mannesman) ou encore l’Institut de recherche Max Planck. Pendant des années, le symbole de la réussite économique de Düsseldorf s’est incarné dans l’immeuble Thyssen, en centre-ville. Un building à l’élégante silhouette achevé en 1960.

La cité rhénane est aussi l’un des principaux centres de foires d’Allemagne avec une vingtaine de manifestations et plus d’un million de visiteurs. Et elle accueille le quatrième aéroport du pays avec plus de 20 millions de passagers.

C’est aussi, en tant que capitale régionale, le centre de décisions du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Un Land de quelque 18 millions d’habitants, soit autant que les Pays-Bas voisins, et qui génère de fait 20% du PIB allemand.

Derrière la discrète Düsseldorf, le luxe s’étale

À quoi donc tient cette discrétion médiatique ? Peut-être à cette réussite heureuse que l’on ressent dans cette métropole de plus de 650 000 habitants. Et qui ne demande rien à personne.

Il faut donc venir découvrir Düsseldorf pour en apprécier pleinement le charme. Car derrière cette apparente timidité vis-à-vis du reste du monde, la ville fait étal sans vergogne de sa prospérité. Il suffit de déambuler dans son centre pour s’en rendre compte.

L'élégante façade art nouveau du grand magasin Kaufhof sur la Königsallee
L’élégante façade art nouveau du grand magasin Kaufhof sur la Königsallee (Photo: LC)

À commencer par cette très jolie avenue qu’est la Königsallee (surnommée « Kö » par les locaux). De part et d’autres des platanes et candélabres art nouveau bordant les anciennes douves, la Königsallee reflète ce que les statistiques démontrent : Düsseldorf fait bien partie des cinq villes les plus riches d’Allemagne en pouvoir d’achat.

La « Kö » est une incroyable concentration de Porsche, Ferrari, Coupés Mercedes ou BMW, sagement garés devant les devantures des magasins de luxe, essentiellement de mode, montres et joaillerie. Aux terrasses des cafés et dans les bars, on déguste plus volontiers une coupe de champagne ou un grand cru qu’un bock de bière.

Sur la Königsallee, tous les signes d'une opulence quelque peu ostentatoire !
Sur la Königsallee, tous les signes d’une opulence quelque peu ostentatoire ! (Photo: LC)

Cet étalage de richesse est plutôt surprenant dans un pays qui cultive généralement « le charme discret de la bourgeoisie ». Mais, cette passion des belles choses explique du coup la présence des sièges allemands des grands noms du luxe français : les parfums Guerlain, Louis Vuitton ou encore L’Oréal.

L’élégance de Düsseldorf ne s’exprime jamais autant que dans l’architecture de la cité rhénane. Malgré les destructions de la seconde guerre mondiale et comparée à Cologne, Dortmund ou Essen, Düsseldorf a préservé une partie de son architecture ancienne.

Plus que la vieille ville – Altstadt – qui a été en grande partie reconstruite après la guerre, il faut déambuler dans les rues anciennes de la Carlstadt – qui prolonge la vieille ville. On y trouve encore de nombreuses maisons du XVIIIe siècle et quelques belles églises. Les opulents immeubles 1900 – beaucoup de style Art nouveau – sont encore nombreux sur la Königsallee tout comme le long de la promenade des bords du Rhin.

Le quartier d’Oberkassel est une véritable perle en marge des flots touristiques du centre-ville. Situé sur la rive gauche du Rhin, tout n’y est que charme et volupté. Les villas et maisons de ville 1900 s’égrènent le long des rues tranquilles et des jardins. Un lieu qu’apprécie notamment la communauté française.

Un quartier apprécié des Français : Oberkassel avec ses rangées de villas art nouveau
Un quartier apprécié des Français : Oberkassel avec ses rangées de villas art nouveau (Photo: LC)

Sur la Luegallee, principale avenue d’Oberkassel, on découvre d’ailleurs trois restaurants français – dont deux brasseries et des boulangeries qui cultivent l’art du croissant et de la baguette ! Les plus belles villas se situent le long de la rive du Rhin, sur le Kaiser Wilhelm Ring. On y bénéficie d’une vue panoramique sur toute la vieille ville de Düsseldorf. Les prairies qui bordent le Rhin accueillent de fait les locaux venus pique-niquer. Mais aussi des troupeaux de moutons. On peut être riche, mais on n’oublie pas une certaine bonhomie rhénane !

