Le centre de conventions international du Cap va passer à la vitesse supérieure
La municipalité du Cap va céder sa participation à l’emblématique centre de conventions international sud-africain. Objectif : se recentrer sur les investissements de la ville mais aussi permettre au CTICC d’assurer son expansion grâce au secteur privé.
Par Laurence Soustras -
Le Centre de Conventions International du Cap (CTICC).
C’est le joyau du voyage d’affaires en Afrique du Sud. Le Centre de Conventions International du Cap, le Cape Town International Convention Center ou CTICC, est un lieu exceptionnel de près de 141 000 m² qui consiste en deux parties, CTICC 1 et CTICC 2, connectées par un pont aérien. Au total, l’ensemble, qui permet d’accueillir plusieurs événements simultanés, peut recevoir plus de 22 000 visiteurs. Ainsi, une centaine de conférences, expositions, banquets ou événements culturels, tels le Cape Town international jazz festival, y sont organisés chaque année. Le succès est indéniable et s’appuie sur l’exceptionnel environnement de la ville du Cap particulièrement riche en infrastructures hôtelières de qualité.
Depuis son ouverture en 2003, le CTICC, partenariat entre la municipalité du Cap et l’administration de la province du Cap occidental, est également devenu un moteur économique pour la région et l’emploi, avec une création de plus de 160 000 postes. « Ce qui me rend particulièrement fière, c’est notre contribution à l’éducation grâce à un programme de bourses, comme le fait que nous fournissions la plus importante contribution du pays à l’économie sud-africaine », souligne Taubi Motlhabane, présidente exécutive du CTICC.
L’ambition de l’expansion
Depuis plusieurs mois déjà, la question de l’expansion du CTICC a pris de l’ampleur et a amené la municipalité du Cap à se positionner sur une cession de sa participation. Le conseiller Siseko Mbandezi, membre du comité exécutif chargé des finances de la mairie du Cap, est devenu le principal soutien du projet de vente de la participation de 72,7 % de la ville dans le CTICC. Il permettrait à la municipalité de consacrer plus de moyens à ses services et à un programme d’investissements dans les infrastructures de la ville : « Nous pensons que cette participation municipale, dont la valeur est estimée à environ 885 millions de rands, est mûre pour un investissement du secteur privé afin de libérer le formidable potentiel commercial de cet actif », a-t-il indiqué.
Les CTICC 1 et CTICC2 reliés par une passerelle.
L’opération, qui sera sujette à un vote, devrait prendre deux à trois ans avant d’être finalisée. « Pour nous, au CTICC, nous y voyons la possibilité d’accéder à davantage d’investissements du secteur privé. Et si nous envisageons une expansion, cela la facilitera », estime Taubi Motlhabane. Alors que le centre accueille désormais de grands événements incontournables qui ouvrent la porte de l’Afrique, tel le Mining Indaba, plus grand événement minier du monde, il reste à déterminer quel type d’expansion est envisagé et pour quel type d’événements.
Pour ce faire, le CTICC va prendre le pouls de la crise géopolitique internationale qui pourrait fortement jouer sur les déplacements des voyageurs d’affaires, mais aussi sur le rêve assumé du Cap : s’arroger une part de la manne du marché global de l’externalisation actuellement dominée par l’Inde. Les autorités et les groupes industriels de la deuxième plus grande ville d’Afrique du Sud veulent ainsi développer des centres de compétences mondiaux, des plateformes que les entreprises multinationales utiliseraient pour externaliser des fonctions à forte valeur ajoutée. Tout cela en profitant du même fuseau horaire entre l’Europe et l’Afrique du Sud.
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