Visa en Thaïlande: le grand bond en arrière

La Thaïlande modifie une fois de plus ses règles d'entrée. Mais au lieu d'un assouplissement, elle n'accordera plus que 30 jours pour un visa gratuit à l'arrivée à 60 pays au lieu de 93 précédemment... Les ressortissants de l'Union Européenne sont tous concernés par cette mesure.
Des passagers à la sortie des contrôles de police et de douane dans le hall d'arrivées de l'aéroport de Bangkok Suvarnabhumi (Photo: Luc Citrinot)

C’était il y a tout juste deux ans mais cela semble déjà un siècle. En juin 2024, le gouvernement thaïlandais ainsi que l’office de tourisme de Thaïlande célébrait une véritable avancée dans l’ouverture du royaume aux visiteurs internationaux.

Le gouvernement de l’époque, sous la houlette de son Premier Ministre, Srettha Thavisin, décidait d’accorder un visa gratuit de 60 jours aux touristes de 93 nations et territoires au lieu de 57 précédemment. A l’époque, cette stratégie était de stimuler le tourisme local, devenu la première activité économique du pays avec une part estimé comprise entre 12% et 15% du PIB.

Deux ans plus tard et l’atmosphère n’est plus tout à fait à la célébration. Un autre gouvernement a pris place à Bangkok depuis la fin 2025 avec à sa tête Anutin Charnvirakul, un ultra-nationaliste aux relents de xénophobie. Depuis son arrivée au pouvoir, les média ne cessent de fait de dénoncer les abus générés par les étrangers visitant ou résidant en Thaïlande dans un contexte de scams et de proxys détournant les lois locales. Cette minorité agissante a du coup dicté un durcissement des conditions d’entrée des étrangers dans le pays.

Au 15 septembre, il en sera fini du visa gratuit de 60 jours accordé à l’arrivée. La Thaïlande revient à la règle des 30 jours avec possibilité de renouveler une fois cette durée pendant le séjour (contre des frais administratifs). Le nombre de nations autorisées à séjourner sans visa a été également revu à la baisse : 60 pays font partie des heureux élus dont tous les ressortissants de l’Union Européenne. Aucun pays d’Afrique ne figure dans cette liste exception faîte de la riche Afrique du Sud. Ainsi, Maroc et Tunisie sont de facto exclus et doivent demander un visa en ligne.

Autre restriction: les passages frontaliers terrestres sont désormais limités à deux entrées par an, histoire de réduire le nombre de ressortissants étrangers sortant quelques jours du pays vers le Laos ou la Malaisie pour obtenir de nouveau un visa de 30 jours… En revanche les voyageurs n’ont pas de restriction lors d’un voyage en avion. A condition de ne pas rester plus de 180 jours par an.

S’il est vrai que peu de voyageurs d’affaires seront affectés par ces nouvelles dispositions, c’est plutôt en terme d’image que la Thaïlande risque de souffrir. En éliminant une trentaine de nationalités à l’obtention d’un visa gratuit, la Thaïlande écorne, de sa propre initiative, sa réputation de pays à l’accueil légendaire.

Le passage automatique des frontières accordé aux Européens francophones

La Thaïlande va autoriser 29 nationalités supplémentaires à utiliser l’entrée sur son territoire par le biais des « Auto-Gates », passager automatique des services d’immigration et de sûreté, sur l’aéroport international de Bangkok Suvarnabhumi. Un décret pris dans ce sens prévoit avant la fin de l’année d’étendre cette formalité, jusqu’à présent proposée aux citoyens de Hong Kong et Singapour, outre les ressortissants thaïs.

Parmi les bénéficiaires figurent les Français, Belges, Luxembourgeois et Suisses. Cette facilité ne sera cependant réservée qu’aux passagers étant déjà venus précédemment en Thaïlande avec le même passeport.