
Bien, mais peut mieux faire en matière de RSE. Accor voit déjà la quasi-totalité de ses hôtels utiliser un outil de mesure environnemental et les quatre cinquièmes supprimer au moins 57 produits en plastique à usage unique, alors que le gaspillage alimentaire a été réduit à 149 g/couvert, au-dessous de l’objectif initial de 235 g. En parallèle, plus de la moitié de ses hôtels dans le monde sont éco-certifiés (57%) à fin 2025, quand les femmes sont plus de 40 % à participer aux comités de direction.
Malgré les avancées que l’on peut lire à travers les pages de son rapport intégré, le compte n’y est pas pour autant. L’an dernier, Accor n’a pas atteint les niveaux prévus dans le cadre de l’émission, fin 2021, de sa dette obligataire indexée sur des objectifs de développement durable. Soit une réduction attendue, mais non atteinte, des émissions de gaz à effet de serre de 25,2 % pour les Scopes 1 et 2 et de 15,0 % pour le Scope 3 à horizon 2025 vs 2019. D’où la contrainte pour le groupe français de rehausser de 2,375 % à 2,625 % les coupons, pour un impact estimé à 1,75 million d’euros en 2027 et 1,75 million d’euros en 2028.
Le surcoût est sans doute supportable au regard du chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros réalisé par le groupe français l’an dernier, mais n’exclut pas l’ambition d’aller plus loin. Dans le cadre de sa nouvelle feuille de route de développement durable pour 2026-2030, baptisée Hosting Change, Accor vient de lancer un nouveau programme d’innovation durable sur cinq ans visant à déployer, à l’échelle de son réseau international, des solutions permettant d’optimiser l’utilisation des ressources.
Grâce à une méthodologie en quatre étapes (cadrage, sourcing, validation et déploiement), ce programme favorisera l’identification, les tests et la mise en œuvre de solutions concrètes à travers le réseau Accor. Avec, pour objectif, le déploiement à l’horizon 2030 de plus de 100 solutions performantes en matière d’économie des ressources, les plus efficaces étant appelées à être généralisées à l’ensemble du portefeuille d’hôtels, voire partagées avec d’autres acteurs du secteur.
Des innovations au fil de l’eau
Pour commencer, durant sa première année, le programme s’attachera à identifier des outils innovants de réduction de la consommation d’eau, une ressource essentielle tant pour les hôtels que pour les communautés alentours. En 2025, Accor a réduit l’intensité de sa consommation d’eau de 5,2 % par rapport à 2024, notamment grâce à l’installation, à fin 2025, de pommeaux de douche à faible débit dans plus de 1 100 hôtels. S’appuyant sur cette dynamique, le lancement du programme d’innovation durable permettra d’identifier et de déployer à grande échelle des solutions de gestion de l’eau plus pérennes.
Dans ce cadre, un premier partenariat, conclu entre Accor et Water Unite, permettra de tester à grande échelle des solutions de réduction de la consommation et de réutilisation de l’eau. Cette ONG britannique, spécialisée dans l’innovation en matière de gestion de l’eau, mettra à disposition son réseau d’innovateurs, d’investisseurs et de grandes entreprises telles Elior, Nestlé Waters, Suntory et Britvic afin d’identifier des solutions éprouvées en conditions réelles. Ainsi, Accor et Water Unite testeront-ils ensemble, dans les hôtels de luxe, des solutions pour la bonne gestion de l’eau, son optimisation et sa réutilisation.
« Avec le programme d’innovation durable, nous adoptons une approche plus structurée pour concrétiser cette ambition. En accordant la priorité à l’eau, en collaboration avec Water Unite, nous tenons à montrer que cette nouvelle démarche est capable de générer un impact opérationnel tangible, tout en créant de la valeur à l’échelle du réseau et en préservant la ressource la plus précieuse de la planète », a déclaré Coline Pont, directrice développement durable du groupe Accor.




















