
Président de la Commission européenne des transports et du tourisme, Paolo Costa sillonne le monde en voiture, en train, en avion… sans jamais étancher sa soif de découverte ! Mes plus beaux souvenirs de voyage remontent à mes toutes premières expériences en matière de transport… À cinq ans, en train, un vaporiere Venise-Milan. Puis en voiture, sur les routes provençales et camarguaises françaises. En avion, sur le premier vol Rome-New-York. Ou encore sur ce Pan Am Venise-New-York, à bord de l’un des tout premiers Boeing 747, complètement blindé, avec en prime un atterrissage hors piste !
Mes premières fois aussi dans les grandes métropoles sont gravées dans ma mémoire. Paris, Notre-Dame et l’île de la Cité. Manhattan depuis Staten Island. Mais le voyage, c’est aussi des moments forts, des moments de vie : Mai 68 à Paris ; la visite de New-York avec pour guide Wassily Leontief, prix Nobel d’économie, l’un des derniers humanistes ! D’une culture rare, curieux comme un gosse, vif et drôle.
Je n’ai jamais cessé de parcourir le monde ! D’abord en tant qu’universitaire, puis comme recteur et aujourd’hui comme parlementaire européen… Au total, j’ai certainement passé plus d’heures en avion que chez moi ! Je ne peux m’empêcher de voyager, quelle que soit la destination. Le voyage fait partie intégrante de moi. Il représente tant de choses ! Le plaisir du retour, l’expérience du nouveau, le rappel à la tolérance, les références littéraires… Convictions que je transmets à mes deux fils, leur rappelant régulièrement une citation de Darwin rapportée par Chatwin au sujet de l’oie d’Audubon : “Privée de ses plumes nécessaires pour voler, elle se mit à voyager à pied !”
Tous les moyens de locomotion sont bons. En voiture, j’apprécie la liberté d’aller à ma guise, à mon rythme, car je déteste les voyages organisés, même s’ils font partie de mes contraintes professionnelles. En avion, je m’adapte à l’ambiance du vol et vit pleinement un monde fantastique fait de repos et de relaxation. Je me relaxe, dors, lis, écris, regarde des films… mais surtout je ne travaille pas, contrairement au train que je privilégie quand cela est possible par rapport à l’avion. Je garde la nostalgie des bons vieux wagons-lits, style Orient-Express, entre Venise et Paris, avec leurs journaux du matin, leur luxe raffiné, leurs croissants embarqués en Suisse et leur ambiance à la Hercule Poirot ! À l’inverse, j’aime lors de mes voyages professionnels, séjourner dans des hôtels super-modernes, super-équipés, super-confortables… Ceux qui me font perdre le moins de temps possible, comme cet hôtel de Tokyo dont j’ai oublié le nom et qui est certainement le plus cher que j’aie jamais fréquenté ! Tout ce qui est nécessaire à un homme d’affaires était là. Discrètement, à portée de main, voire anticipant les attentes. Quant à mes vacances, elles sont l’antithèse du voyage : je choisis des lieux plutôt cocooning, type maison d’hôtes, où je me pose le plus longtemps possible à ne rien faire… Véritable éloge de la paresse !
Sept dates
1943 : Naissance à Venise.
1977 : Professeur associé à l’université de Ca’Fostscari à Venise.
De 1980 à 1995 : Professeur de sciences économiques urbaines et régionales à l’Institut universitaire de l’architecture à Venise, puis à l’université de Ca’Foscari à Venise.
1992-1996 : Recteur de l’université de Ca’Foscari à Venise.
1996-1998 : Ministre des travaux publics.
2000 : Maire de Venise.
Juin 2004 : Membre au Parlement européen en tant que représentant du Nord-Est de l’Italie et président de la Commission des transports et du tourisme.




















