
Akbar Al Baker, le président de Qatar Airways, est rarement modeste lorsqu’il parle du groupe qu’il dirige depuis maintenant une quinzaine d’années. S’il ne tarit pas de superlatifs pour sa compagnie, ce n’est pas sans raison objective. Car, il faut bien le constater, l’on a rarement vu dans l’histoire du transport aérien un transporteur grandir aussi vite et aussi bien. En effet, entre le début de cette année 2016 et jusqu’au démarrage de la saison été IATA 2017 – qui débute au mois de mars – , Qatar Airways s’apprête à ouvrir une quinzaine de nouvelles destinations au départ de Doha, portant son réseau à 158 escales. En parallèle, la flotte de la compagnie devrait atteindre le chiffre respectable de 177 avions.
L’expansion de Qatar Airways passe par un maillage systématique de toutes les villes d’envergure économique ; une stratégie qui englobe de plus en plus de destinations dites “secondaires”. Ainsi, dans le ballet des nouveautés 2016-2017, on relève à côté d’importantes métropoles comme Los Angeles, Atlanta, Boston, Sydney, l’ouverture de lignes vers Nice, Birmingham et Pise en Europe, Luanda et Douala en Afrique, Erevan et Ras Al Khaimah sur le continent asiatique ou encore Adélaïde en Australie et Auckland en Nouvelle-Zélande. A son ouverture, cette ligne vers la capitale économique néo-zélandaise permettra d’ailleurs à la compagnie de battre un nouveau record de durée, avec quelque 17h30 de vol. “Nous volerons une vingtaine de minutes de plus que nos concurrents d’Emirates (NDLR: qui a lancé début mars une ligne directe Dubai-Auckland en A380), car Qatar se situe un peu plus au nord-ouest que Dubai”, indique le PDG de la compagnie.
Parmi les futures destinations proposées par Qatar Airways, certaines pourraient même être considérées comme marginales à l’échelle mondiale, en tout cas sur le plan économique. L’hiver prochain, Qatar Airways se posera ainsi à Chiang Mai et Krabi en Thaïlande et probablement à Siem Reap/Angkor, l’ouverture de cette dernière ligne dépendant de la livraison de l’appareil adéquat. Interrogé sur le bien-fondé de desservir Chiang Mai ou Krabi en Thaïlande – des destinations plutôt vacances avec un trafic saisonnier, Akbar Al Baker rétorque que si ces lignes sont saisonnières, c’est en raison de l’offre et non pas de la demande… “Nous allons créer cette demande”, affirme-t-il.
En parallèle, le transporteur va continuer d’accroître sa flotte. La compagnie a passé commande de 80 Airbus A350 et sera le transporteur de lancement des versions 37-900 et 43-1000. La compagnie exploite l’appareil avec une configuration biclasse, affaires et économique. Pour l’occasion, Qatar Airways va lancer une nouvelle classe affaires qui sera présentée officiellement en novembre prochain et équipera les Airbus A350 et Airbus A380 en 2017. Un produit qu’Akbar Al Baker estime révolutionnaire. “Le nouveau fauteuil équipera l’ensemble de notre classe affaires mais il aura toutes les caractéristiques d’un fauteuil First. Il offrira une telle qualité de confort et d’innovations que la compagnie a décidé de faire breveter le fauteuil. Dans le passé, nous avons constaté que la compétition avait acquis notre siège pour leurs propres besoins. Si elle décide d’en faire autant, il faudra qu’elle nous verse désormais des royalties !”
Enfin, un autre chantier qui se profile est l’expansion de l’aérogare à Hamad International Airport. En effet, avec un taux de croissance à deux chiffres, la nouvelle aérogare devrait atteindre très rapidement son seuil de saturation de 30 millions de passagers. Du coup, les travaux d’extension viennent de démarrer pour porter l’aérogare à 70 millions de passagers. “Nous avons demandé à Sir Norman Foster de travailler sur le nouveau design du terminal. L’aérogare comprendra, entre autres, une entrée dédiée pour le trafic premium, un jardin intérieur de 8000 m2 et une nouvelle zone de boutiques. Là encore, je crois que nous offrirons un produit exceptionnel lors de son entrée en service à l’horizon 2021”, affirme le PDG de Qatar Airways.


















