
« Le TGV a plombé notre croissance pendant plus d’une décennie. Mais nous sommes à nouveau sur une tangente de croissance » : Pascal Bigot, Directeur Développement des Lignes pour l’aéroport de Montpellier se veut décidément optimiste. Et il a plutôt raison, car les clignotants de la plate-forme languedocienne sont tous au vert. L’an dernier, l’aéroport a repassé la barre des 1,5 millions de passagers, enregistrant ainsi une hausse de 4,5%. « Nous atteignons de nouveau notre niveau de trafic de 2003. En fait, sans politique d’accompagnement marketing, notre croissance naturelle nous permet de cibler un trafic de 1,8 million de passagers », estime Pascal Bigot.
Sauf que Montpellier se sent aujourd’hui pousser des ailes et le groupe Air France y contribue pour beaucoup. La compagnie française, par le biais de sa filiale domestique et régionale HOP! Air France, lance en effet à partir du 1er novembre une navette entre Paris Orly et Montpellier. Des vols cadencés qui permettront de rallier la métropole languedocienne à Orly Ouest en moyenne toutes les 90 minutes avec neuf fréquences quotidiennes – une de plus que dans l’horaire actuel.
« On compte sur un apport supplémentaire de 100 000 passagers annuels cette année et probablement de 200 000 passagers sur le long terme », indique Sylvain Jambon, Directeur Communication Marketing. Des aménagements sont du coup réalisés pour l’accueil des passagers de la navette. Un salon affaires va être ouvert tandis que l’aéroport a mis en place début avril le service Sky Priority, qui inclut des files prioritaires au filtre de sécurité ainsi qu’à l’embarquement.
On peut également évoquer un effet « rattrapage ». En effet, la croissance du trafic entre 2000 et 2015 dans l’ancienne région Languedoc-Roussillon a été négative : -0,4% durant cette période alors que le trafic aérien en PACA progressait de 40% et de 25% en Midi-Pyrénées. L’aéroport pense avoir vu une dilution de son trafic avec des passagers de la région favorisant Marseille et Toulouse, où l’offre aérienne a été décuplée, notamment avec l’arrivée de compagnies low cost.

Montpellier va mettre les bouchées doubles pour accueillir plus de compagnies, l’objectif du million de passagers supplémentaires en moins de cinq ans étant ambitieux. « On devrait adopter une politique de taxe aéroportuaire réduite pour les nouvelles lignes, comme cela est le cas par exemple à Strasbourg. Et nous venons de lancer des consultations pour l’agrandissement de l’aérogare », indique Sylvain Jambon. Les autorités de tutelle de l’aéroport (Etat, Chambre de Commerce et collectivités locales) visent un réseau d’une cinquantaine de destinations en 2020, contre 27 actuellement.
La compagnie compte aussi sur ses opérateurs aériens historiques. Air France/KLM et ses partenaires sont montés en puissance depuis l’an dernier avec l’ouverture d’un vol quotidien de KLM sur Amsterdam, d’une nouvelle ligne sur Bordeaux, tandis que le partenaire Alitalia propose ce printemps 3 vols hebdomadaires sur Rome au lieu de deux. Easyjet et Ryanair sont également bien implantés à Montpellier tandis qu’Air Arabia Maroc y a installé l’une de ses principales bases Europe avec cinq destinations. Le low cost représente ainsi près de 34% de l’activité passagers.
L’agrandissement de l’aérogare – qui offre actuellement une capacité de 1,9 à 2 millions de passagers annuels – devrait se traduire par le reformatage du corps central de l’aérogare, selon Sylvain Jambon. « Une décision sera prise en juin. On ne sait pas encore s’il s’agit d’une expansion ou de la création d’un corps d’aérogare low cost du type Billi à Bordeaux », indique le Directeur communication. En attendant, le trafic s’envole depuis le début de l’année : +10,1% de passagers entre janvier et mars pour un trafic qui devrait grimper de près de 7,5% pour l’année 2016. Ce qui permettrait à Montpellier de gagner un peu plus de 100 000 passagers par rapport à l’an dernier.


















