Dossier - Low cost aérien : un business modèle

« Nous voulons rendre l’Europe orange » Sébastien Calmejane, Easyjet

Sébastien Calmejane est le directeur des ventes France d’EasyJet.

Comment évolue l’offre d’easyJet à destination des voyageurs d’affaires ?

Sébastien Calmejane – La part du corporate est en croissance et nous nous approchons des 12  millions de voyageurs d’affaires. Nous nous devions de développer des offres spécifiques sans pour autant renier un modèle économique qui marche très bien. Le travail accompli depuis trois ans porte ses fruits grâce à des services sur mesure comme les tarifs “Flexi” ou plus récemment “All inclusive”. Les entreprises adoptent la politique du meilleur prix et se tournent vers le low cost.

Quelle est aujourd’hui la frontière entre compagnie traditionnelle et low cost ?

S. C. – Nous arrivons à une croisée des chemins avec les compagnies traditionnelles. Elles dégroupent leur offre et investissent même dans des filiales low cost, alors que nous sommes montés en gamme et que nous cherchons à simplifier la vie du voyageur. Les marges dans l’aérien ne sont pas énormes, et ces compagnies nous envient notre modèle de ventes additionnelles en l’adoptant. Pour autant, nous restons low cost. C’est dans notre ADN. Nous optimisons nos coûts, nous fonctionnons de point à point, sans hub, avec un seul type d’avion et une simplicité de fonctionnement qui fait que l’on sera toujours à part.

Peut-on imaginer un programme de fidélisation easyJet, voire un réseau long-courrier ?

S. C. – D’autres compagnies ont essayé le low cost long-courrier, mais je ne suis pas convaincu. Ce serait compliqué car nous misons sur de petits avions et des rotations rapides. Ce n’est donc pas dans les cartons. Nous voulons rendre l’Europe orange, et il reste un énorme potentiel pour les low cost en France, en Allemagne ou en Italie. Faisons déjà cela de belle façon et regardons ensuite s’il y a d’autres opportunités. Par ailleurs, nous avons réfléchi à un programme de fidélisation, mais nous préférons être agressifs en matière de tarifs. Et puis on ne sait pas comment évoluera le statut des miles… Nous monterons peut-être en puissance sur les services offerts par la carte easyJet, mais un véritable programme de fidélité ne colle pas avec notre compagnie.

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