
Quatrième marché mondial pour d’Air France KLM après la France, les Pays-Bas et les Etats-Unis, le Royaume-Uni serait-il la terre promise du groupe ? C’est en tous cas vers l’autre coté de la Manche qu’il faut se tourner pour observer la plus forte croissance du réseau moyen-courrier de la compagnie française, avec une offre en hausse de 5 à 6%. Et c’est donc au pays du whisky, des Highlands et des clans, que les dirigeants d’Air France ont célébré le 30 mars l’inauguration de ce nouveau vol quotidien reliant Paris à Glasgow. Les autorités locales – représentant l’aéroport de Glasgow, mais aussi les institutions touristiques – avaient d’ailleurs tenu à donner une ampleur et une saveur particulières à ce qu’il faut bien considérer comme un petit événement, près de vingt ans après le dernier atterrissage d’Air France sur les bords de la Clyde.
Souplesse et « combinabilité »
Cet A318 aux couleurs du transporteur français ne se pose pas pour autant en terre inconnue, puisque le groupe peut compter sur la complémentarité d’Air France et de KLM. Leur « combinabilité » même, pour reprendre l’expression des dirigeants d’Air France qui entendent valoriser la souplesse d’une offre permettant au voyageur de transiter à l’aller par Schiphol et au retour par CDG, ou inversement. Or KLM assure pas moins de 4 vols quotidiens vers la métropole écossaise, et célèbrera bientôt ses 70 ans de présence… Les correspondances long-courrier sur cet axe Glasgow-Amsterdam représentent aujourd’hui près de 40% des voyageurs, les autres passagers se répartissant équitablement entre le trafic point à point et le réseau européen. A Paris, et malgré la concurrence frontale d’easyJet, les responsables d’Air France tablent sur un trafic point à point plus important tout en misant sur le nouvel éventail de destinations long-courrier ainsi proposé aux voyageurs écossais.

D’un point de vue stratégique, ce retour d’Air France à Glasgow illustre le credo de la compagnie aérienne, qui a placé la réactivité en bonne place sur sa feuille de route, aux côtés du contrôle des capacités. « Nous sommes opportunistes », résumait à raison Henri de Peyrelongue en marge des festivités écossaises, en précisant : « Glasgow figurait en tête de la liste des destinations moyen-courrier à plus fort potentiel que nous ne desservions pas encore depuis Paris ». Programmé jusqu’à la fin du mois d’octobre, ce nouveau vol pourrait donc bien monter en puissance si les 40 000 passagers annuels attendus sont bien au rendez-vous. La capacité réduite de l’A318, doté de 131 places, pourrait alors laisser la place à un appareil plus ambitieux, voire à de nouvelles fréquences. La souplesse de l’offre Air France se retrouve d’ailleurs jusque dans la configuration de la classe affaires, dont la capacité peut évoluer sur demande en déplaçant simplement le rideau mobile séparant les deux cabines.
L’accélération d’Air France sur Glasgow apparaît crédible, pour ne pas dire probable, à la lumière de la troisième place qu’occupe le marché français en termes de visiteurs internationaux au pays des Highlands. Des voyageurs attirés bien sûr par les nombreuses ressources touristiques locales – golf, lacs, culture, avec le statut de ville UNESCO de musique – mais aussi par son attractivité économique. On notera par exemple que 85% du whisky écossais est mis en bouteille dans la région de Glasgow : tout un programme… L’aéroport de Glasgow, qui fête cette année son cinquantième anniversaire, accueille d’ailleurs 30% de voyageurs d’affaires.

















