
« On ne s’imaginait pas recevoir autant de voyageurs d’affaires » : Clément Gohin, directeur général des Lumières à Versailles, s’étonnerait presque de l’attrait de son hôtel auprès de la clientèle corporate. En effet, quasiment le plus proche voisin du château et rivalisant en cela avec le palais des congrès de l’autre côté de la place d’Armes, cet établissement cinq étoiles inauguré en octobre 2024 est évidemment idéalement situé pour offrir un séjour Grand Siècle aux touristes de passage. Pour autant, de nombreuses entreprises ont rapidement pris l’habitude de passer sa porte pour des événements ponctuels, des séminaires résidentiels, voire des privatisations.
La proximité des sièges de General Electric, Thales, Safran ou Dassault autant que la facilité d’accès depuis celles de La Défense d’une part, celle de l’école HEC de l’autre, pour le séjour de cadres venant suivre un MBA : plusieurs facteurs ont fait de ce boutique hôtel de 31 chambres et suites un lieu prisé pour l’hébergement ou l’accueil de réunions et événements. En parallèle, l’utilisation du château de Versailles pour des événements de prestige, Choose France en premier lieu, mais aussi ceux organisés par de nombreuses sociétés, notamment les marques de luxe du groupe LVMH, un des grands mécènes du château, ajoute à l’attractivité de l’établissement pour des séjours business.


« D’une estimation initiale de 10% de clientèle affaires, celle-ci constitue aujourd’hui 30% », se surprend agréablement Clément Gohin. Et sans doute plus à l’avenir. Si l’hôtel dispose aujourd’hui d’une grande salle pouvant accueillir jusqu’à 120 personnes et d’une petite salle pour des comités de direction confidentiels, son offre va s’accroître face à la demande. Occupant une partie du rez-de-chaussée, la boutique Pierre Hermé sera reconvertie en début d’année prochaine en lieu d’accueil pour des repas ou des réunions.
Reconnu récemment par une Clef Michelin, l’hôtel Les Lumières est venu renforcer l’offre hôtelière versaillaise avec une nouvelle proposition cinq étoiles. Et cela, tout en se distinguant du Grand Contrôle, plus porté sur les touristes fortunés et qui rejoue à l’envi le siècle de Louis XIV avec son personnel en livrée d’époque, et du Waldorf Astoria Trianon Palace, de capacité bien plus importante, en plus de ses 15 salles et salons de réception.
Plus cosy, ce boutique hôtel prend place dans deux pavillons offerts par Louis XIV à la famille de Colbert et à Antoine III de Gramont. Deux pavillons qui ont connu d’autres vies ces dernières décennies, l’un ou l’autre ayant accueilli le restaurant étoilé les Trois Marches, une Taverne de Maître Kanter et un hôtel déjà, l’hôtel de France. En plus d’avoir été le lieu de tournage du film Les Sous-doués passent le bac.
Moins potache, son présent a nécessité quatre ans de travaux pour réunir les deux pavillons et créer une atmosphère élégante et contemporaine dans ce cadre historique, le nom des chambres – Diderot, Marivaux, Rousseau ou Lavoisier – rappelant ainsi le Siècle des Lumières. Abouti l’an dernier, ce projet a été initié par la famille Martel, à la tête du groupe d’investissement Caravelle, propriétaire de sociétés comme Belambra ou Visionix, mais aussi à l’origine du groupe hôtelier 2L Collection.
Outre cet hôtel versaillais, cette collection rassemble quatre autres établissements, tous haut de gamme avec un quatre étoiles, l’Atmosphères à Paris, près du Panthéon, et trois cinq étoiles : un autre hôtel parisien, le Cinq Codet, dans le VIIe arrondissement ; le château d’Audrieu en Normandie, près de Bayeux ; et le Château de Fonscolombe, non loin d’Aix-en-Provence.


Ces trois derniers, tous membres des Relais & Chateaux comme d’ailleurs l’hôtel Les Lumières, partagent avec lui un sens de l’accueil certain pour des séminaires et événements et un positionnement « boutique », allant des 29 chambres au château d’Audrieu aux 67 clés du Cinq Codet en passant par la cinquantaine de chambres du Château de Fonscolombe.
Si le Cinq Codet se prête à des comités de direction dans Paris intra muros avec sa salle Caravelle, de 35 m², les deux autres se destinent à des séminaires et séjours incentive au grand vert, agrémentés d’activités team building. Que ce soit au sein de leurs domaines, celui d’un château au milieu des vignes à Fonscolombe ou d’un parc de 25 hectares à Audrieu, ou en extérieur telles une randonnée à la montagne Sainte-Victoire ou une visite commentée des plages de débarquement. Quant à l’hôtel Les Lumières, le château de Versailles lui offre dans ce cadre un inestimable terrain de jeu…




















