
Navan publie son Baromètre 2026 du voyage d’affaires, construit à partir de ses propres données de réservation. En France, le train capte 85,6 % des trajets professionnels domestiques. Ce score place le pays au 5e rang européen, derrière la Belgique (99,8 %), les Pays-Bas (99,6 %), la Suisse (97,8 %) et le Royaume-Uni (91,1 %), mais loin devant l’Autriche (83 %), l’Allemagne (70 %), l’Italie (66,7 %) et l’Espagne (49 %).
Pour Zahir Abdelouhab, Senior Vice President EMEA chez Navan, cette domination du rail répond avant tout à un calcul pragmatique des voyageurs, au-delà des seuls objectifs environnementaux. « Le gain de productivité et la commodité offertes par le réseau TGV finissent par convaincre », explique-t-il. Il souligne notamment l’absence de contrôles de sécurité aéroportuaires, l’économie de transferts entre aéroport et centre-ville, et la possibilité de travailler sans interruption grâce à une connexion Wi-Fi stable à bord.
Un réseau à grande vitesse porté par un cadre réglementaire favorable
Depuis Paris, les grands pôles économiques comme Lyon, Lille, Bordeaux ou Marseille restent joignables rapidement de centre-ville à centre-ville, une fiabilité qui distingue la France de l’Allemagne, où des tarifs pourtant plus bas n’ont pas permis un taux d’adoption équivalent du rail sur les trajets professionnels. Le cadre légal renforce cette dynamique : depuis mai 2023, la loi interdit les vols réguliers de transport de passagers dès lors qu’une alternative ferroviaire directe de moins de deux heures trente existe. S’y ajoute la pression croissante des stratégies bas-carbone des entreprises, alignées sur l’objectif de neutralité carbone fixé à 2050 par la Stratégie nationale bas-carbone, qui pousse les organisations à mesurer et réduire les émissions liées à leurs déplacements.

Paris-Toulouse et Nice-Paris, deux exceptions liées à la géographie
Le baromètre confirme que les vols domestiques se maintiennent surtout sur des liaisons où la géographie limite l’alternative ferroviaire directe. L’avion conserve ainsi 76 % des réservations sur Paris-Toulouse et 95 % sur Nice-Paris, deux axes non couverts par une ligne à grande vitesse directe sous le seuil des deux heures trente. À l’inverse, huit des dix principaux corridors d’affaires français restent majoritairement empruntés en train, dont Lille-Paris et Paris-Strasbourg à 100 %, Nantes-Paris et Lyon-Paris à 99 %, Bordeaux-Paris à 98 %, Marseille-Paris à 82 % et Montpellier-Paris à 73 %.
Pour les entreprises, ces écarts par corridor offrent un repère concret : la politique voyages peut imposer le train sans réserve sur huit axes majeurs, tout en conservant une marge d’arbitrage sur Nice-Paris et Paris-Toulouse, où l’avion reste, pour l’heure, la seule option directe compétitive en temps de trajet.





















