Baromètre EPSA : dépenses à un niveau record en 2026, inflation attendue en 2027

Le baromètre EPSA présenté lors du salon IFTM met en lumière des dépenses voyages à un niveau record en 2026, malgré le contexte géopolitique et économique. En attendant une progression tarifaire en 2027, en particulier dans l'aérien.
Terminal 2E à Paris DCG (c) Zoo Studio pour Groupe ADP
Terminal 2E à Paris DCG (c) Zoo Studio pour Groupe ADP

Le salon IFTM Top Résa donne l’occasion de revenir sur les grandes tendances du voyage d’affaires. Avec des baromètres, celui de Kactus qui prend le pouls de l’activité séminaires et celui d’EPSA, qui a analysé l’état du secteur pour la 16e fois. Pour un bilan positif puisque les dépenses devraient atteindre un nouveau record en 2026, à 31,6 Md€. Soit une croissance de 2,3% par rapport à 2025, avant une progression de 3,5 % attendue en 2027.

L’environnement économique, géopolitique et climatique incertain ne se traduit pas par un repli de l’activité, tandis que la demande devrait rester quasiment stable l’an prochain (-0,2 %) malgré des prix orientés à la hausse avec le retour de l’inflation et la hausse du prix du pétrole. « Après une stabilisation à un niveau élevé en 2026, l’enjeu de 2027 sera moins celui de la demande, qui reste robuste, que celui du retour de l’inflation, prédit Christophe Roth, directeur associé – BU Expertises Conseil d’EPSA. Pour les entreprises, cette nouvelle configuration rend encore plus nécessaire l’anticipation des déplacements et le pilotage fin des dépenses ».

Parmi tous les secteurs du voyage d’affaires, le transport aérien a été le premier marqué par les tensions géopolitiques et l’envolée du baril de pétrole. Sur le premier semestre 2026, les prix moyens constatés auprès du panel EPSA progressent de 2,6 % sur le domestique, 1,9 % sur le moyen-courrier et 4,8 % sur le long-courrier. Dans le même temps, le trafic aérien français enregistre un léger recul de 0,8 % sur le premier semestre.

Pour autant, comme le souligne EPSA, la hausse des coûts du carburant n’a pas encore été intégralement répercutée dans les prix, atténuée notamment par les couvertures dont bénéficient les compagnies aériennes. Mais celles-ci vont progressivement arriver à échéance, ce qui devrait avoir un impact sur les prix des billets l’an prochain. EPSA table ainsi sur une inflation comprise entre 4,2 % et 4,5 % en France, la demande soutenue venant s’ajouter à l’effet carburant.

De son côté, dans le ferroviaire, la hausse des prix devrait être bien moindre l’an prochain, comprise dans une fourchette de 1,4 % à 1,7 %, dans la prolongation d’une croissance de 1,6% observée par EPSA au premier semestre 2026. A la différence l’aérien, le secteur est évidemment moins exposé au contexte international et poursuit sa dynamique de croissance soutenue par une demande élevée. En attendant une progression sensible de l’offre avec le lancement prochain – mais quand ? – des TGV M par la SNCF, avant une intensification de la concurrence dans les années à venir. Que ce soit du côté de Trenitalia qui a commandé 19 trains afin de renforcer ses lignes existantes et d’en préparer de nouvelles ou de Velvet, qui devrait concurrencer la SNCF à partir de 2028 sur la façade Ouest.

Concernant l’hôtellerie, EPSA s’appuie sur le baromètre de l’hôtellerie d’affaires concocté par CDS-S4BT et MKG pour faire part d’une certaine stabilité du prix moyen corporate en France – 130,78 euros – comme de la durée moyenne de séjour – 1,8 jour. Et ce, avant une hausse comprise entre 1,7 % et 1,9 % attendue l’an prochain. Mais, derrière cette stabilité apparente venant après une phase de nette hausse tarifaire, se cachent d’importants écarts selon les destinations, avec des baisses sensibles à Toulouse (-4%) et à Lyon – de -6% en raison de l’absence entre autres du salon SIRHA – tandis que les autres grandes destinations françaises sont orientées à la hausse.

C’est aussi le cas dans d’autres grandes métropoles européennes comme Genève où les tarifs corporate progressent de 25 %, mais aussi Milan, portée par les JO d’hiver, ou encore Barcelone où la réglementation anti Airbnb profite aux hôteliers. À Londres, l’attractivité de la capitale britannique auprès des voyageurs d’affaires se traduit par une augmentation de 14 % des tarifs corporate alors que les tarifs publics reculent de 3,9 %.