Chemins de fer autrichiens : année en demi-teinte, pas de retour sur la liaison de nuit Paris-Vienne

Les ÖBB ont connu une année financière positive mais avec un bénéfice en forte baisse. 2026 s'annonce difficile malgré le fait que le trafic passagers devrait progresser.
Andreas Matthä, PDG des ÖBB au cours de la conférence de presse de l'entreprise (Photo: capture d'écran)

Ce fut une année 2025 en demi-teinte pour les chemins de fer fédéraux autrichiens (ÖBB), une année que le PDG de l’entreprise, Andreas Matthä, a qualifié d’année « claire-obscure ». Côté clair, l’ouverture du massif projet de la Koralmbahn dans le sud de l’Autriche, une nouvelle ligne avec tunnel, qui  le temps de parcours entre les villes de Graz et Klagenfurt -deux capitales régionales- à 41 minutes au lieu d’une heure 30 précédemment. Côté obscur, le difficile contexte économique a pesé sur l’activité fret, en baisse, tandis que le renchérissement des coûts de l’énergie ont commencé à se faire sentir dès l’an passé, a précisé le PDG des ÖBB. 

Ce bilan en « clair-obscur » illustre néanmoins la résilience du groupe ferroviaire autrichien, qui poursuit sa transformation tout en maintenant un cap ambitieux en matière d’investissements et de transition énergétique.

Un trafic voyageurs toujours en hausse

Avec 559 millions de voyageurs transportés (+1,4 %), l’entreprise signe une nouvelle année de croissance. Le trafic longue distance continue de progresser, soutenu notamment par la mise en service de la nouvelle ligne Koralmbahn. Cette nouvelle liaison, considéré comme le véritable projet du siècle pour les ÖBB, attire déjà près de 7 000 passagers par jour. « Elle renforce non seulement l’attractivité touristique du sud de l’Autriche mais aussi les grands axes européens », analyse Andreas Matthä. 

« Compte tenu de la situation économique difficile, nous avons obtenu un résultat 2025 honorable. La hausse continue du nombre de voyageurs est particulièrement réjouissante », souligne Andreas Matthä.

Sur le plan opérationnel, la ponctualité atteint 94,1 %, confirmant la position de l’Autriche parmi les réseaux ferroviaires les plus performants d’Europe. Les lignes régionales affichent elles-aussi un taux de ponctualité satisfaisant, de 95,8 %. Seules ombres au tableau: le réseau régional à l’est de Vienne en direction de la Hongrie et de la Slovaquie, dont la régularité est affectée par des travaux. Et surtout, les lignes internationales avec l’Allemagne. « Alors que notre taux de ponctualité tourne autour de 80%/85% en direction de notre voisin, il tombe à 60%/65% dès que l’on a franchi la frontière », décrit le PDG des ÖBB.

Financièrement, le groupe reste bénéficiaire avec un résultat avant impôts de 68,1 millions d’euros, en recul de 40 % sur un an. Cette baisse s’explique notamment par la conjoncture économique et une dépréciation exceptionnelle dans le fret. Le transport de voyageurs demeure le principal moteur de rentabilité, avec un résultat de 228 millions d’euros, porté en partie par un effet exceptionnel lié aux redevances d’infrastructure. Hors cet élément, le résultat s’établit à 102 millions d’euros, en nette amélioration.

2026 sans grandes annonces 

Malgré ces défis, les ÖBB maintiennent cette année un niveau d’investissement élevé, continuant le développement de nouvelles grandes infrastructures comme le Tunnel de Semmering (mise en service prévue en 2030) et le très important tunnel du Brenner, qui relie l’Autriche à l’Italie (mise en service vers 2032).  Parallèlement, la modernisation du réseau de RER (S-Bahn) viennois et le déploiement du système de signalisation européen ETCS visent à augmenter la capacité et la fluidité du trafic.

Côté matériel roulant, la modernisation s’accélère avec l’arrivée de 84 nouveaux trains Railjet, Nightjet et rames à deux niveaux. Mais pas de nouvelles ouvertures de ligne prévues tout comme pas de développement côté trains de nuit. Le réseau va rester dans son état actuel. Et interrogé sur un éventuel retour de la ligne de train de nuit Paris-Vienne – au cas où les conditions d’exploitation changeraient avec une participation financière de la France, Andreas Matthä a douché toute perspective d’un retour de cette ligne, très populaire, a-t-il reconnu, mais aussi très déficitaire.