
Ma destination préférée va vous sembler bien étrange : c’est Paris… Qu’y a-t-il, en effet, de plus divin que d’être en vacances dans cette ville ? On s’aperçoit que l’on ne connaît rien de la capitale, ou pas grand-chose. N’y rien faire est absolument délicieux ! Car au fond, je n’aime pas voyager ; même si les tournages m’y obligent deux ou trois fois par an… Ailleurs, j’ai toujours l’impression d’être coupé de mes racines. Je crains de ne pas arriver à la bonne destination, de ne rien comprendre à cause de la langue, de me perdre…
C’est un peu ce qui m’est arrivé lorsque j’ai découvert le continent asiatique, et notamment la Thaïlande. Cela a été un vrai choc pour moi ; de culture, forcément… Cette partie du monde est un étrange mélange, entre quelque chose d’extrêmement policé, de très raffiné – je pense à la gastronomie, à l’architecture, au sens de l’accueil – et autre chose, de moins visible sans doute, mais de très brutal. Car il y a aussi ce sexe, toute cette prostitution, surtout enfantine qui me…
À Chiang Mai, au nord du pays, j’ai séjourné dans un hôtel absolument magnifique : le Four Seasons qui est une splendeur créée par un architecte et paysagiste australien. Il a imaginé de petits bungalows sur pilotis et quelques villas plus vastes, conçus comme des hôtels particuliers, avec piscines privées. Tout cela d’un goût… d’un luxe total ; celui que j’apprécie, où rien n’est ostentatoire. Il y a là-bas une vraie qualité, une réelle douceur de vivre…
De façon plus ordinaire, j’exige de l’espace lorsque je descends à l’hôtel. La vue aussi : je me lève très tôt donnaient sur la Grand-Place de Bruxelles : j’y étais avec une amoureuse et nous n’avons cessé de regarder la place illuminée, déserte, recouverte de neige…
Et puis il y a aussi le train ; j’adore ça ! Pour moi, c’est l’enfance. Quand j’étais petit, pour avoir l’impression de conduire le convoi, je me penchais à la fenêtre vers la locomotive qui était encore à vapeur… et j’arrivais aussi noir que les conducteurs ! J’aimais aussi suivre du regard les fils électriques : de poteau en poteau, ils semblaient accompagner le train. On aurait dit une sorte de danse qui rythmait le voyage…
Mais le voyage est une exception pour moi. En règle générale, je suis persuadé que “vivre, c’est choisir”, et je ne me départis pas de cette idée… sauf pour le voyage ! C’est curieux, mais depuis plus de cinquante ans je n’arrive pas à faire ma valise. J’emmène toujours une véritable malle ; même quand je pars quarante-huit heures, je suis infoutu de partir léger ! D’ailleurs faut-il vraiment partir pour voyager ? Pour moi, voyager, c’est être capable de créer le monde en l’imaginant… le matin, et je veux pouvoir en profiter une heure ou deux ; le soir et la nuit aussi, d’ailleurs. Je me souviens d’une nuit de Noël dans un hôtel dont les fenêtres.
Cinq dates
1906 Naissance de ma mère, une personne fondamentale dans ma vie.
1969 Mon fils naît.
1979 Je rencontre Resnais, une étape très importante dans ma vie professionnelle.
1986 Évelyne Bouix devient ma compagne.
Date inconnue Je cesse d’exister… une date qui m’accompagne.




















