Aéroports en quête de superlatifs

415 milliards de dollars. Un chiffre à donner le vertige. Selon une enquête du Centre for Asia Pacific Aviation (CAPA), c’est le montant global des investissements en cours dans les nouveaux aéroports et les infrastructures aériennes.

Le trafic aérien va plus que doubler de taille au cours de deux prochaines décennies pour atteindre 7,3 milliards de passagers en 2034. C’est un fait assuré pour l’ Association internationale du transport aérien (IATA). Et, que ce soit en Asie, en Europe ou dans le Golfe, on se prépare à cette croissance incroyable. La Chine, en particulier, attend une multitude de nouveaux hubs, en plus de l’extension des plates-formes existantes. Le projet majeur est sans conteste la construction d’un second aéroport à Pékin afin de faire face à un trafic attendu de 140 millions de passagers à l’horizon 2020. Contre 87 millions l’an dernier. En Asie du Sud Est, la formation du marché commun de l’ASEAN va également se traduire par un boom aéroportuaire. à Singapour, une aérogare spécialement dédiée aux compagnies régionales et low cost – le terminal 4 – est attendue en 2017. à  Ho Chi Minh City, c’est un aéroport international qui est en train d’être développé sur le site de Long Thanh, à 50 km de la métropole vietnamienne ; une nécessité dès lors que l’actuel aéroport est proche de la saturation. Son ouverture est prévue en 2023, avec une capacité de 25 millions de passagers en phase initiale. En Birmanie aussi, le boom économique et touristique a précipité le projet d’un nouvel aéroport à 50 km de Rangoun, à Hantawaddy. La plate-forme pourra accueillir 12 millions de passagers, y compris ceux venant en Airbus A380. L’inauguration est prévue fin 2017, mais 2018 semblerait plus raisonnable… En Inde, après une nouvelle aérogare à Bombay lancée au printemps dernier, donnant à la capitale économique du pays un aéroport digne de ce nom, de nouveaux terminaux sont en préparation à Calcutta, Delhi et Goa entre autres…

Entre toutes les régions, le Golfe reste évidemment celle de tous les superlatifs. L’aéroport de Dubai Al Makhtoum, situé dans la zone portuaire de Jebel Ali, est un des éléments clé d’une véritable aéroville en train de se développer autour du futur site de l’Expo universelle de Dubai, en 2020. Déjà relié à une quarantaine de destinations, l’aéroport pourra accueillir à terme 160 millions de passagers. Néanmoins, la vedette cette année aura été l’Hamad International Airport à Doha, ouvert en mai dernier. Cette nouvelle fierté du Qatar est probablement l’un des plus luxueux hubs de la planète, pouvant accueillir 29 millions de passagers en phase initiale. Salons, espace d’art, salles de repos, spa, courts de squash sont au programme ! Prochaine ouverture attendue avec impatience, celle du Midfield Terminal d’Abu Dhabi, prévue en 2017.

L’Europe n’est pas, loin de là, à la traîne de ce mouvement global. On passera sur les déboires que traverse l’aéroport de Berlin Brandenburg International dont l’inauguration a été repoussée d’au moins cinq ans… En revanche, Istanbul attend son futur hub, qui sera le plus grand du continent, avec un coût total de 6,5 milliards de dollars pour une plate-forme qui pourra accueillir 150 millions de passagers annuels. Situé au nord de la rive européenne de la métropole turque, il doit ouvrir ses portes en 2019 et pourra, dès son ouverture, recevoir 90 millions de passagers dans 680 000 m2 d’espace. L’an dernier, les deux aéroports actuels de la métropole turque ont traité plus de 60 millions de voyageurs. Autre projet gigantesque, mais qui est pour l’instant suspendu, un tout nouvel aéroport londonien pourrait être construit au milieu d’une île artificielle sur l’estuaire de la Tamise. Doté de quatre pistes et pouvant accueillir 200 millions de passagers, il serait relié au centre de Londres par TGV. Sauf que le ticket d’entrée – 50 milliards de livres – est jugé trop cher. Une solution doit être rapidement trouvée. Le temps presse, car selon la BBC, Heathrow tournait en 2014 à 98 % de ses capacités…