Une architecture aux ambitions d’une capitale

La capitale de Rhénanie du Nord s’enorgueillit également d’une très belle architecture contemporaine. Là encore, une autre facette de Düsseldorf à découvrir pour cette ville, qui décidément, aime se mettre en scène. Cette fois-ci, le long d’un Rhin aux dimensions majestueuses.

Aux immeubles bourgeois en pierres de taille succèdent rapidement les structures contemporaines, souvent grandioses. À commencer par la Tour du Rhin, achevée dans les années 80. Elle permet d’embrasser du regard un extraordinaire panorama sur toute la ville et, en cas de beau temps, découvrir la plaine rhénane jusqu’à la cathédrale de Cologne, à 40 km de là.

Une vue spectaculaire sur le Rhin
Depuis la Rheinturm, une vue spectaculaire sur le Rhin. Au premier plan, le parlement régional (Photo: LC)

Au pied de la Tour de télé, s’étalent la silhouette en demi-sphère du parlement régional, les bureaux de la télévision ainsi que la structure ouverte de l’immeuble « Stadttor », œuvre de l’architecte allemand Karl-Heinz Petzinka. Totalement transparent, ouvert sur le monde, le « Stadttor » a reçu le prix du plus bel immeuble de bureaux au MIPIM de Cannes en 1998.

A quelques mètres de ce quartier gouvernemental, se pose comme en défi une série d’immeubles de toutes formes et de toutes couleurs. Bienvenue dans le nouveau chef-d’œuvre de l’architecture contemporaine de Düsseldorf : le Medienhafen.

Ce qui fut autrefois le port s’est en effet métamorphosé en un quartier où les plus grands architectes internationaux ont donné libre cours à leur imagination. A l’instar de Frank Gehry (créateur du Guggenheim de Bilbao) et de ses immeubles aux formes ondulantes dont les façades argentées attirent influenceurs et photographes ; ou comme William Alsop avec son « Colorium », un gratte-ciel de 17 étages qui prend la forme d’une mosaïque multicolore. Avec en conclusion, un cocktail au Dox Bar du Hyatt Regency, dont les tours – au design minimaliste un peu sévère – forment un point d’orgue à la péninsule que forme le quartier.

Le quartier Medienhafen
Le quartier Medienhafen (Photo: LC)

Idéale pour découvrir le panorama de Düsseldorf et y admirer ce mélange composite d’architecture contemporaine et historique : la traversée fluviale d’une heure sur un bateau de la KD. Il est d’ailleurs possible de privatiser un navire, parfait dans le cadre d’une opération  MICE.

Retour en cœur de ville. La place Gustav Gründgens, qui rend hommage à un acteur célèbre pour son interprétation du diable dans Faust et ancien directeur de la scène nationale à Düsseldorf, concentre tout ce qui fait la quintessence de la métropole : culture, architecture, puissance économique, et, désormais, la durabilité.

La silhouette effilée du gratte-ciel Thyssen de 1960 rappelle une Düsseldorf confiante dans sa force économique. Elle jouxte depuis 1970 le théâtre national, au design avant-gardiste, qui incarne un rôle culturel de portée nationale pour la cité. Les deux font désormais face à la plus grande structure environnementale de Düsseldorf, un immeuble de bureaux totalement couvert de bois. 30 000 charmes au total pour cet immeuble baptisé Kö-Bogen II, qui permettent de rafraîchir l’atmosphère. Trois structures, trois idées de ce que souhaite être Düsseldorf. Un étonnant cocktail qui ne peut que séduire…

En centre ville, la Gustav Gründgens Platz exprime mieux qu'ailleurs le dynamisme de Düsseldorf de l'après-guerre à aujourd'hui
En centre ville, la Gustav Gründgens Platz exprime mieux qu’ailleurs le dynamisme de Düsseldorf de l’après-guerre à aujourd’hui (Photo: LC)

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