
American Airlines a claqué la porte au nez de United Airlines sur une idée de fusion des deux transporteurs, idée que le PDG de United Airlines, Scott Kirby, semblait caresser. Évoquée depuis plusieurs mois, la conversation sur une potentielle fusion est montée en puissance ce mois d’avril. Avec finalement, un coup d’arrêt brutal d’American Airlines.
Dans un communiqué, le géant aérien américain indique « n’être pas engagé ni intéressé par des discussions concernant une fusion avec United Airlines. Bien que des changements dans le marché aérien plus large puissent être nécessaires, une combinaison avec United serait négative pour la concurrence et pour les consommateurs, et donc incompatible avec notre compréhension de la philosophie de l’Administration [Trump] envers l’industrie et des principes de la loi antitrust. Notre priorité restera l’exécution de nos objectifs stratégiques et le positionnement d’American pour gagner à long terme ».
Et au passage de flatter l’actuel gouvernement américain : « Nous sommes impatients de continuer à travailler en collaboration avec l’Administration alors qu’elle prend des mesures pour renforcer l’industrie aérienne dans son ensemble ».
Scott Kirby a donc pris la plume pour justifier son idée de fusion avortée avec American Airlines. Un texte plutôt long (néanmoins adapté en traduction française) et qui dépeint une future « United American Airlines » sous le prisme d’une fusion heureuse aux accents de conte de fées…
« Au cours des deux dernières semaines, il y a eu beaucoup de commentaires sur une éventuelle fusion entre United Airlines et American Airlines. Pour être direct, voici ce qui s’est passé : j’ai approché American pour explorer une combinaison [de nos deux compagnies]. En effet, je pensais que nous pouvions accomplir quelque chose d’incroyable ensemble pour les clients. J’ai toujours su que la seule façon pour qu’une fusion puisse réussir (et être approuvée) était qu’elle soit excellente pour les clients et avec un partenaire volontaire partageant ma vision ambitieuse et audacieuse ».
« J’étais convaincu que cette combinaison, qui aurait consisté à ajouter et non à retrancher, en créant une compagnie aérienne véritablement exceptionnelle que les clients adoreraient, aurait pu obtenir l’approbation réglementaire. J’espérais présenter cette vision à American, mais ils ont refusé d’engager la discussion et ont plutôt répondu en claquant la porte. Et sans partenaire volontaire, un projet d’une telle ampleur ne peut tout simplement pas se faire ».
« Dans le passé, les fusions aériennes concernaient généralement deux compagnies en difficulté qui se regroupaient pour réduire leurs coûts, vols et effectifs. Mes ambitions étaient tout autres. Mon idée audacieuse s’appuyait sur la croissance, afin d’ouvrir une toute nouvelle ère de leadership pour l’aviation américaine […] En combinant nos compagnies aériennes et en utilisant cette taille pour révolutionner l’expérience client, nous aurions créé une nouvelle compagnie aérienne américaine prospère, la meilleure au monde pour les clients ».
» Même si les commentaires publics d’American montrent clairement qu’une telle fusion est exclue dans un avenir à court terme, je pense qu’il vaut la peine de décrire plus en détail ce à quoi le résultat aurait pu ressembler ».
« […] La combinaison de United et American aurait pu : 1) amplifier et développer une approche gagnante centrée sur le client, 2) débloquer de spectaculaires nouvelles opportunités pour les clients, les employés et les communautés desservies par les deux compagnies, et 3) créer une nouvelle grande compagnie aérienne américaine avec l’envergure nécessaire pour être en compétition et s’imposer sur une échelle mondiale ».
« Voici quelques-uns des avantages qu’une telle combinaison aurait pu produire :
- Voler avec une compagnie adorée de ses clients vers encore plus de destinations : United redéfinit déjà ce qu’est une compagnie aérienne grâce au meilleur service, à la technologie, à la fiabilité et aux produits proposés pour chaque type de client, afin que voler avec United apporte une meilleure expérience qu’ailleurs. Nous avons d’ailleurs de grands projets pour aller encore plus loin. Offrir ces avantages à encore plus de personnes donnerait aux clients des deux compagnies davantage de choix et de valeur, en terme de produits, technologies, expériences ainsi qu’un programme de fidélité plus attractif. La compagnie combinée aurait été synonyme de croissance — notamment à l’international et avec un service élargi vers les petites communautés — ce qui est mathématiquement rendu possible grâce à un réseau plus vaste.
- Créer encore plus de valeur : si le prix est important, la « plus-value » compte aussi, sauf à considérer le transport aérien comme une simple commodité. La vérité est qu’en 2025, les prix des billets étaient 29 % moins chers qu’avant la pandémie (corrigés de l’inflation). Pendant ce temps, United s’est concentrée sur l’apport de valeur ajoutée aux clients en investissant dans son produit : des avions plus récents et plus modernes avec de plus grands coffres à bagages, des écrans à chaque siège, la connectivité Bluetooth, le Wi-Fi gratuit Starlink et une application mobile primée. Une fusion entre United et American (et la croissance qui en aurait résulté) aurait considérablement augmenté le nombre total de sièges en classe économique sur le marché, offrant aux clients des moyens plus abordables de voyager vers davantage de destinations ; ainsi que plus de choix à tous les niveaux de prix, tout en continuant à offrir la meilleure valeur du secteur. Nous ne proposerions pas une combinaison qui ferait augmenter les prix pour les clients.
- Créer une compagnie véritablement compétitive à l’échelle mondiale — basée aux États-Unis : aujourd’hui, il existe un important déséquilibre commercial avec les compagnies étrangères. Elles représentent environ 65 % des sièges long-courriers vers notre pays alors que seulement 40 % des clients sont des citoyens étrangers. La combinaison de United et American aurait été une meilleure façon de rivaliser avec les transporteurs étrangers. Une plus grande compagnie aérienne mondiale américaine aurait généré davantage d’emplois et d’opportunités économiques aux États-Unis. Cette compagnie américaine aurait établi la norme du siècle à venir […] Elle serait une grande compagnie américaine, la meilleure, que vous soyez client à Chicago, Des Moines ou Dubaï. »
« Stimuler l’économie américaine, créer des millions d’emplois et revitaliser l’industrie aéronautique américaine : l’Amérique est plus forte lorsque les transporteurs américains réinjectent davantage des dépenses des consommateurs américains dans les communautés, les employés et l’industrie manufacturière nationale. En offrant plus de sièges vers davantage de destinations aux États-Unis, cette fusion aurait stimulé le tourisme local et les voyages d’affaires, générant des milliards de dollars d’activité économique supplémentaire et encore plus d’emplois ».
» […] J’ai reconnu dès le départ qu’une fusion d’une telle ampleur attirerait beaucoup de scepticisme dans les médias et de la part de certains responsables gouvernementaux. Comme les fusions précédentes concernaient des compagnies en difficulté, les analyses juridiques et réglementaires se sont toujours concentrées sur les réductions et ce qui était perdu. Mais une proposition de fusion différente — axée sur la croissance, les investissements clients et la compétitivité mondiale — aurait créé la différence. Et même s’il y aurait eu nécessité de réduire notre présence sur certains marchés domestiques, je pense que les régulateurs auraient approuvé un tel accord, car ils auraient reconnu les bénéfices pour les clients, nos employés communs et les communautés du monde entier. »
(Texte traduit, adapté à la langue française et raccourci par rapport à l’original en anglais)

















